‹ Œuvres de Danton, recueillies et annotéesChapitre 39 sur 40 · AFFAIRE CHABOT ET COMPLICES · texte numérisé non relu

AFFAIRE CHABOT ET COMPLICES

Interrogé sur son nom, surnom, âge, qualité et demeure Danton a répondu se nommer Georges-Jacques Danton^ dgé de 34 ans, natij sur»Aubet avocat, député à la

mtion, domicilié à Paris, rue des Cordeliers. A la demande de son domicile, Danton a d'abord répondu : bientôt le i non nom au Panthéon.

Le Président. — Accu s attentifs à ce que vous

ailes entendre.

refier lit le rapport d'Amtr, rapport qui n'est que la

répétition de relui qu'avait lu le 31 mars, devant la Convention, Saint-Just au nom du comité du salut nuln

(Numéro 10 du Bulletin du tribunal.)

nméro 20 et une punir du ïi' renferment les Interdo Danton — puis com:i.

• dernier inculj

Demande. — Danton, la Contention nation.: d'avoir favorisé Dumouri [rptfl fait connaître

tel qu'il était, d'ave libcrti( id<

aire le

gOUTei I et rétablir la royauté.

lu.

Réponse. — Ma voix qui, tant de fois, s'est fait entendre pour la cause du peuple, pour appuyer et défendre ses in- | térêts, n'aura pas de peine à repousser la calomnie.

Les lâches qui me calomnient oseraient-ils m'attaquer en face, qu'ils se montrent et je les couvrirai eux-mêmes de l'ignominie, de l'opprobre qui les caractérise? Je l'ai dit et je le répète : mon domicile est bientôt, dans le néant, et mon nom au Panthéon!... Ma tête est là, elle répond de tout!..- La vie m'est à charge, il me tarde d'en être délivré!...

Le Président à l'accusé.— Danton, l'audace est le propre du crime, et la modération est celui de l'innocence. Sans doute la défense est de droit légitime, mais c'est une défense qui sait se renfermer dans les bornes de la décence et de la modération, qui sait tout respecter, même jusqu'à ses accusateurs. Vous êtes traduit ici par la première des autorités; vous devez toute obéissance à ses décrets, et ne vous occuper que de vous justifier des différents chefs d'accusation dirigés contre vous; je vous invite à vous en acquitter avec précision, et surtout à vous circonscrire dans les faits.

Réponse. — L'audace individuelle est sans doute réprimante et jamais elle ne put m'être reprochée; mais l'audace nationale dont j'ai tant de fois donné l'exemple, dont j'ai servi la chose publique; ce genre d'audace est permis, et il est même nécessaire en révolution, et c'est de cette audace que je m'honore. Lorsque je me vois si grièvement, si injustement inculpé, suis-je le maître de commander au sentiment d'indignation qui me soulève contre mes détracteurs. Est-ce d'un révolutionnaire comme moi, aussi fortement prononcé qu'il faut attendre une réponse froide? Les hommes de ma trempe sont impayables, c'est sur leurs fronts qu'est imprimé en caractères ineffaçables le sceau de la liberté, le génie républicain ; et c'est moi que l'on accuse d'avoir rampé aux pieds de vils despotes, d'avoir toujours été contraire au parti dala liberté, d'avoir conspiré avec Mirabeau

et Dumouriez! El c'est moi que l'on somme de répondre à la justice inévitable, inflexible!... Ht toi, Saint-Just, tu répondras à la postérité de la diffamation i tre le meilleur ami du peuple, contre son plusardeotdétenseuTl...

En parcourant cetle liste d'horreurs, je sens toute mon tence frémir.

Danton allait continuer sur le même ton, lorsque le président lui observe de nouveau qu'il manque tout à la fois à la représention nationale, au tribunal et au peuple &

rain, qui a le droit incontestable de lui demander compte de ses actions :

Marat fut accusé comme vous. 11 sentit la : de se

justifier, remplit ce devoir en bon citoyen, établit son inuoen termes respectueux, et n'en fut que plut limé du peuple dont il n'avait cessé de stipuler les intérêts. Marat ne s'indigna pas contre ses calomniateurs; à i\v< faits, il n'opposa point des probabilités, i\c< vraisemblances, il répondit catégoriquement a l'accusation portée contre lui, s'appliqua a en démontrer la fausseté et y parvint. Je ne puis vous proposer de meilleur modèle, il est de votie intérêt de vous y conformer.

Réponse. —Je vais donc di a ma justification, je

vais suivie le plan de défende adopté par Saint-Josl vendu à Mirabeau, ft d'Orléans, a Dumouriez' lof, !«• pirti-

sau (U^ royalistes et de la royauté, à-t-on donc oublié que j'ai été nommé administrât* ur, contradictoiremenl av(

lution flaires qui n Des intelli-

j de ma part avec Mirabeau ! Mais tout le moud

que j'ai combattu M

toutes les fois que .; la iib«-rté.

Hc tait le compte de Mirai

Marat attaqué par cel tl<

qu'on rtloiii Ne me

suis-je pas montré, lorsque l'on voulait soustraire le tyran, en le traînant à Saint-Gloud?

(Numéro 21 Au. Bulletin du tribunal.) Danton continue:

N'ai-je point fait alïicher au district des Gordeliers la nécessité de s'insurger? J'ai toute la plénitude de ma tète lorsque je provoque mes accusateurs, lorsque je demande à me mesurer avec eux... Qu'on me les produise et je les replonge dans le néant dontils n'auraient jamais dû sortir ! ... Vils imposteurs, paraissez, et je vais vous arracher le masque qui vous dérobe à la vindicte publique !

Le Président. — Danton, ce n'est point par des sorties indécentes contre vos accusateurs que vous parviendrez à convaincre le jury de votre innocence. Parlez-lui un langage qu'il puisse entendre; mais n'oubliez pas que ceux qui vous accusent jouissent de l'estime publique, et n'ont rien fait qui puisse leur enlever ce témoignage sérieux.

Réponse. — Un accusé comme moi, qui connaît les hommes et les choses, répond devant le jury, mais ne lui parle pas ; je me défends et je ne calomnie pas.

Jamais l'ambition ni la cupidité n'eurent de puissance sur moi; jamais ces passions ne me tirent compromettre la chose publique : tout entier à ma patrie, je lui ai fait le généreux sacrifice de mon existence.

C'est dans cet esprit que j'ai combattu l'infâme Pastoret, Lafayette, Bailly et tous les conspirateurs qui voulaient s'introduire dans les postes les plus importants, pour mieux et plus facilement assassiner la liberté. Il faut que je parle de trois coquins qui ont perdu Robespierre. J'ai des choses essentielles à révéler; je demande à être entendu paisiblement, le salut de la patrie en fait une loi.

Le Président. — Le devoir d'un accusé, son intérêt per-

sonnel veulent qu'il s'explique d'une manière claire et précise sur les faits à lui imputés; qu'il établisse luminen- Bement sa justification sur chaque reproche à lui fait, et ce n'est que lorsqu'il a porté la conviction dans l'âme de ses

. DJUMI devient digne de quelque foi, et peut se permet-

is dénonciations contre des hommes investis de la confiance publique; je vous invite donc à vous renfermer dans votre défense et à n'y rien joindre d'étranger.

C'est la Convention tout entière qui vous accuse, je ne crois pas qu'il entre dans votre plan d'en faire sus; quelques-uns; car en admettant le bien fondé de ces soupçons envers quelques individus, l'accusation portée contre vous en nombre collectif n'eu serait nullement all'aiblie.

RÉPONSE. — Je reviens à ma défense. 11 est de notoriété publique que j'ai été nommé à la Convention en très petite minorité par les bons citoyens, et que j'étais odieux aux mauvais.

Lorsque Mirabeau voulut s'en aller à Marseille, je pressentis Se8 desseins perfides, je les dévoilai et le forçai de demeurer au fauteuil, et c'est ainsi qu'il était parvenu à me saisir, à m'ouvrir la bouche ou à me la fermer une chose bien étrange que l'aveuglenu nt de la (Convention nationale, jusqu'à ce jour sur mon compte, c'est une chose vraiment miraculeuse que sou illuminât^ bite!

Le Président. — L'ironie à laquelle tous avez recours ne détruit pas le reproche à vous fait d en public du masque du patriotisme, pour ti

■nient la royaoi le plus or-

dinaire que la plaisanterie, les jeux de mots au

sentent | ; accablés de leurs propres faits,

1rs détruit

Réponse. — Je me sow que le rétablissement de la royauté, la : >n de toute

la paii trique, d'avoir protégé la luit

en m'opposant de toutes mes forces à son voyage' de Saint- Cloud, et faisant hérisser de piques et de baïonnettes son passage, en enchaînant en quelque sorte ses coursiers fougueux; si c'est là se déclarer le partisan de la royauté, s'en montrer l'ami, si à ces traits on peut reconnaître l'homme favorisant la tyrannie, dans cette hypothèse j'avoue être coupable de ces crimes. J'ai dit à un patriote rigide, dans un repas, qu'il compromettait la bonne cause en s'écartant du chemin où marchaient Barnave et Lameth, qui abandonnaient le parti populaire.

Je soutiens le fait de toute fausseté, et je délie à qui que ce soit de me le prouver. A l'égard de mes motions relatives au Champ-de-Mars , j'offre de prouver que la pétition à laquelle j'ai concouru, ne contenait que des intentions pures, que, comme l'un des auteurs de cette pétition, je devajs être assassiné comme les autres, et que des meurtriers furent envoyés chez moi pour m'immoler à la rage des contre-révolutionnaires. Étais-je donc un objet de reconnaissance pour la tyrannie, lorsque les agents ae mes cruels persécuteurs, n'ayant pu m'assassiner dans ma demeure d'Arcissur-Aube, cherchaient à me porter le coup le plus sensible pour un homme d'honneur, en obtenant contre moi un décret de prise de corps, et essayant de le mettre à exécution dans le corps électoral.

Le Président. — Ne vous étes-vous pas émigré au 17 juillet 89? N'êtes vous pas passé en Angleterre?

Réponse. — Mes beaux-frères allaient en ce pays pour affaire de commerce, et je profitai de l'occasion; peut-on m'en faire un crime?

Le despotisme était encore dans toute sa prépondérance; et alors, il n'était encore permis que de soupirer en secret pour le règne de la liberté. Je m'exilai donc, je me bannis, et je jurai de ne rentrer en France que quand la liberté y serait admise.

Le Président. — Marat, dont vous prétendez avoir été le

défenseur, le protecteur, ne se conduisait pas ainsi, lorsqu'il s'agissait do poser les fondements de la liberté; lorsqu'elle était à son berceau et environnée du plus grand danger, il n'hésitait pas à le partager.

Réponse. — Et moi, je soutiens que Marat est passé deux foil en Angleterre, et que Ducos et Fonfrede lui doivent leur salut.

I) tni le temps où la puissance royale était encore la plus redoutable, je proposai la loi de Valérius Publicola, qui permettait de tuer un homme sur la responsabilité de sa J'ai dénoncé Louvet; j'ai défendu les sociétés populaii péril de ma fie, et même dans un moment où les patriotes étaient en très-petit nombre.

-ministre Lebrun étant au fauteuil, a été par moi démasqué; appelé contre lui, j'ai démontré sa culpabilité Brissot.

On m'accuse de m'ètre retiré à Anis-sur-Aube, au mement où la journée du 18 août était prévue, où le combat des nommes libres devait s'en.

Ue inculpation je réponds avais déclaré à rette époque que h1 peuple français serait victorieux ou que je demande à produire pour tén Payen; il me faut, ai-je aj ou la

mort.

Où sont donc tous ce3 hommes qui ont eu besoin de r Danton pour i montrer dans cette jour-

nt donc tous c privilégiés dont il ;

prunté i é

U is deux jours le tribunal connaît Danton, demain il lormirdans le sein de la gloire, Jamais il n'a deman a < avec la

sérénité ordinaire

une, vint au*

I minuit, et q

lendemain devait être le tombeau de la l

que l'attaque des royalistes était concertée pour la nuit, mais qu'il avait arrangé les choses de manière que tout se ferait en plein jour et serait terminé à midi, et que la victoire était assurée pour les patriotes.

Quant à moi, dit Danton, je n'ai quitté ma section qu'après avoir recommandé de m'avertir, s'il arrivait quelque chose de nouveau.

Je suis resté pendant douze heures de suite à ma section, et y suis retourné le lendemain, à 9 heures. Voilà le repos honteux auquel je me livrai, suivant le rapporteur. A la municipalité, on m'a entendu demander la mort de Mandat. Mais suivons Saint-Just dans ses accusations. Fabre, parlementant avec la cour, était l'ami de Danton. Et, sans doute, on en donnera pour preuve le courage avec lequel Fabre essuya le feu de file qui se faisait sur le Français.

Un courtisan disait que les patriotes étaient perdus. Que fait Danton? Tout pour pouver son attachement à la Révolution.

On se demande quelle est l'utilité de l'arrivée de Danton à la Législature?

Et je réponds qu'elle est importante au salut public, et que plusieurs de .mes actions le prouvent. J'jii droit d'opposer mes services lorsqu'ils sont contestés, lorsque je me demande ce que j'ai fait pour la Révolution.

Pendant mon ministère, il s'agit d'envoyer un ambassadeur à Londres pour resserrer l'alliance des deux peuples. Noël, journaliste contre-révolutionnaire, est proposé par Lebrun, et je ne m'y oppose pas. A ce reproche je réponds que je n'étais pas ministre des affaires étrangères. On m'a présenté les expéditions : je n'étais pas le despote du conseil. Roland protégeait Noël; Fex-marquis Ghauvelin disait que Noël était un trembleur, et qu'ils se balanceraient l'un l'autre avec Merger, jeutie homme de dix-huit ans, qui était mon parent.

'ai présenté à la Convention nationale Fa lire comme un unie adroit. J'ai annoncé Fabre comme l'auteur du lMiie et réunissant des talents. J'ai dit qu'un prince du sang, une d'Orléans, placé au milieu des représentants du peuple, leur donnerait plus d'importance aux yeux de L'Europe. Le fait est faux: il n'a d'importance que celle qu'on a oulu lui donner. Je vois rétablir ce fait dans son Intégrité; tobespierre disait: Demandez à Danton pourquoi il a fait ommer d'Orléans : il serait plaisant de le voir figurer dans i Convention comme suppléant.

Ux ji ré observe que d'Orléans était désigné comme deant être nommé le vingt-quatrième suppléant, et qu'il le

:i veinent dans cet ordre de i Danton poursuit: On m'a déposé cinquante millio;

Tre d'en rendre un fidèle rompte : c'était pour lonuer de l'impulsion a la Révolution.

hbon déclare avoir i 1 1 i*i 1 a été

lonné 400.000 liv. a Danton pour dépenses secrètes et

litres, et qu'il a remis 130, 000 liv. en numéraire.

Réponse. — J'ai dépeosé, à bureau ouvert, 200, 000 liv,

ont été les leviers avec lesquels j'ai électrifé

parlements. J'ai donné G, 000 liv. à Billaud-Yareu-

oes, et m'en suis rapporté à lui.

J'ai lai- la disponibilité de ton! mmef

:rétaire put avoir besoin pour déployer toute

k àm<' : et en eela je n'ai rien fait que de licite.

l'avoir donné désordres pour saoTer Doport lia faveur d'une émeute i i à lleluu, par o

•ires, pour fouiller une voilure d'ara* le répon la que le faites! de toute i .

plUS p!V

Invoque, a cet égard, Panta el Duplain,

lit pourr sr Narat plutôt que mol, pal

luit une p; t Duport, qui

a voulu m'assassiner avec Lameth : le jugement crimii des Relaxations existe; mais je n'ai pas voulu suivre celte affaire, parce que je n'avais pas la preuve acquise de l'assassinat prémédité contre moi.

Murât avait une acrimonie de caractère qui, quelquefois, le rendait sourd à nu s observations, il ne voulut pas m'écouter sur l'opinion que je lui donnais de ces deux individus : Du port et Lameth.

On m'accuse encore d'être d'intelligence avec Guadet. Bnssot, Barbaroux et toute la faction proscrite. Je réponds que le fait est bien contradictoire avec l'animosité que me témoignaient ces individus; car Barbaroux demandait la tôle de Danton, de Robespierre et deMarat.

Sur les faits relatifs à mes prétendues intelligences avec Dumouriez, je réponds ne l'avoir vu qu'une seule fois, au sujet d'un particulier avec lequel il était brouillé, et de 17, 000, 000 dont je lui demandais compte.

Il est vrai que Dumouriez essaya de me ranger de son parti, qu'il chercha à flatter mon ambition en me proposanl le ministère, mais je lui déclarais ne vouloir occuper de pareilles places, qu'au bruit du canon.

On me reproche encore d'avoir eu des entretiens particuliers avec Dumouriez, de lui avoir juré une amitié éternelle, et ce, au moment de-ses trahisons. A ces faits ma réponse est facile. Dumouriez avait la vanité de se faire passeï pour général; lors de sa victoire remportée à Sainte Menehould, je n'étais pas d'avis qu'il repassât la Marne, et c'est s ce sujet que je lui envoyais Fabre en ambassade, avec recommandation expresse de caresser l'amour-propre de cet orgueilleux. Je dis donc à Fabre de persuader à Dumouriez qu'il serait généralissime, et à Keilermaun qu'il sérail nom mé maréchal de France.

Ou nie parle aussi de Westermann, mais je n'ai rien eu de commuu ayee lui; je sais qu'a la journée du 10 août, Wes-

termanrj sortit des Tuileries, tuut rouvert du gang royalistes, et moi je disais qu'avec 17, 00 I

comme j'en aurais donné le plan, on aurait pu sauver la patrie.

(Numéro 12 du Bulletin du tribunal rèootntimm

Danton. — Les jurés doivent se souvenir i séance

dos Jacobins, où YYestermann fut embrassé si chaudement par les patriotes.

l\ JURE. — Pourrit z-vous dire la raison pour laquelle Dumouriez ne poursuivit par les Prussiens, lors de leur retraite.

Ri ponse. J • no ino mêlais de la guerre qu rapporta- politiq opérations militaires m'étaient

\n surplus, j'avais chargé Bit land- Varennes de surveiller Dumonr lui qu'il fatot inter- :ette matière* Il doit un compte particule oit il était cha l. il re. — Comment se fuit il qu '• r n'ait pas pénétré les projets de Dumouriez, qu'il n'ait pas pressenti ses trahisons et ne lésait pas d - Lorsque l'événement a proii" facile déjuger; il n'< a de même tant que te yg l'avenir existe; mais d'ailleurs, Billaud- Varennea a l'ait a la 1 ! rapport sur Dùmou Dts,

Billaud m'a paru fort embai mouriez. Il a'avait pas une opinion bien déterml

e adroit qui avait l'assentiment d tants: « Dumouriez, no- disait Billaud, nous sort-il 11 un traître? J'* d'o» 1er. •

Quant ;i moi, dit Danton, cet h

certain d( un devoir1

noncer.

Danton parlait depuis longtemps avec cette véhémence, cette énergie qu'il a tant de fois employée dans Jes assemblées. En parcourant la série des accusations qui lui étaient personnelles, il avait peine à se défendre de certains mouvements de fureur qui ranimaient ; sa voix altérée indiquait assez qu'il avait besoin de repos. Cette position pénible fut sentie de tous les juges, qui l'invitèrent à suspendre ses moyens de justification, pour les reprendre avec plus de calme et de tranquillité.

Danton se rendit à l'invitation et se tut. (Numéro 23 du Bulletin du tribunal révolutionnaire.)

Suit l'interrogatoire de quelques-uns des autres accusés; ceux-ci se récriant, l'accusateur public leur dit;

Il est temps de faire cesser cette lutte tout à la fois scandaleuse et pour le tribunal, et pour tous ceux qui vous entendent ; je vais écrire à la Convention pour connaître son vœu, il sera bien exactement suivi.

(Numéro 24 du Bulletin du tribunal.)

Dans la séance, de la Convention du 15 germinal, Saint- Just, au nom du comité de salut public et de sûreté générale, monte à la tribune et dit :

L'accusateur public du tribunal révolutionnaire a mandé que la révolte des coupables avait fait suspendre les débats de la justice jusqu'à ce que la Convention ait pris des mesures. Vous avez échappé au danger le plus grand qui jamais ait menacé la liberté ; maintenant tous les complices sont découverts, et la révolte des criminels aux pieds de la justice même, intimidés par la loi, explique le secret de leur conscience; leur désespoir, leur fureur annonce que la bonhomie qu'ils faisaient paraître, est le piège le plus hypocrite qui ait été tendu à la Révolution.

Quoi innocent s'est jamais révolté devant la loi ! Il no faut pas d'autres preuves de leurs attentats que leur audac". Quoi ! ceux que nous avons accusés d'être les compl Dumouriez et d'Orléans, ceux qui n'ont fait une révolution qu'en faveur d'une dynastie nouvelle ; ceux-là qui ont conspiré pour le malheur et l'esclavage du peuple, mettent le comble à leur infamie !

S'il est ici des hommes véritablement amis de la lil si l'énergie qui convient à des hommes qui ont entrepris d'alTranchir leur pays, est dans leur cœur, VOUS l qu'il n'y a plus de conspirateurs cachés à punir, mais des conspirateurs à front découvert, qui comptant sur l'aristocratie avec laquelle ils ont marché depuis plusieurs ai. appellent sur le peuple la vengeance du crime.

Non, la liberté ne reculera pas devant ses ennemis : b-ur coalition est découverte. Dillun, qui ordonne à son armée de marcher sur Paris, a déclaré que la Femme moulins avait touché de Tarirent pour exciter un m ment, pour assassiner les patriotes et le tribunal révolutionnaire. Nous vous remercions de nous avoir placé de l'honneur; comme vous, nous couvrirons la pat: nos corps.

Mourir n'est rien pourvu que la Révolution triomphe; voilà le jour de gloire, voilà le jour où i m un lutta

contre Caliliua, voila le jour de consolider p air jamais la • publique. mités von lent d'une sur-

veillance héroïque. Oui peut vous refuser -.1 vénération dans ce moment terrible, où vous combattez pour la der-

fuis contre la faction qui fut indulgente pOM ennemis, et qui aujourd'hui retrouve sa rareur pour, battre la libei '

timenl peu la vie, ils font Ctt de l'honneur.

Peuple, tu Iriompbei foire

la Révolution par les périla auxqueli

amis.

Il (Hait sans exemple que la justice eût été insul(o> ; et si elle le fut, ce n'a jamais été que par des émigrés insensés, prophétisant la tyrannie. Eh bien, les nouveaux conspirateurs ont récusé la conscience publique. Que faut-il de plus pour achever de nous convaincre de leurs attentats? Les malheureux, ils avouent leurs cirmes en résistant aux lois. Il n'y a que les criminels que l'équité terrible épouvante. Combien étaient-ils dangereux tous ceux qui sous des formes simples cachaient leurs complots et leur audace. En ce moment on conspire dans les prisons en leur faveur; en ce moment l'aristocratie se remue : la lettre qu'on va vous lire vous démontrera vos dangers.

Est-ce par privilège que les accusés se montrent insolents? Qu'on rappelle donc le tyran, Gustine et Brissot du tombeau, car ils n'ontpoint joui du privilège épouvantable d'insulter leurs juges. Dans le péril de la patrie, dans le degré de majesté où vous a placés le peuple, marquez la distance qui vous sépare des coupables. C'est dans ces vues que le comité vous propose le décret suivant :

« La Convention nationale, après avoir entendu le. rapport de ses comités de salut public et de sûreté générale, décrète que le tribunal révolutionnaire continuera l'instruction relative à la conjuration de Lacroix, Danton et autres, que le président emploiera tous les moyens que la loi lui donne pour faire respecter son autorité et celle du tribunal révolutionnaire, et pour réprimer toute tentative de la part des accusés pour troubler la tranquillité publique, et entraver la marche de la justice :

« Décrète que tout prévenu de conspiration, qui résistera ou insultera la justice nationale, sera mis hors des débats sur-le-champ.

Billaup-Varennes. — Avant de rendre ce décret, je de-

mde que la Convention entende la lecture de la lettre que comités ont reçue de l'administration Ûe la police; rra quel péril menace la liberté, et quelle intimité n tre les conspirateurs traduits au tribunal et prir

t te Lecture conti< nt le récit de leurs attent

. Un secrétaire fait lecture de cette lettre, elle bonçue : x

Commune de PtriS, c^jount'lmi l.°> germinal.

Nous, administrateurs du dé| artement de polici lettre a nouÉ écrite par !■• concierge de la m reï du

Luxembourg, nous nom i t'instaBt transport!

ladite mais a rai tre devant nous

Je citoyen Laflolte, ci-devant ministre rie la République a Florence, détenu en lad te maison depuis environ six jours, lequel nous a déclaré qu'hier, entre 6 et ? heures du étant dans la chambre du citoyen Arthur Dillou, que lui déclarant a dit ne connaître que depuis sa détention, ledit ■lion, après l'avoir tiré a part, lui avait deiinnu

île ce qui avait eu lieu cejourd'bui au tribunal révolutionnaire; que sur m alive de la part dudit La flotte, ledit Dillon lui avait dit que li Danton, Lacroix, Hérault, avaient déclaré ne vouloir 1er qu'eu présence d

pierre, Bai t Jusl et an' le peuple

applaudi; que le pirv embarras- é avait éci il une Convention qui était Tordre du Jour; qu'a la lec-

ture dudïl S inarques

komprobation, qui B'étaieni répandues jusque sur le

(bruit que ledit Dilloii avait eu M) in '

le était que N' ut publie

i • île ne fissent

Retenu |ue le mé

serve aux détenus des autres maisons d'arrêt; qu'il fallait résister à l'oppression ; que les hommes de tête et de cœur devaient se réunir; que ledit Dillon dit encore qu'il voula^ la République libre.

Dillon ajouta qu'il avait un projet concerté avec Simon, député de la Convention, et qui était détenu dans ladite maison d'arrêt, homme de tête froide et de cœur chaud, qu'il voulait le communiquer à lui déclarant; que lui déclarant, sentant l'importance dont il pourrait être de découvrir le projet pour la chose publique, prit le parti de dissimuler et d'entrer dans ses vues; que ledit Dillon lui dit qu'il viendrait le trouver chez lui, qu'il amènerait Simon, qu'il ferait en sorte aussi d'amener Tliouret, député détenu; il donna alors à un porte-clel's, que lui déclarant croit se nomm:r Lambert, une lettre; sur l'observation du porte-clefs, le dit Dillon coupa la signature, qu'il lui dit alors que ladite lettre était pour la femme de Desmoulins; qu'elle mettait à sa disposition mille écus, à l'effet de pouvoir envoyer du monde autour du tribunal révolutionnaire; après quoi, il sortit de la chambre; que lui déclarant se rendit dans la sienne et que, réfléchissant sur l'importance dont pouvait être la découverte de leur projet, il se décida à avoir l'air de partager leurs idées pour mieux connaître leur plan.

Vers huit heures et demie arrivèrent, en effet, Dillon et Simon, après lui avoir tous les deux confirmé les nouvelles que Dillon lui avait précédemment dites, ils cherchèrent à émouvoir en lui toutes les passions qui pouvaient le porter à adopter leurs projets, tantôt en éveillant les mécontentements qu'ils lui supposaient de sa détention; tantôt en lui faisant voir la gloire à laquelle il pouvait participer, en travaillant à rétablir la liberté qu'ils disaient perdue, tantôt enfin en cherchant à exciter son ambition par l'espérance des places auxquelles il devait être porté. Enfin quand ils crurent s'être assurés de sa personne, quand ils

■Imaginèrent l'avoir associé à leur* infâmes complota, ils lui détaillèrent et discutèrent devant lui les difïï

projets.

Ne cherchant qu'à gagner du temps et à connaître ses complices, lui déclarant accéda à tout; quand il se fut persuadé qu'ils étaient les seuls dépositaires de leursquand ils lui eurent donné parole de ne point le révéler avant d'avoir appris les nouvelles du lendemain, il les congédia contents de s'être acquis une créature. Il était 9 heures du soir, les guichets étaient fermés; et il ne pouvait faire sa déposition sans donner L'alarme à la prison ; il eut la présence d'esprit, pour ne point donner suspi.ion a Dillon, de rentrer encore dans sa chambre et de rester j onze heures à une partie de whist. 11 veilla toute la nuit et à la pointe du jour il descendit au guichet, dont il ouvrir la porte, et accourut dire au citoyen làmbert, qui a la conliance du concierge, ce qui s'était passé la veille, afin qu'il en fit son rapport au concierge pour s'a conspirateurs.

Quant au projet discuté par Simon et Dillon dans sa chambre, il se réserve, sous le bon plaisir des conn* salut public et de suret*'' générale, d'aller lui-même en faire le rapport, croyant que la prudence l'exige ainsi.

Lectuiv faite au citoyen Laflotte, il a dit que la piél ration contient vérité et a signé avec nous; ajoutant encore le déclarant (pie, sur l'escalier du rieur Benoit, s, ayant rencontré le citoyen Laminière, an

celui-ci lui avait dit que le citoyen Arthur DillOO était descendu dans les autres chaml . qu'il lui avait aussi l'ait part iwlles et tintes, que ledit Laminière avait traitées de chimères, et que ledit déclarant lui avait dit qu'il allait von

ii citoyens Simon, Tliouret, et lin déclarant a signé.

\il\\\h (TE.

Sur quoi nous, administrateurs de police, disons qu'il sera à l'instant référé aux comités de sûreté générale et de salut public, pour par eux être ordonné ce qu'il appartiendra.

Witchenile, administrateur de police.

Le décret présenté par Saint- Just est adopté à l'unanimité.

Robespierre. — Je demande que cette lettre et le rapport de Saint-Just soient envoyés au tribunal révolutionnaire, et qu'il lui soit enjoint de les lire à l'audience.

Ces propositions sont adoptées.

[Moniteur du 5 avril 9't,)

Pendant que le rapport de Saint-Just et la dénonciation de Laflotte se lisaient à la Convention, l'interrogatoire se poursuivait au tribunal révolutionnaire.

L'accusateur public —Danton, vousêtes accusé d'avoir blâmé Henriot dans la journée du 31 mai; de l'avoir accusé de vouloir vous assassiner et d'avoir demandé la tôte de ce patriote qui servait si bien la liberté; et en cela vous étiez d'accord avec Hérault et Lacroix; vous lui faisiez un crime du mouvement qu'il avait fait pour échapper à un acte d'oppression de votre part; comme vous présagiez la perte de Paris.

Danton. — C'est une monstrueuse calomnie dirigée contre moi; je ne fus point l'ennemi de la révolution du 31 mai, ni de pensées, ni d'actions, et je combattis fortement les opinions d'Isnard ; je m'élevai fortement contre lesprésa-

ces; je dis : y a-t-il cinquante membres comme non-, suffirait pour exterminer les conspirateurs.

NTo ?î du Bulletin de tribunal.]

L'accusatrir PUBLIC. — N'ayant pu consommer i projet, vous dissimulâtes votre fureur, vous regardâtes Henriot, et lui dites d'un ton hypocrite : N'aie pas peur, va toujours ton train.

Danton. — lïien longtemps avant l'insurrection, elle avait été prévue par moi, et ne nous sommes . »o1 la

force armée que pour constater que la Convention n'était gomme de nouveau les témoins qui pourraient m'aeewer, comme j'invoque l'an inon de ceux propres à m'absoudre... Je n'ai point demandé rarrestation d'Henriot, et je fus un de ses plus fermes appuis.

(No 25 du Bulletin du tribunal.)

A l'ouverture de la troisième séance, Danton et Lacroix ont renouvelé leurs indécences, et ont demandé, en termes peu respectueux, l'audition de leurs témoins : on \ que leur but était de soulever Pauditoir :iter quel-

que mouvement propreà les sauver.

L'accusateur public, pour arrêter les suites <\orr< sorties scandaleuses, a invité le greffier à faire lecture «lu décret tout récemment rendu par l'Assemblée nationale, q ni mettait bors <l tout ICCU saurait pas respecter le tribunal; il a déclaré bien formellement aux accusé! Lacroix et Danton, qu'il avait 0 promi mdre; conformant aui tiendrait de faire entendre • iropter de fuit

leurs; qu'ils no seraient jugés que sur dos prouves écrites, et n'avaient à se de" fendre que contre oe genre de prouves.

Il a également rendu compte des tentatives faites par Dillon, dans les prisons, pour soulever les détenus contre toutes les autorités constituées, et de sommes répandues dans le public pour sauver les accusés. Les débats ont ensuite été repris.

Après plusieurs interrogatoires adressés aux frères Frey, Danton et Lacroix demandaient à continuer leur défense, lorsque l'accusateur public, conformément au décret qui veut que le jury soit interrogé, s'il est suffisamment éclairé, quand une affaire a duré plus de trois jours, a invité les jurés à faire leur déclaration à cet égard.

Ils ont demandé à se retirer dans leurs chambres pour délibérer.

Alors les accusés et principalement Lacroix et Danton ont crié à l'injustice et à la tyrannie : nous allons être jugés sans être entendus, ont-ils dit. Point de délibération, ont-ils ajouté, nous avons assez vécu pour nous endormir dans le sein de la gloire; que l'on nous conduise à Péchai faud.

Ces sorties indécentes ont déterminé le tribunal à faire retirer les accusés; le jury de retour s'est déclaré suffisamment instruit , les questions ont été posées, et, d'après la question unanime du jury, il est intervenu le jugement suivant :

» D'après la déclaration du jury portant :

» Qu'il a existé une conspiration tendante à rétablir la monarchie, à détruire la représentation nationale et le gouvernement républicain;

» Que Danton est convaincu d'avoir trempé dans cette conspiration.

» Le tribunal, faisant droit surlo réquistoîre de l'accusateur public, condamne le dit Danton à la peine de mort,

conformément à la loi du '<3 ventôse dernier; déclare les biens dudil condamné acquis a la République conformément

à l'article 2 du litre -2 de la loi <lu 10 mata l~

» Ordonne qu'à la diligence de l'accusateur public, le présent jugement sera mis à exécution dans les M beau la place de la Révolution, à Paris, imprimé et afliché dans toute la République. » (Numéro 26 du Bulletin du tribunal révolutionnaire.)

fin

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