JOAN
2 Noble ¥éaiii«o« ami de Dtnftt.
pondit^ et il ajouta : « Je te prie de prier pour moi quand tu seras eu haut. »
Et moi à lui : « Je t'engage ma foi de faire ce que tu me demandes^ mais je m'embaixasse dans un doute si je ne puis le dénouer.
» D'abord il était simple^ et après il est devenu double, lorsque j'accouple ton opinion présente, qui est pourtnoi certaine, avec une autre opinion que j'ai entendue ailleurs.
» Ainsi, le monde est dénué de toute vertu comme tu me l'annonces, et il est chargé et couvert de malice.
D Mais je te prie de m'en donner la raison si claire, que je la voie et la montre aux autres, car l'un place cette raison dans le ciel, cet autre ici-bas. »
D'abord il exhala un profond soupir que la douleur termina par un hélas ! et puis il commença: « Frère^ le monde est aveugle, et je sens assez que tu en viens.
ï> Vous qui vivez, vous reportez toute cause au dcl, comme si toute chose se mouvait nécessairement par lui.
» S'il en était ainsi, le libre arbitre serait détruit en vous, et il n'y aurait pas de justice à recevoir, pour le bien la joie, et pour le mal la douleur.
» Le ciel aide le commencement de vos mouvements, mais je ne dis pas de tous; mais en supposant que je le dise, sa lumière vous est donnée pour distinguer le bien et la méchanceté.
» On vous a donné aussi le Ubre arbitre qui, si on remploie dans les premiei*s assauts, peut résister aux influences célestes, et qui, par suite, si on Tentretient bien, est vainqueur de tout.
» Libres, vous êtes soumis à une force plus grande et à une meilleure nature, et celle-ci créa en vous l'esprit que le ciel ne tient pas sous son influence.
» Donc, si le monde présent dévie, la raison en est en vous, il faut la chercher en vous; et moi, je t'en serai à cette heure la vraie preuve.
y» L'âme sort de la main de celui qui la caresse en son