‹ Œuvres de Delille (volume 3)Chapitre 31 sur 89 · La Malmaison est près de Marly · texte numérisé non relu

La Malmaison est près de Marly

Moi, dans ma course vagabonde, A son penchant j'abandonne mon onde.

Que, dans de pompeuses prisons, Le marbre des bassins tienne vos eaux captives : Entre des fleurs et des gazons Je laisse errer mes ondes fugitives.

Allez baigner des rois le séjour enchanté ; Moi, j'arrose les lieux où se plaît la beauté. Là , prenant tour-à-tour vingt formes différentes, Mes flots se font un jeu d'exprimer dans leur cours De la charmante Eglé les qualités brillantes, Et savent toujours plaire en l'imitant toujours.

La pureté de ces eaux transparentes.

D'un cœur plus pur encor peint la naïveté ; Le jet brillant de ces eaux bondissantes, De son esprit peint la vivacité.

Voit-on mes flots, au gré de la nature, Suivre négligemment leur covu's?

C'est l'image de ses discours, Qui nous plaisent sans imposture.

J'aime à répéter dans mes eaux L'azur des cieux, les fleurs de mon rivage, Et la verdure des berceaux ; Mais j'aime cent fois mieux réfléchir son image.

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