‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 38 sur 69 · LB PURGATOIRE. CHAITT XXXII · texte numérisé non relu

LB PURGATOIRE. CHAITT XXXII

delà des murailles : ainsi le divin sourire de ma Dame m'attirait à lui ayec ses anciens filets.

Alors mon visage (ut tourné forcément à gauche^ par les déesses qui disaient : « Il regarde trop fixement ! »

Et cette disposition gênante, qui est dans les yeux lorsqu'ils vieiment d'être frappés par le soleil, me laissa quelque temps privé de la vue;

Mais lorsqu'ils se furent remis devant une petite splendeur (je dis petite, la comparant à la grande lumière dont je me séparai par force).

Je vis que la glorieuse armée avait tourné à main droite, et qu'en marchant elle avait le soleil et les sept flammes en (ace.

Comme sous ses boucliers qui protègent son salut, un bataillon se range et se touiiie peu à peu avec son enseigne avant que son mouvement soit entièrement achevé,

Ainsi la milice du céleste royaume, qui précédait le char, défila tout entière avant que le char eût tourné son timon.

Ensuite les femmes se replacèrent près des roues , et le Griffon mit en mouvement le char béni, bien qu'aucune de ses plumes ne se fût agitée.

La belle Dame qui m'avait fait passer le fleuve, et Stace et moi, nous suivîmes la roue qui décrivit le plus petit cercle.

En parcourant ainsi la haute forêt (déserte par là faute de celle qui crut le serpent), nous sentions nos pas réglés par des chants angéliques.

Peut-être une flèche, libre de son frein, parcourt en trois volées autant d'espace que nous en avions achevé, quand Béatrice descendit.

J'entendis que tous mm^rauraient : « Adam. » Ensuite ils entourèrent un arbre dépouillé de fleurs et de feuillage dans tous ses rameaux.

Sa cime chevelue, qui s'étend d'autant plus qu'elle s'élève plus haut, serait, par sa hauteui-, admirée des Indiens dans

leurs forets.

« Sois heureux^ Griffon, ô toi qui ne déchiras pas de ton bec cet arbre, doux au goût, quoiqu'il en arrivât mal au ventre à qui s*en approcha ! »

Ainsi autour de l'arbre robuste cria le cortège, et l'animal à double nature répondait : a Ainsi se conserve la semence de toute justice. »

Alors s'étant tourné vers le timon qu'il avait tiré, le Griffon le traîna au pied de l'arbre veuf de ses feuilles, et il laissa à cet arbre le char qui en était formé.

Gomme nos plantes, lorsque la grande lumière tombe mêlée à celle qui rayonne derrière le céleste Poisson,

Se couvrent de bourgeons et renouvellent chacune leur couleur avant que le soleil attelle ses coursiers sous une autre étoile.

Ainsi, reprenant ses couleurs, moins vives que celles de la rose, mais plus vives que celles de la violette, se raviva l'arbre dont les rameaux étaient auparavant si dépouillés.

Je n'ai pas entendu l'hymne que cette gent chanta almv (ici-bas on ne le chante point), et je ne pus siqpporter l'air tout entier.

Si je pouvais retracer comment s'endormirent les yeux impitoyables d'Argus en écoutant les aventures de Syrini, ces yeux à qui leur trop grande vigilance coûta si cher,

Comme un peintre qui peint d'après un modèle, je retracerais comme je m'endormis ; mais que celui-là veuille le faiie qui sait bien représenter le sommeil.

Je passe donc au moment où je me réveillai, et je dis qu'une splendeur perça le voile de mon sommeil, et une voix me cria : « Lève-toi ! que fais-tu ? »

Tels qu'à la vue des douces fleurs du pommier, qui rend les anges avides de son finit et fait les noces perpétuelles du ciel,

Pierre, Jean et Jacques, conduits sur le Thabor, et renversés devant l'éclat céleste, se relevèrent à la parole par laquelle des sommeils plus grands ont été rompus.

Et virent alors que Moïse et ÊUe avaient disparu, et que la robe de leur maiti*e avait changé de couleui'^

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