‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 36 sur 69 · LE PURGATOAE* CHANT XXX · texte numérisé non relu

LE PURGATOAE* CHANT XXX

. La glace qui était endurcie autour de mon cœur devint ■ulile et eau , et avec mon angoisse sortit par ma bouche ^ par mes yeux.

[Bile cependant 9 immobile sur le côté droit du char^ Iressa ainsi ces paroles aux substances compatissantes : , « Vous veillez dans le jour étemel^ si bien que la nuit ni

sommeil ne vous dérobent un des pas que fait le siècle ans ses voies mortelles,

» Donc je ferai ma réponse avec plus de soin qu'il ne >us en faudrait, pour que m'entende celui qui pleure sur iutre rive, et que sa faute et sa douleur aient toutes deux . même mesure.

1» Non-seulement par Tinlluence des grandes sphères qui îrigent chaque semence vers une un, selon que les étoiles accompagnent,

)» Mais par le large don des grâces divines qui, en pieu* emt sur nos âmes , en font monter des vapeurs si haut , lie la vue ne peut en approcher,

1» Celui-ci, dans sa vie nouvelle, fut tel virluellement que IQt9 habitude droite aurait produit en lui d'admirables

.9 Mais le terrain mal semé et non cultivé devient d'au* 101 plus mauvais et plus sauvage qu'il a en lui plus de Ofime vigueur.

9 Quelque temps je le soutins de mes regards, en lui montrant mes yeux d'enfant; je le menais avec moi tourné ers le droit chemin ;

» Mais sitôt que je fus sur le seuil de mon second âge, it que je changeai de vie, celui-ci se sépara de moi, et se lonna à d'autres.

» Quand je montai de la chair à l'esprit, et que j'avaL«i rû en beauté et en vertu, je lui fus moins chère et moins agréable.

» 11 tourna ses pas vers le faux chemin, en suivant les nenteuses images d'un bien qui ne tient en entier aucune >romesse.

» Rien ne m'a servi d'obtenir poui- lui des inspirations

par lesquelles je le rappelais en songe, oa aulrement^tani il en a fait peu de compte.

» Il tomba si Itas, que tous mes moyens étaient déjà sans effet pom* son salut y si je ne lui montrais les races damnées.

y> Pom* ce j'ai visité le seuil des morts, et mes prières et mes pleurs furent portés à celui qui l'a conduit id-haut.

w Le haut décret de Dieu serait rompu s'il passait le Léthé et s'il goûtait de tels mets sans avoir payé Técot

» Du repentir qui répand des larmes. »

CHANT XXXI

Mouvellet réprimandes de Béatrice, auxquelles Dante répond par la eonTeuin 4e toutes let erreurs. — Après cet aveu, il looibe éTanout. — Mathilde plmifff DaaU dans le fleuve Léthé et lui fait boire de sex eaux.

« 0 toi, qui es au delà du fleuve sacré, » ajouta Béatrice en dirigeant vers moi la pointe de son discours, dont le tranchant m'avait paru si amer.

Et en me poursuivant toujoui's sans ménagement, « dis. dis si tout cela est vrai? A cette grande accusation il faut que ta confession vienne se joindre. »

J'étais si confondu que ma voix, qui s'émut, se perdit avant de s'être échappée de ses oij2;anes.

Elle attendit un peu, puis elle dit : a Que penses-tu? Réponds-moi, puisque tes tristes souvenirs ne sont pas encore eifacés par les eaux du Léthé. »

La confusion et la peur réunies tirèrent de ma bouche un oui si faible , que les yeux furent nécessaires pour le comprendre.

Comme une arbalète trop tendue rompt, en se débandant, et la corde, et Tare lui-même, et que la llèche touche au but avec moins de vitesse ;

Ainsi je fus brisé sous celte lourde charge, et je répandis

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