‹ Œuvres de d'Alembert (volume 4)Chapitre 124 sur 165 · ILS SONT MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

ILS SONT MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE

Ces bienfaits signalés d'une nation envers les autres , sont pour le souverain qui la gouverne un engagement de les perpétuer , et l'accueil dont ce souverain honore aujourd'hui les lettres , nous assure, messieurs , qu'il remplira ce qu'elles attendent de lui. Ce jour sera à jamais célèbre dans les fastes de l'Académie , et nos Muses ne seront point ingrates. Pour exprimer leur sentiment elles n'auront point à s'avilir par une adulation indigne d'elles , et plus indigne encore d'un monarque qui vient s'asseoir dans le temple de la vérité. Cette vérité qui préside ici et qui nous entend, désavouerait un si méprisable hommage. L'éloge des bons rois est dans le cœur du peuple : c'est là que les gens de lettres trouveront celui du prince qui acquiert de si justes droits à leur reconnaissance. Ils transmettront à la postérité les traits mémorables de bienfaisance ^ qui ont rendu les premières années de son règne si chères à l'humanité, et que la France a déjà célébrés par la voix du plus illustre de ses écrivains. Ils conserveront à l'histoire l'exemple de sagesse et de courage tout à la fois que ce prince a donné des premiers à

' Voici les noms de ces savaus : Vaa-Staven , professeur en philosophie ; Forskal, physicien; Cramer, médecin; TNiebnhr, mathématicien; Paurein- É'eind, dessinateur. INiebuhr seul est revenu en Europe, les autres sont morts t-n Arabie.

• Il est question des secours donnes par sa majesté le roi de Danemarck à une famille malheureuse du Languedoc, et célèbres dans une pièce de Voltaire qui commence par ces mots : /'7i quoi ! généreux prince, etc.

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