‹ Œuvres de d'Alembert (volume 4)Chapitre 101 sur 165 · ÉLOGE , LOUANGE · texte numérisé non relu

ÉLOGE , LOUANGE

Ils diffèrent à plusieurs égards l'un de l'autre. Louange , au singulier et précédé de l'article la , se prend dans un sens absolu ; éloge au singulier et précédé de l'article le, se prend dans un sens relatif. Ainsi l'on dit la louange est quelquefois dangereuse ; Véloge de telle personne est juste, est outré, etc.

Louange , au singulier, ne s'emploie guère , ce me semble , avec le mot une ; on dit un éloge plutôt qu'une louange : du moins louange , en ce cas , ne se dit guère que lorsqu'on loue quelqu'un d'une manière détournée et indirecte. Exemple : tel auteur a donné une louangehien fine à son ami.

Il semble aussi que lorsqu'il est question des hommes, éloge dise plus que louange , du moins en ce qu'il suppose plus de titres et de droits pour être loué : on dit de quelqu'un , qu'il a été comblé d'éloges , lorsqu'il a été loué beaucoup et avec justice; et d'un autre, qu'il a été accablé de louanges, lorsqu'on l'a loué à l'excès ou sans raison.

Au contraire , en parlant de Dieu , louange signifie plus qu é- (oge ; car on dit, les louanges de Dieu.

Eloge se dit encore des harangues prononcées ou des ouvrages imprimés à la louange de quelqu'un ; éloge funèbre , éloge historique , éloge académique.

Enfin ces mots diffèrent aussi par ceux auxquels on les joint : on dit , faire /'éloge de quelqu'un , et chanter les louanges de Dieu.

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