‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 35 sur 69 · LE PURGATOIRE. CHAM XXX · texte numérisé non relu

LE PURGATOIRE. CHAM XXX

j^Mvu, au commencement du juui*> la partie orientale "^te rosée ^ et le reste du ciel revêtu d'une belle sérénité ^

Et la face du soleil naître couverte d'ombres^ de sorte )u'à travers les vapeurs qui tempéraient sa clarté, Toeil la soutenait longtemps;

Ainsi à travers un nuage de fleurs^ qui des mains angé- Liques s'élevait, puis retombait sur le char et toutàrentoiir.

Sous un voile blanc, et ceinte d'oliviers, tn^ t&oame^ m'apparut; elle portait un manteau vert, et tt nkô «fait la couleur d'une flamme vive.

Et mon esprit , qui depuis si longtemps était resté sans être broyé de crainte et de stupeur en sa présence, ,

Sans la reconnaître à Taide des yeux, mais par la vertu cachée qui venait d'elle, il sentit la grande puissance de l'ancien amour.

Aussitôt que mes yeux furent frappés par cette haute vertu, qui m'avait blessé avant que je fusse sorti de l'enfance.

Je me tournai à gauche avec ce respect de l'enfant qui court vers sa mère quand il a peur ou quand il est affligé.

Afin de dire à Virgile : « 11 ne m'est pas resté une goutte de sang qui ne tremble : je reconnais les signes de mon ancienne flamme*. »

Mais Virgile nous avait privés de lui', Virgile, ce doux père, Virgile à qui, pour mon salut, elle m'avait donné.

Et même ce paradis terrestre, perdu par notre antique mère, n'empêcha point mes joues, nettoyées par la rosée, de redevenir noires sous mes larmes,

« Dante, parce que Virgile s'eu va, ne pleure pas encore, lie pleure pas encore! il te faut pleurer pour une autre i>lessure. »

Tel un amiral qui va sur la poupe et sur la proue voir

1 Béatrice ou la Tbcologie.

Agnofico vcteris vesligia flammae.

[Mneid., lib. iv.)

' La Poc&ie dUpuiail dcvaul la Thcolcgie*

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les hommei qui commandeDt tes autres vaisseau, et 1» encourage à bien faire,

Telle, sur le bon] gauche du char [qnand je me retournaï au bniil de mon Dom,qnipaTnÉccssilés'enrtgistreici)t

Je Tis la femme, qui di^jà m'avail apparu voilée, an milieu de la fête angéUqiie , diriger vers moi ses jeux de ce côté du fleuve.

Bien que le voUe qui descendait de sa lête, entourée des feuilles de Minerve, ne laissât point paraître tous ses tniti,

Dan^ son attitude royale et dédiûgneuse, elle continu ainsi, pareille à celui qui, en parlant, réserve les paniles les plus chaudes poiir les dernières :

« Regarde-moi bien, je suis bien, je suis bien Bëabice! Comment as-tu daigné l'approcher de ce mont? Ne wnabtu pas qu'ici l'homme est heureux? »

Mes yeuï se baissèrent sur l'onde claire, mais en m'j voyant, je les détournai sur l'herbe, tant la honte mit abattu mon front.

Comme une mère paraît terrible à son fils, ainsi roe parut Rialrice, parce que je sentis le goût de sa tendrâst acerbe.

Elle se tut, et les anges chantèrent soudain : n Tnli,Btmine, iptravi^; s mais ils n'allèrent pas au delàde: Arin

Comme la neige, au milieu des arbres et snr les moiili qui forment le dos de l'Italie , se congèle et se durcit an souffle des vents de l'Esclavonie,

Puis, liquéfiée, s'écoule aussitâl que ta terre, qui n'i point d'ombre, envoie son haleine, semblable au feu qui (ait fondre la cbaudelle.

Ainsi je fus sans larmes et sans soupirs avant les ctiait) de ceux dont les notes répondent toujours auï noies dcJ splières célestes.

Hais quand je compris, à leurs douces harmonies, ipi'Us compatissaient à ma peine plus que s'ils avaient dili

Femme, pourquoi le maltmites-tu ainsi? a

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