‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 31 sur 69 · SU · texte numérisé non relu

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» Ainsi l'air d'alentour pread la lorott <fae lui imj

Yirtuellement rame qui s'y est arrêtée.

9 £t semblable à la flamme qui suit le feu daus tous les mouvements^ la forme nuurelle Ta loujourB Buivaot Tesprit. D Enûn^ conune c'est de cette forme que Fâme Uent iod apparence , elle est nonunée oml»re : ensuite elle oiigaiiiie i chacun des sens, jusqu*k celui de la vue.

» De là nous parlons, de là nous riuns, de là nous répandons les larmes et les soupirs que tu peux avoir entendus , sur la montagne.

» Selon que nos désirs et nos autres passions s'émeuvent^ l'ombre prend diverses figures : telle est la cause de ce qui t'ctonne. p

Déjà nous étions arrivés à la dernière torture, et nons avions tourné à main droite ; et un autre soin nous rendait attentifs.

En ce lieu le }x)rd de la montagne daitle la flamme en dehors, et le bord de Tabime souffle en liaut un vent qui repousse la flamme et l'éloigné de lui.

Donc il fallait aller uu à un du côié ouvert; d'un côté je craignais le feu^ de l'autre je ciai^uais de tomber dans Tabîme.

Mon guide me disait : c Dans ce ilL*u il iaut tenir le

frein serré à ses yeux^ car pour peu de chose ou pom'rait

se tromper. »

^ Summ» Deui clemenUœ^, eiitendis-je aiojs chanter au

milieu de cette grande ardeur , ce qui ue me j eudit fias

^' moins ardent de me retourner.

Et je vis des esprits allant par la Ûaunue. Pour ce, je re* gardais, mais en {K>rtant ma vue tautot suj- leurs pas, tan* l tôt sur les miens.

* Après la strophe qui finit cette hyowe. ils ciièi (*nt d'une . Yoix haute : Tirum non coffnoêco* , ensuite ils JccomuteU' cèrent l'hymne à voix basse.

L'ayant finie^ ib ciièreot encore : « Diane resta daus le

' HyoBBe danléc mix ■aliBG» du MUiedi.

* Sailli Lhc, I.

«tO L* DIV

boi», ut en ohassa Hélice, qtd avait goûté le paâin di

Ensuite ils se reprenaient à chanter; et ils cSébrewI les femmes el les maris qui fiirent chastes selon qiK l'i^ (l<}iiw.'nL la verlu et le mariage.

Et ceci, je crois, leur suffit pendant tout le temps qui Ié feu les brûle ; c'est par de tels soins et de tels eierciœi

Que leur plaie, la deinièje du Purgatoire, se ekatrise.

CHANT XXVI

Pendant que le long du bord nous allions ainsi l'un ie- ' Tant l'autre, souvent le bon maître disait : a Prcndi gioii eJ aide-loi, puisque je l'averlis. »

Mon épaule di-oile était frappée par le soleil , qui , dqs raioiinanl sur tout l'occident, changeait en un blanc pâle sa couleur bleu céleste.

Je faisais avec mon ombre paraître la flamme plus rouge; et, siu un tel indice, Je vis beaucoup d'âmes qui, tout en marchant, étaient fort préoccupées.

Ce fut à cette occasion qu'elles se mirent à parler de moi, et elles commencèrent à dii'e : « Celui-ci ne parait pasavùir un corps fictif. »

Puis elles s'en assurèrent en s'approchant de moi autant qu'elles le pouvaient, mais en se gardant loujourf d'entrer là oii elles ne se seraient pas brûlées.

H 0 toi, qui vas derrière les deux autres, non pour être plus lent, mais peut-être par respect, réponds à moi, qi« brûle dans la soif et dans le feu.

LE PURGATOIRE. CHANT XXVI. 4ff

» Ce n'est pas pour moi seulement que ta réponse est un besoin ; tous ceux-ci en ont une soif plus grande que l'Indien ou l'Éthiopien de Teau froide.

» Dis-nous, comment arrive-t-il que tu fasses de ton corps une muraille au soleil, comme si tu n'étais pas encore entré dans les rets de ia mort. »

Ainsi me parlait un des esprits, et déjà je me serais expliqué, si je n'étais devenu attentif à une autre nouveauté lui lA'apparut alors.

Par le milieu du chemin enflammé venait une seconde troupe, le visage tourné vers la première, ce qui me jeta dftns le doute et l'étonnement.

Je vis de chaque côté chaque ombre se hâter, et s'embrasser Tune l'autre, mais sans s'arrêter, contentes de cette êdorte fête.

Ainsi, au milieu de leurs bruns bataillons, les fourmis viennent à la rencontre nez à nez, peut-être pour se questionner sur leur route ou sur leur butin.

Après cet accueil amical, et avant de courir son premier pas, chacune des âmes se fatigue aussitôt à crier à qui mieux mieux,

La nouvelle troupe : « Sodome et Gomorrhe ! » et l'autre : « Pasiphaé entra dans la peau d'une génisse afin que le taureau se ruât sur sa luxure. »

Ensuite, comme les grues qui se fussent envolées, partie vers les monts Riphées, partie vers les pays de sables, les nnes par crainte de la glace, les autres du soleil.

De même les deux troupes : l'une s'en va, l'autre s'en Tient, et tout en pleurant elles reprenaient leurs premiers chante et les cris qui leur conviennent le plus.

Alors, comme devant, s'approchèrent de moi les mêmes âmes qui m'avaient interrogé; elles semblaient attentives €t prêtes à m'écouter.

Moi, qui par deux fois avais vu leur désir, je conunençai : « 0 âmes sûres d'arriver quelque jour à l'état de paix,

» Mes membres ne sont point restés là-bas encore verts

LA r'lvl^e coméime.

ou Afyi -f, mais ils sont ici avec moi, avec leur aojfl avec ïfurs juinluroî.

» Je vais là-haiit afin de n'être plus aveugle; an-dnn de nous est une femme* qui nous pmciire celle prâa;«li pourquoi je Iraîne ce corps mortel dans votre monde.

B Puisse aussi le plus grand ùe tos désirs êtretâmi ntisiïiit! Pttbse le ciel, qui est lu plus rempli d'amour et It plus vaste, vous loger dans ses larnhris!

« Mais dites-moi, afin que je puisse encore le mettre p» écrit, qui éles-vous et iiuelle est cette foule qui s'cnnS deirière vousî»

Iroublc pas uuli'emenldiB rossicr et sauvage, il ente a&\

t uibfps, à en juger parlBH

apparence; i eal délivrées de celte flit

peut'jlaqueL. ns les cœurs ii£iutpla<à: I

u Heureux .., eux vivre, viens clierEta 1

l'eipéiietice dans dos ixjtiu^ius: i^pondîL l'ombre qui li 1 preioién; nous avait interrogés. I

" Les flmes qui ne vicmioiit pas avec nous coinmiienl it ] pèeiiépoiu' lequel César, pendant sou iriumplie, s'enlt'Kiiail I railler et appeler reiiic'.

B Elles s'éloignent donc eu criant Sodonn; , en s<^ f»!^ des reproches comme lu l'as enlendu, et elles aident pat leur honte la force de la flamme.

» Notre péché fut doulilcmont eonlie natui-e : mais comme nous n'avons pas observe la loi humaine, en suivant au contraire noire appétit comme font les bêles,

0 Pour noire opprobre, nous disons, en nous séparanl. lu nom du celle qui se changea en bête dans une enveloppe de bêle.

1 Or tu sais nos actions et de (juni nous sommes coupables. Si tu veux par hasai-d savoir notre nom, je n'ai pas le temps de le dire et je ne le saurais.

la LE PURGATOIRE. CHAPiT XWU 413

^m » Je contenterai cependant ton désir de connaître le mien : je suis Giiido Guinicelli *, et déjà je me purifie pour m'être

jjg iiepenti avant mon heure suprême. »

^^ Tels se montrèrent ces deux fils en revoyant leur mère

^^ en butte à la colère de Lycurgue*, tel je me montrai (mais

:^ non avec autant d'empressement que j'aurais voulu),

' Quand j'entendis se nommer lui-même, Guido, mon père • ' et le père de beaucoup d'autres meilleurs que moi qui ont j écrit des rimes d'amour douces et gracieuses.

^ Sans entendre et sans parler, je marchai longtemps pensif en le contemplant; mais à cause du feu je ne pouvais

..^ approcher davantage.

J Quand je fus rassasié de le regarder, je m'offris de tout cœur à son service avec ces serments qui font croire aux

^, offres d'autrui.

[^ Et lui à moi : « Tu me laisses, par ce que j'entends, une trace si profonde et si claire, que le Léthé ne pourrait l'elfacer ni la rendre obscure.

^ » Mais si tes paroles ont juré la vérité, dis-moi, pour quelle raison montres-tu que tu m'as pour cher dans tes propos et dans tes regards? »

'' Et moi à lui: « Vos douces rimes, tant que durera le

* langage moderne, rendront bien chère l'encre qui les a tracées.

' — 0 frère! dit-il, celui que je t'indique du doigt (et il me montra du doigt un esprit marchant devant lui) fut meilleur ouvrier dans sa langue maternelle'.

» En vers d'amour et en prose de romans , il surpassa tous les autres, et laisse dire les sots qui pensent que le Limousin * est au-dessus de lui.

» Ils tournent la tête vers le bruit plutôt que vers la vérité, et ainsi ils arrêtent leur opinion avant d'écouler l'art ou la raison.

* Poète de Bologne.

' Tboas el Eumcnius relrouvèrcut leur mère Hypsipyle au moment où Ljrcur|{uc roi de Némëe, allait la faire mourir.

* Arnault Dnniol, poète provençal.

*GcrauU Bcrtueil, rimcur de Limoges.

3tf.

4i4 LA DIVINE COVÉMB.

» Ainsi firent beaucoup d'anciens pour Gtdttone, en loi donnant, de cris en cris, la première place, jusqu'à ce qae, par la bouche de plusieurs personnes, la vérité l'ait vaincu.

» Maintenant, si tu as un si ample privilège qu'il te soit permis d'entrer dans le cloître où le Christ est abbé du collège *,

» Dis-lui pour moi du Paier noster tout ce qui est nécessaire dans ce monde où nous n'avons plus le pouvoir de pécher. »

Et puis, peut-être pour faire place à un autre qu'il aTait après lui, il disparut dans le feu, comme dans l'eau le poison qui va au fond.

Je m'avançai un peu vers celui qu'on m'avait montré, et je lui dis que mon désir préparait à son nom uûé réception gracieuse.

Et il conmiença gentiment à dire :

Tan m'abellis vostre corles deman,

Ch' ieu DO me puosc ni m'voil a vos cobrire ;

leu sui Arnaut che plor e vai cantan :

Consiros vei la passada follor,

E vei jauzcn lo joi qu'esper denan.

Ara vos prec, per aquella valor

QuR B8 guida al som sens freich e sens cafina,

Sovegna vos atcmprar ma dolor '.

Puis il se cacha dans le feu qui les purifie.

' Le Paradis.

^ « Tant me plaît votre courtoise demande, que je ne puis ni ne veux me ci* coer à vous.

> Je suis Arnault qui pleure et vais chantant : je vois, chagrin, la folie passée; mais je vois, joyeux, la joie que j'espère à l'avenir.

> Maintenant, je vous prie, par cette vertu qui vous guide, sans firoid cl »■• chaleur, jusqu'au sommet, qu'il vous souvienne d'adoucir ma douleur. »

LE PDMATOIRE. CHANT XXn( 4t!l

CHANT XXVII

IMhMHIës par nn Ange, les poètes passent an miliea des flammés, pals grarlsseiit les demie» degrés. •— Aa sommet, la naît les arrête. — Nouvelle yision de Dante. — Vers l'aurore, les trois poètes parTienneut au sommet de la montagne da Porgatoire. — Là, Virgile laissé Dante libre de faire désormais tonte ckose, l^ns demander conseil.

Le point d'où le soleil darde ses premiers rayons snr la fille où fut répandu le sang de son créateur (quand TEbre tombe sous le signe élevé de la Balance,

Et que Teau du Gange s'échaulfe sous l'ardeur du midi), ee point était occupé par le soleil; donc le jour s'en allait pour nous, lorsque Tange de Dieu nous apparut joyeux.

£n dehors de la flamme, il se tenait sui la rive et chantait : Beali mundo corde ^, mais d'une voix bien plus vive que la nôtre.

Ensuite : « Ames saintes, on ne va pas plus avant, si d'abord le feu ne vous mord. Entrez dans les flammes, et ne soyez point sourdes au chant qui de plus loin arrive. » Ainsi dit Fange, quand nous fûmes près de lui. C'est pourquoi je devins, lorsque je l'entendis, tel que celui qui est mis dans la fosse.

J'élevai mes deux mains jointes en regardant le. feu, et me représentant avec force les corps humains que j'avais déjà vus brûler.

Mes bons guides se tournèrent vers moi, et Virgile rae dit : « Mon fils, ici on peut trouver un tourment, mais non la mort.

» Souviens-toi! souviens-toi! si je t'ai guidé sain et sauf sur les épaules de Géryon, que ferai-je à cette heure que je suis plus près de Dieu?

1» Aie pour certain que quand tu serais mille ans dans te gouffre de cette flamme, elle ne pom-rait te rendre chauve d'un seul cheveu.

» Et si par hasard tu crois que je te trompe, mets-toi

* Saint Mallhieu*

i» àêpose tonle craiDle, ltmnK-4ii(t e a*«e scuurilf. » HaU. mw.jtM

I il ne *lt restrr «insî îmninbile el opiniM, Vnar. w pm tnmèW. me dil : ■ Vois donc, mon fk «ntae Bnilrkv ri bà il n'y « que c^lle mnratlle. n 1

Cowu*. >■ DMii 6e Tbïsbé, Pyraroe, près de mourir.» ' nîl les ;«■> et h rnanla sous le mûrter qui , dc^ ' 4dHna des frwis Tcitneils,

AÎKt on dore rèâ^Unœ s'étanl amoUic, je me Innu »a» le sa^ gnàt, eu «ntendanl le nom qui rejaillil 1» ioan dioa noB cspnt.

Alon il aetoofe U tèle et dh : ■ Comment! vt<ulua&4n nsler iâl > Bisuite il souril comme on Tail à l'enfuii^ eid laÏBCn par an Srnit.

Pus il eotn devant mai au milieu du feu. priant Stin de lenir par derritie , Itii qui , pendant un ioog dicnit, ■oos aiait xp»iés toi» tes deux.

<>:inJ K f'i; an milieu dp ces lliininies, je nu' ^fir icli-, (K'ur nii; rafraiiliir, dans du verre bouillant, lani li dialiMir y ê'.ait dêraefiirce

Le d.iuï père , iwur me conrorter . s'en allait parlanl 1' Béatrice, el rlisiîl : « Il nie semble déjà voir ses veui. i

Vue roii nuDj giiidail en irhantaiil au delà, el OWattenliË à tvilc voi\, nuus sortîmes: du feu là oii il Tâui

a Traîie. bnifditti Pnlris mcî'. dis;ii( une voii au mibru d'une lumière lelle. que mes ;eu\ vaincus ne pureEl II regardw.

0 Le soliil s'en va. rontinua-t-clle , et le soir appriKhc ne ïousarrètei point, tuais làle?. le pas laiidîs que I'onîdent n'esl lias encore uuii". >>

Ix sentier montail dioîl à Iravei-g le i-ochci- du côte de

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