VERS POUR LA FÊTE DE MADAME DU MOLET
( C'est le dieu du ruisseau qui parle. )
Parmi les jeux que pour vous on apprête, Permettez, belle Eglé, que le dieu du ruisseau, Qui, charmé de baigner votre heureuse retraite. Vous voit rêver souvent au doux bruit de son eau.
Vienne s'unir à cette aimable fête.
C'est à vous que je dois le destin le plus beau : Mes ondes, avant vous, faibles, déshonorées, Sur un limon fangeux se traînaient ignorées ; C'est vous de qui les soins, par des trésors nouveaux.
Ont augmenté les trésors de ma source ; C'est vous qui, dans leur course,
Sans les, gêner, avez guidé mes eaux.
Vous, de Marlyî Naïades orgueilleuses,
Qu'au haut des monts vos eaux ambitieuses S'élèvent avec peine, et fassent gémir l'air
Du bruit affreux de leurs chaînes de fer ;
i„ Madame Lecoulleux du Moley a fait de Delille un porliail piquant , auquel Grimm a donné place dans sa Correspondance , mai 1782. Voir, pour les rapports de cette dame avec l'abbé, les Mémoires secrets, à la date du 23 décenil)rc 1782.