‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 47 sur 69 · LE PARADIS. CHANT X · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT X

Et j'entendis une des lumières parler ainsi : « Puisque le rayon de la grâce dont s'allume le véritable amour, quj lui-même s'accroît toujours en aimant,

» Brille multiplié en toi de telle sorte, qu'il te conduit en

haut par cette échelle, que, sans la remonter, personne ne

descend,

- D Celui qui refuserait à ta soif le vin de sa fiole ne serait

^ pas plus en liberté que l'eau qui ne peut descendre vers la

mer.

' » Tu veux savoir de quelles plantes fleuries est tressée ' cette guirlande qui contemple en l'entourant la beUe Dame, ^.. ton guide et ton soutien dans le voyage du ciel :

1» Je fus un des agneaux du saint troupeau que menait Dominique dans le chemin où l'Ame se fortifie si elle ne fli'^are pas.

» Celui qui est le plus près de ma droite flit mon frère et mon maître : c'est Albert de Cologne; et md^ je suis Thomas d'Aquin.

» Si tu veux savoir qui sont tous les autres, que tes yeux suivent bien mes paroles en faisant le tour de la bienheureuse couronne.

«> Cette autre étincelle sort du sourire de Gratien ^, qui par ses écrits fut si utile à l'un et l'autre droit, qu'il fut agréé daus le Paradis.

» L'autre, après lui, ornement de notre chœur, ftit ce Pierre * qui, comme la veuve, oflrit son trésor à la sainte Église.

La cinquième lumière ^, qui parmi nous est la plus belle, brûle d'un tel amour, que là-bas tout le monde a soif d'en savoir des nouvelles.

» En elle est donc le haut esprit, en qui une science si profonde fut infuse, que, si la vérité est la vérité, il ne s'en éleva pas un second qui eût tant appris.

• Bënëdictin de Saint^Félix, à Bologne, auteur de h Cùneord» d$ê tanont ditcordants,

' Pierre Lombard, Mirnommé le Maxim des ientent»».

* Salomon.

» Ensuite tu vois la lumière de ce cierge qui, là-bas, a le mieux vu dans la nature des anges et connu leur ministère *.

» Dans l'autre petite lueur sourit cet avocat des temples chrétiens, dont Augustin a mis à profit la doctrine*.

» Maintenant, si tu diriges l'œil de ton esprit de lumière en lumière, en suivant mes éloges^ tu dois avoir soif de connaître la huitième.

^ En elle se réjouit de la vue du souverain bien Fâme sainte qui montre à nu le monde trompeur à celui qui veut bien la consulter '.

» Le corps d'où elle fut chassée repose à Gieldauro, et elle du martyre et de l'exil^ est venue vers cette paix céleste.

» Vois plus loin jeter des flammes Fardent esprit dlsidore, de Bède et de Richaid*, qui dans ses contemplations fîit plus qu'un homme.

» Celle-ci, dont ton regard se détourne en revenant vers moi, est la lumière d'un esprit à qui, dans ses graves pensées^ la mort paraissait trop lente;

» Elle est l'éternelle clarté de Séguier ', qui, en professant dans la rue du Fouarre, excita l'envie par des syllogismes tous remplis de vérités. »

Ensuite, comme l'horloge qui nous appelle à l'heure où r Épouse de Dieu ® se lève pour chanter à l'Époux matines et mériter son amour.

Et comme alors deux rouages tirent d'un sens et d'un

' Denys l'Aréopagite, k qui l'on attribue le traite D$ eaksti kierarckiâ.

* Paul Orosius.

' Boëce, souvent consulte par Dante, est enseveli dans l'élise du Cidil'or, ' Pavie.

* Richard, chanoine régulier de Saint-Victor.

* Ou Siger de Conrtray, professeur, dans la rue du Fouarre, à Paris. < Ael ti» degli stramiy > dit le poêle. — < L'Univen^ité avait autrefuis des ecolosi dos dm» côtés de cette rue. Elle prit son nom de rue du Fouarre, vieux mot qui ^i^olii< de la paille, de la grande quantité qu'en faisaient apporter les écoliers. Ils o'clai^M assis dans les classes que sur de la paille. > (Sainte-Foix.)

* L'Éylisc.

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