A L'ACADÉMIE DES SCIENCES
l'Europe , en subissant , pour se conserver à ses sujets, l'épreuve de rinoculation, dont la destinée singulière est d'effrayer encore la multitude, lorsqu'elle n'effraie plus les souverains. Puissent, messieurs , vos justes hommages entretenir à jamais dans ce jeune monarque l'amour de la véritable gloire , si nécessaire à ceux que leur élévation donne en spectacle à leur siècle , et qui ne pourraient mépriser son suffrage , sans mépriser les vertus dont ce suffrage est la récompense!
La gloire des sciences et celle d'un prince cher à la France, ne permettent pas de passer sous silence un fait dont le discours de d'Alembert a été l'occasion. Une copie de ce discours étant tombée entre les mains de S. A. R. l'infant duc de Parme, ce prince en fît une traduction qu'il envoya à d'Alembert , écrite toute entière de sa main : et ce dernier lui en ayant témoigné sa vive et respectueuse reconnaissance , l'infant lui fit l'honneur de répondre par une lettre aussi de sa main. La modestie de d'Alembert en a caché une partie ; mais en voici quelques endroits, aussi honorables pour les sciences que pour le prince , et pour ceux qui ont présidé à son éducation '.
« Les vérités exprimées dans votre discours , dit-il à d'Alem-
» bert, sont des règles pour les princes, je l'ai traduit afin de
M les imprimer dans mon âme Ce discours m'a fait d'autant
» plus de plaisir, que j'y retrouve les sentiraens d'humanité
» qu'on m'a inspirés dès l'enfance. Je sens combien les lumières
» peuvent contribuer au bonheur des peuples en dirigeant la
)) conduite du prince. Je sens aussi que l'estime de ceux qui
» éclairent les nations est capable d'adoucir toutes les peines du
5) gouvernement. »
' Keialio', gouverneur du prince j Condîllac , précepteur.