‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 51 sur 69 · LE PARADIS. CHAMT XY · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHAMT XY

l'amour dont les aspirations sont di*oites^ comme la cupidité se manifeste par la volonté inique,

Imposa silence à cette douce lyre, et fit reposer les saintes cordes^ que la main du ciel monte et descend.

Gomment seraient-elles sourdes à de justes prières, ces substances qui, pour me donner le désir de leur faire quelque prière, furent d'accord pour se taire ?

C'est raison qu'il se lamente sans fin, celui qui, par amour des choses qui ne durent pas éternellement, dépouille un tel amour.

Tel, par un ciel tranquille et pur, court deçà et delà un feu subit qui attii'e nos yeux jusqu'alors indifférents.

Et semble une étoile qui change de place, sinon que, du côté oii elle s'allume et dure peu, nulle clarté ne s'éteint;

Tel, de l'extrémité droite jusqu'au pied de la croix, courut un astre * de la constellation qui resplendit dans ce ciel.

Et le diamant ne se détacha point de son fil, mais il parcoiu'ut la ligne radieuse, et sembla un feu derrière de l'aUiâtre.

Non moins pieuse apparut l'ombre d'Anchise (s'il faut en croire la plus grande de nos muses), lorsque dans TÉlysée il aperçut son fils.

0 sangais meus, o super infusa

Gratit Dei, sicut tibi, cui

Bis uoqaam cœli janua reclusa ?

Ainsi la lumière : c'est pourquoi je fus pour lui tout attentif; ensuite je tournai mes regards vers ma Dame, et le part et d'autre je restai tout stupéfait.

Car dans ses yeux brillait un sourire tel, que je pensai 70ir des miens le fond de ma grâce et de mon Paradis '.

Après quoi, l'esprit, si doux à entendre et à voir, ajouta i ses premières paroles des choses que je ne compris pas, ant il parla avec profondeur.

* Les âmes des bieobeureuz.

' C'est l'âme de Cacciaguida, le trisiîeul du poëie

* Je pensai être arrive à ma félidlé complète.

!>40 LA Divine coiéme.

Et ce n'était point par choix qu'il me les cachait ainsi, mais par nécessité, parce que ses conceptions dépassaient reniendement des mortels.

Cependant, quand Tare de son ardente affection fut assez détendu pour que ses paroles descendissent jusqu'au but permis à notre intelligence.

La première chose que j'entendis fut : « Béni sois-tu, tripk et un, toi qui es si propice à mon sang ! »

Et il poursuivit : « Le cher et long désir, puisé par moi en lisant ce grand volume où le blanc et le ndr ne se changent jamais,

» A été apaisé par toi, ô mon fils ! an milieu de cette lumière où je te parle : j'en remercie celle-là qui fa foorni d'ailes pour voler vers ces hauts lieux K

» Tu crois que ta pensée parvient jusqu'à moi de celui qui est le premier, comme de l'unité, si on la oonnait, proviennent le cinq et le six;

n Et, pour cela, tu ne me demandes ni qui je sois, ni pourquoi je parais devant toi plus joyeux que tout antre dans cette troupe joyeuse.

» Tu crois ce qui est ; car, dans cette vie, les petits et les grands regardent le miroir où, même avant que tu penses, tes pensées se répandent.

» Mais, pour que l'amour sacré dans lequel je veille d'une vue toujours attentive, et qui m'altère d'un désir bien doux, ait tout son contentement,

» Toi, d'une voix assurée, libre et joyeuse, prodame ta volonté, proclame ton désir : déjà ma réponse est prête. »

Je me tournai vers Béatrice. Elle, qui m'avait entendu avant que j'eusse parlé, me sourit d'une manière qui fit croître les ailes de mon désir.

Alors je conunençai ainsi : « L'amour et le saroir, dès que

Venisti tandem, ^aque expectata parenti Vicit iter durum pielas ? datur ora tueri, Nald, tua...

{Mntid., lit». VI.)

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