LA RÉPUBLIQUE
convention. — Séance du 5 décembre 11
( iiî frimaire an n de la République fran<;ai>-'. )
rois coalisés contre la république nous font la guerre avec des armées, ai les libelles.
Nous opposerons à leurs armées des années plu à leurs intrigues, la vigilance et la terreur de la justice nationale; à leurs libelles la vérité.
Toujours attendra à renouer les fils de leurs trames se- S, à mesure qu'ils sont rompus par la main du patriotisme; toujours habiles a tourner les armes de la liberté contre la liberté même, les émissaires i\r> ennemis de la France travaillent aujourd'hui à renverser la République par 'ibliranismo, et à rallumer la guerre civile par le philosophisme. Avec le grand système de subversion et d'hypocrisie coïncide merveilleusement un plan perfide de diffamation contre la Convention nationale, et contre la nation elle-mi
Tandis que la perfidie ou l'imprudence, tantôt et; l'énergie des mesures révolutionnaires comman I saint de la patrie, tantôt les laissait sans exécution, tantôt ait avec malice, on les expliquait à (-outre
tan lis qu'au milieu de Wâ embarras, elli Dt les
agents des pui mettaient en œuvre tons
; - , détournaient notre attention <u> véritables dan-
gers el tots de la République, pour i
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révolution politique, ils eh »rchaien1 à »ubslitu< r i
lution nouvelle, pour donner le change à la raison publique et à l'énergie du patriotisme ; tandis que les mêmes hommes attaquaient ouvertement tous les cultes et encourageaient secrètement le fanatisme, tandis que sans aucun intérêts ils faisaient retentir la France entière de leurs déclamations insensées, et osaient abuser du nom de la Convention nationale pour justifier les extravagances réfléchies de l'aristocratie déguisée sous le manteau de la folie, les ennemis de la France marchandaient de nouveaux ports; vos généraux rassuraient le fédéralisme épouvanté; vos agents intriguaient chez tous les peuples étrangers pour multiplier vos ennemis, armaient contre vous les préjugés de toutes les nations; ils opposaient l'empire des opinions religieuses à l'ascendant naturel de vos principes moraux et politiques, et les manifestes de tous les gouvernements vous dénonçaient à l'univers comme un peuple de fous et d'athées.
C'est à la Convention nationale d'intervenir entre le fanatisme qu'on réveille et le patriotisme qu'on veut égarer, et de rallier tous les citoyens aux principes de la liberté, de la raison et de la justice; car les législateurs qui aiment la patrie, et qui ont le courage de la sauver, ne doivent plus ressembler à des roseaux sans cesse agités parle souffle des factions étrangères. Il est du devoir du comité de salut public de vous les dévoiler, et de vous proposer les mesures nécessaires pour les étouffer : il le remplira sans doute. En attendant, il m'a chargé de vous présenter un objet d'adresse dont le but est de confondre les lâches impostures des tyrans ligués contre la République, et de dévoiler aux yeux de l'univers leur hideuse hypocrisie.
Dans ce combat de la tyrannie contre la liberté, nous avons tant d'avantage, qu'il y aurait de la folie de notre part à l'éviter, et puisque les oppresseurs du genre humain ont la témérité de vouloir plaider leur cause devant lui, bâtons-nous de les suivre à ce tribunal redoutable, pour hâter l'inévitable arrêt qui les attend.
Réponse de la Convention nationale aux manifestes des rois
ligués contre la République.
La Convention nationale répond ra-t-el le aux mani rans ligués contre la République française? Il est naturel de les mépriser, mais il est utile de les < onfon est juste de les punir.
Do manifeste du despotisme contre la liberté! Quel bizarre phénomène! Comment ont-ils osé prendre des hommes pour arbitres entreeux et nous? Comment n'ont-ils pas craint que ijet de la querelle ne réveillât le souvenir de leurs crimes, et ne hâtât leur ruine?
1).' quoi nous accusent-ils".' De leurs propres forfaits. Ils nous accusent de rébellion. Esclaves révoltés contre la •lainetédes peuples, ignorez-vous que ce blasphème ne peut-être justifié que parla victoire. Mais vo vei donc Péchafaud du dernier de nos tyrans, voyez le peuple français armé pour punir ses pareils; voilà notre réponse.
rois accusent le peuple français d'immoralité ! Peuprêtez une oreile attentive aux leçons deces tables précepteurs do genre humain. La morale
ciell et la vertu des courtisans! Peuples, célébl bonne foi de Tibère et la candeur de Louis XVI; admires le bon sens de Claude et la . fautes la
rance el la justice de Guillaume et de Léopold ; exaltez la chasteté de Messaline, la fidélité conjugale de Catherine el la modestie d'Antoinette; louez l'invincible horreur de tous les despotes p - el futurs, pour les usur-
pations et pour la tyrannie, leurs lendr r l'In-
nocence opprimée, leur respect rel
l'humanité.
Ils h ptd'irréli i ublient que nom ■■■
déclaré la guerre à la divinité môme. Qu'elle est édifiante la piété des tyrans! et combien doivent être agréables au Ciel les vertus qui brillent dans les cours, et les bienfaits qu'ils répandent sur la terre! De quel Dieu nous parlent-ils? En connaissent-ils d'autres que l'orgueil, que la débauche et tous les vices? Ils se disent les images de la Divinité! est-ce poHr forcer l'univers à déserter ses autels ! ils prétendent que leur autorité est son ouvrage. Non, Dieu créa les tigres, mais les rois sont les chef-d'œuvre de la corruption humaine. S'ils invoquent le ciel, c'est pour usurper la terre ; s'ils nous parlent de la Divinité, c'est pour se mettre à sa place. Ils lui renvoient les prières du pauvre et les gémissements du malheureux: ils sont eux-mêmes les dieux des riches, des oppresseurs et des assassins du peuple. Honorer la Divinité et punir les rois, c'est la même chose. Et quel peuple rendit jamais un culte plus pur que le nôtre à ce grand être, que celui sous les auspices duquel nous avons proclamé les principes immuables de toute société humaine? Les lois de la justice éternelle étaient appelées dédaigneusement les rêves des gens de biens; nous en avons fait d'importantes réalités. La morale était dans les livres des philosophes: nous l'avons mise dans le gouvernement des nations. L'arrêt de mort des tyrans dormait oublié dans les cœurs abattus des timides mortels: nous l'avons mis à exécution. Le monde appartenait à deux ou trois races de tyrans, comme les déserts de l'Afrique aux tigres et aux serpents; nous l'avons restitué au genre bumain.
Peuples, si vous n'avez pas la force de reprendre votre part de ce commun héritage, s'il ne vous est pas donné de faire valoir les titres que nous. vous avons rendus, gardez-vous du moins de violer nos droits, ou de calomnier notre courage. Les Français ne sont point atteints de la manie de rendre aucune nation heureuse et libre malgré elle. Tous les rois auraient pu végéter ou mourir sur leurs trônes ensanglantés
s'ils avaient su respecter l'indépendance du peuple frii Nous ne voulons que vous éclairer sur leurs impudent lomnies.
Vos maîtres vous disent que la nation française a proscrit toute- les religions; qu'elle a substitué le culte de quelques hommes à celui de la Divinité; ils nous peignent à vos yeux comme un peuple idolâtre ou in* men-
tent. Le peuple français et ses représentai): *nt la
liberté de tous les cultes, et n'en proscrivent aucun. Ils honorent la vertu des martyrs de l'humanité Ban* engouement et sans idolâtrie; ils abhorrent l'intolérance et la persécution, de quelques prétextes qu'elles se couvrent; ils condamnent les extravagances de philosophisme, comme les crimes du fanatisme. Vos tyrans nous imputent quelques irrégularités, inséparables des mouvements or;: d'une grande révolution ; ils nous imputent les effets de leur propres intrigues et les attentats de leurs 6mi8f Tout ce que la Révolution française a produit de sage et de sublime est l'ouvrage du peuple français. Tout ce qui porte un caractère différent appartient à nos ennemis. Tous les hommes raisonnables et magnanimes sont du parti de la République. Tous les êtres perfides et eorrompussont de la faction de vos tyrans. Calomnie-t-on l'astre qui anime la nature pour des nuages légers qui glissent sur son disque éclatant? L'auguste liberté perd-elle ses élu. divins, par ce que les vils émissaires de la tyrannie (lient à la profaner'.' Nos malheurs et les vôtres sont les crimes des ennemis communs de l'human;' vous une raison de nous haïr? Non ; c'est une rai punir!
lâches osent vous dénoncer les fondateurs de la republique frai rquins me ni oté din
tat de Rome ét.nt une assemblée de bi igandi mêmes de Porsenna traitèrent E
les manifestes de | [Ué le tiésor
Grèce. Les mains pleines de rapines et teintes du sang des Romains, Octave, Antoine et Lépide ordonnent à tous les Romains de les croire seuls justes et seuls vertueux. Tibère et Séjan ne voient dans Brutus et Gassius que des hommes de sang et même des fripons.
Français, hommes de tous les pays, c'est vous qu'on outrage en insultant à la liberté dans la personne de vos représentants ou de vos défenseurs ; on a reproché à plusieurs membres de la Convention des faiblesses; à d'autres des crimes. Eh 1 qu'a de commun avec tout cela le peuple français ! Qu'a de commun avec ces faits particuliers la représentation nationale, si ce n'est la force qu'elle imprimeaux faibles, et la peine qu'elle inflige aux coupables? Toutes les armées des tyrans de l'Europe, repoussées, malgré cinq années de trahisons, de conspirations et de discordes intestines ; l'échafaud des représentants infidèles élevé à côté de celui du dernier tyran des Français; les tables immortelles où la main des représentants du peuple a gravé au milieu des orages le pacte social des Français; tous les hommes égaux devant la loi ; tons les grands coupables tremblant devant la justice: l'innocence, sans appui, charmée de trouver enfin un asile dans les tribunaux ; l'amour de la patrie triomphant, malgré tous les vices des esclaves, malgré toute la perfidie de nos ennemis; le peuple, énergique et sage, redoutable et juste, se ralliant à la voix de la sagesse, et apprenant à distinguer ses ennemis sous le masque même du patriotisme; le peuple français courant aux armes pour défendre le magnifique ouvrage de son courage et de sa raison : voilà l'expliation que nous présentons au monde , et pour nos propres erreurs, et pour les crimes de nos ennemis !
S'il le faut, nous pouvons encore lui présenter d'autres titres. Notre sang a aussi coulé pour la patrie. La Convention nationale peut montrer aux amis et aux ennemis
di' ht France d'honorables cicatrn muti-
lations.
ici, deux illustres adversaires de la tyrannie sont tombés \«'U\ sous les COODS parricides d'une faction criminelle * ; la un digne émule de leur vertu républicaine, renfermé dans une ville rmer ta n
tion génén \\>i- de se dire, avec Quelques compagnon
ge au travers des pbalangl s ennemies . I< time
d'une Odieuse trahison, il tombe entre les mains des satellites de l'Autriche, et il expie, dans de longs tourments, son dévouement sublime a la cause de la liberté- - ! D'auti sentants pénétrent au travers des contrées
rebelles du Midi, échappent avec peine à la fureur des traîtres, sauvent l'armée française lm<
et iepoitent la terreur et la fuite aux satelht tyrans de l'A t triche, de H t du Piémont.
Dans cette ville exécrable, Fopprobe du nom frai Bayle et BeaUVi de la tyrannie,
sont morts pour la pairie et pur BCS saintes lois. Devant Durs de et Lus <it. ipàrin, dirigeant la
foudre tjui devait la punir, (iasparin emilaminaut la valeur républicaine de DOS guerriers, a péri victime de sou
du plus lâche de tous BC neuii
fdfd et le Midi, . le Rhône
et rBscaut, le Rhin et la boire, la Moselle tnbre,
ont vu mis bataillons républicains se rallier a la uu\ des
de la IiIm de la \
l . I -'■ jii'i lotier et Hftr&t.
i. iir-tui'i , f.m pn-uiihiiT itriehieàs Vers U fl
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^•utauldu peuple, duulrea qu'il muurul tu
La Convention tout entière a affronté la mort et bravé la fureur de tous les tyrans.
Illustres défenseurs de la cause des rois, princes, ministres, généraux, courtisans, citez-nous vos vertus civiques; racontez-nous les importants services que vous avez rendus à l'humanité : parlez-nous des forteresses conquises par la force de vos guinées ; vantez-nous le talent de vos émissaires, et la promptitude de vos soldats à fuir devant les défenseurs de la République; vantez-nous votre noble mépris pour le droit des gens et pour l'humanité ; nos prisonniers égorgés de sang-froid, nos femmes mutilées par vos janissaires, les enfants massacrés sur le sein de leurs mères, et la dent meurtrière des tigres autrichiens déchirant leurs membres sanglants ; vantez-nous vos exploits d'Amérique, de Gênes et de Toulon ; vantez-nous surtout votre suprême habileté dans l'art des empoisonnements et des assassinats: tyrans, voilà vos vertus !...
Illustre parlement de la Grande-Bretagne, citez-nous vos héros. Yous avez un parti de l'opposition.
Chez vous, le despotisme triomphe; la majorité est donc corrompue. Peuple insolent et vil, ta prétendue représentation est vénale, sous tes yeux et de ton aveu ; tu adoptes toi-même leurs maximes favorites : Que le talent de tes députés mêmes est un objet d'industrie comme la laine de tes moutons, et l'acier de tes fabriques; et tu oserais parler de morale et de liberté ! Quel est donc cet étrange privilège de déraisonner sans mesure et sans pudeur, que la patience stupide des peuples semble accorder aux tyrans ! Quoi ! ces petits hommes dont tout le principal mérite consiste à connaître le tarif des consciences britaniques ; qui s'efforcent de transplanter en France les vices et la corruption de leur pays ; qui font la guerre, non avec des armes, mais avec des crimes, osent accuser la Convention nationale de corruption, et insulter aux vertus du peuple français ! Peuple généreux, nous jurons, par toi-même, que tu seras vengé : avant
de nous faire la guerre, noua exterminerons tous nos ennemis, la maison d'Autriche périra plutôt que la France;
Londrefl Bera libre avant que Paris redevienne esda\ destinées de la République et celles de la terre ont été pe- !ans les balances éternelles : les tyrans ont été trouvés plus légers.
Français, oublions nos querelles et marchons aux tyrans; domptes- les, vous, par vos armes, e't nous par nos lois. Oue les traîtres tremblent, que le dernier des lâches émise de nos ennemis disparaisse, que le patriotisme triomphe, et que l'innocent se rassure. Français, combattez ; votre cause est sainte, vus courages sont invincibles; vos représentants savent mourir, ils peuvent Taire plus: ils g vaincre!