‹ Œuvres de d'Alembert (volume 4)Chapitre 108 sur 165 · ORGUEIL, VANITÉ, FIERTÉ, HAUTEUR · texte numérisé non relu

ORGUEIL, VANITÉ, FIERTÉ, HAUTEUR

Uorgueil est Topinion avantageuse qu'on a de soi ; la vanité y le désir d'inspirer cette opinion aux autres ; Xsl fierté , l'éloignement de toute bassesse ; la hauteur , l'expression du mépris pour ce que nous croyons au-dessous de nous.

Uorgueil est toujours révoltant ; la imnité ^ toujours ridicule: \^ fierté, souvent estimable ; la hauteur , quelquefois bien, quelquefois mal placée.

La vanité et la hauteur se laissent toujours voir au dehors ; V orgueil , presque toujours; \a. fierté peut être intérieure , et ne se décèle souvent' que par une conduite noble et sans ostentation.

hsi hauteur , dans les grands, est sottise ; la fierté , dans les petits , est courage : et dans tous les états , Vorgueilest vice , et la vanité , petitesse.

La ^er/e convient au mérite supérieur ; la hauteur, au mérite opprimé; l'or^wez/ n'appartient qu'à l'élévation sans mérite; la vanité, qu'au mérite médiocre.

La vanité court après les honneurs ; la fierté ne les recherche ni ne les refuse ; l'orgueil affecte de les dédaigner, ou les demande avec insolence ; la hauteur en abuse quand ils sont acquis.

s SIMPLICITÉ, MODESTIE.

La simplicité consiste à montrer ce que l'on est; la modestie , à le cacher.

La simplicité tient plus au caractère ; la modestie , à la réflexion.

La simplicité plaît sans y penser ; la modestie cherche à plaire.

La simplicité n'est jamais fausse ; la modestie le peut être.

Une vanité connue déplaît moins quand elle se montre avec simplicité , que quand elle cherche à se couvrir du voile de la m.odestie.

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