MORALE DES ÉTATS
Enfin chaque Etat, outre ses lois particulières, a aussi dos lois à observer par rapport aux autres. Ces lois ne différent point de celles que les membres d'une même société doivent obser-
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ver mutuellement : la modération, l'équité, la bonne foi, les égards réciproques, en doivent être les grands prineipes ; c*cst là toute la base du droit des gens, et du droit de la guerre et de la paix. Cette morale, il est vrai, n'est pas fort utile, eu égard au peu de moyens qu'elle a pour se faire pratiquer. La morale de l'homme est assurée par les lois de chaque État, qui veillent à ce qu'elle soit observée, et qui, pour cela, ont la force en main. La morale des législateurs est appuyée sur la dépen* dance réciproque du gouvernement et des sujets, mais les Etats sont, les uns par rapport aux autres, à peu prés comme les hommes dans l'état de pure nature ; il n*y a point pour eux d'autorité coactive : la force seule peut régler leurs différends. Un citoyen est obligé d'observer les lois, même quand on ne les observe pas à son égard, parce que ces lois se sont chargées de sa défense. Il ne saurait en être de même d'un État par rapport à un autre : ainsi, on punit les malfaiteurs et on se soumet aux conquérants. Nous n'avons rien de plus à dire ici sur la morale des États ; on sera peut-être étonné du peu d'étendue que nous lui donnons dans cet essai; mais, malheureusement pour le genre humain, elle est encore plus courte dans la pratique.