LACONIQUE , CONCIS
L'idée commune attachée à ces deux mots est celle de brièveté» Voici les nuances qui les distinguent.
Laconique se dit des choses et des personnes ; concis ne se dit guère que des choses , et principalement des ouvrages et du style ; au lieu que laconique se dit principalement de la conversation , ou de ce qui y a rapport.
Un homme tres-laconique , une réponse laconique , une lettre laconique; un ouvrage x:onci s ^ un stjle concis,
Lacoîiique suppose nécessairement peu de joaroles ; concis ne suppose que les paroles nécessaires. Un ouvrage peut être long et concis , lorsqu'il embrasse un grand sujet. Une réponse , une lettre , ne peuvent être à la fois longues et laconiques.
Laconique suppose une sorte d'affectation et une espèce de défaut ; concis emporte pour l'ordinaire une idée de perfection : voilà un compliment bien laconique ; voilà un discours bien concis et bien énergique.
r>.7o SYNONYMES.
MÉFIER (se), DÉFIEr(se).
Ces deux mots marquent en général le défaut de confiance en quelqu'un ou en quelque chose , avec les différences suivantes.
1°. Se méfier exprime un sentiment plus faible que se défier. Exemple : cet homme ne me paraît pas franc, je m'en méfie; cet autre est un fourbe avéré , je m'en défie.
2**. Se m.éfier marque une disposition passagère et qui pourra cesser; se défier est une disposition habituelle et constante. Exemple : Il faut se méfier de ceux qu'on ne connaît pas encore, et se défier de ceux dont on a été une fois trompé.
3**. Se méfier appartient plus au sentiment dont on est affecté actuellement ; se défier tient plus au caractère. Exemple : Il est presque également dangereux dans la société de n'être jamais méfiant , et d'avoir le caractère défiant ; de ne se méfier àe personne , et de se défier de tout le monde.
4°. On se méfie des choses qu'on croit ; on se défie des choses qu'on ne croit yjas. Je me méfie que cet homme est un fripon , et je me défie de la vertu qu'il affecte. Je me méfie qu'un tel dit du mal de moi ; mais quand il en dirait du bien , je me défierais de ses louanges.
5°. On se méfie des défauts , on se défie des vices. Exemple : Il faut se méfier de la légèreté des hommes , et se défier àe leur perfidie.
6°. On se méfie des qualités de l'esprit , on se défie de celles du cœur. Exemple : Je me méfie de la capacité de mon intendant , et je me défie de sa probité.
'^°. On se méfie dans les autres d'une bonne qualité qui est réellement en eux , mais dont on n'attend pas l'effet qu'elle semble promettre ; on se àéfie d'une bonne qualité qui n'est qu'apparente. Exemple : Un général d'armée dira : je n'ai point donné de bataille cette campagne, parce que je me méfiais de l'ardeur que mes troupes témoignaient , et qui n'aurait pas duré long-temps , et que je me défiais de la bonne volonté apparente de ceux qui devaient exécuter mes ordres.
8°. Au contraire , quand il s'agit de soi-même , on se méfie d'une mauvaise qualité qu'on a , on se défie d'une bonne qualité dont on n'attend pas tout l'effet qu'elle semble promettre. Exemple : Il faut se méfier de sa faiblesse , et se défier quelquefois de ses forces même.
g**. La méfiance suppose qu'on fait peu de cas de celui qui en est l'objet ; la défiance suppose quelquefois de l'estime. Exemple ? Un général habile doit quelquefois se méfier de l'habileté de ses
lîeutenans , el se défier toujours des mouveinens qu'un ennemi actif et rusé fait en sa présence.