‹ Œuvres de d'Alembert (volume 2)Chapitre 48 sur 74 · ELOGE DE SEGUY · texte numérisé non relu

ELOGE DE SEGUY

XL se cousacra de bonne heure a l'éloquence et à la poésie, el donna des preuves du talent qu'il avait pour l'une et pour l'au— tre. Il fut choisi, en 1729, pour prononcer dans la chapelle du Louvre, en présence de l'Académie Française,, le panégyrique de S. Louis; et l'Académie fut si satisfaite de son discours, qu'elle demanda et obtint pour lui l'abbaye de Genlis. Le car* dinal de Fleurj, quoique protecteur peu zélé des lettres, crut devoir donner à la compagnie dont il était membre, une marque d'attachement et d'estime, en récompensant, à sa prière, un orateur qui annonçait des talens et qui avait peu de fortune. Quelques grâces ainsi accordées avec économie et surtout avec justice, donneraient à la chaire des sujets distingués, dont elle a plus besoin que jamais depuis la mort des Bossuet et des Massillon. La religion, on doit d'autant moins le dissimuler qu'on a plus d'attachement pour elle , est en butte de toutes parts à des adversaires dangereux , les uns par leur dialectique insidieuse , les autres par leur éloquence perfide. Si l'usage malheureux qu'ih font de leurs talens, n'est pas capable d'éblouir les hommes éàlairés, il est assez propre à séduire l'aveugle multitude , pour

' Joseph Segay • prëdicatenr du roi , abbë de Genlis , chanoine de Metnx , tf<i h Rhodes en 1689; reçu le i5 raart 1736, k la place de Jacques Adaa j mort au mois de mars 1761.

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