‹ Œuvres de d'Alembert (volume 2)Chapitre 16 sur 74 · ÉLOGE D'ANTOINE PORTAIL · texte numérisé non relu

ÉLOGE D'ANTOINE PORTAIL

doiv éloquence naturelle et son amour pour les lettres furent ses titres d'académicien. Le discours noble et modeste qu'il prononça à sa réception , doit être distingué dans le recueil de nos hafangues. Quoique revêtu de la première dignité du premier parlement du royaume , il crut -s'honorer en venant s'asseoir parmi nous à la dernière place , et émanons assurant de tout le prix qu'il mettait k nos suffrages. Son discours fit d'autant plus d'impression , qu'il en rappela un autre un peu différent , prononcé dans une occasion semblable , par un magistrat qui était venu comme lui prendre séance à l'Académie. Ce discours , qui ne fut point imprimé dans le temps , pour l'honneur de cet académicien, et qu'on a même oublié aujourd'hui, nous parait assez remarquable par son laconisme peu modeste , pour être rapporté dans cet article comme un modèle de ridicule ; il pourra servir de leçon aux récipiendaires, de quelque état qu'ils soient , qui seraient tentés à l'avenir de tomber dans de pareils écarts.

« Messieuks , je dois à vos illustres fondateurs les premiers » snccès de ma vie. Us me facilitèrent les moyens d'entrer dans » les places que mes aïeux avaient autrefois occupées. Si vous » me communiquez vos lumières, je saurai les faire valoir. Les » Athéniens avaient bâti leur Lycée à côté de l'Aréopage ; la langue » d'Ulysse ne contribua pas moins à la prise de Troie que les » armes d'Achille. Je viens prendre aujourd'hui une place parmi » TOUS. Quand Hercule veut être citoyen de Corinthe , personne » n'en doit refuser l'avantage. »

On ne sait qui est l'Hercule dont le nouvel académicien voulait parler. Si c'était lui-même, comme on est tenté de le croire, le discours qu'on vient de lire n'est pas un des plus dignes tra^' vaux du nouvel Alcide.

* Premier pr<bident do parlement de Paris, reca le 38 d<^mbre 17^4, k la place de François-Timoléoa de Choisj; mort le 3 mai 1736.

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