‹ Œuvres de Delille (volume 3)Chapitre 41 sur 89 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Qui m'avait envoyé des vers.

Les Grecs, en courtois chevaliers.

Dans leurs combats, s'il en faut croire Ce qu'ont dit la fable et l'histoire, Changeaient entre eux de boucliers : Ainsi de vers, d'estime et de louange.

Nos Muscs à l'cnvi font un heureux échange.

Me défendre est bien noble, cl vous louer bien dou\ Mais quelle distance entre nous !

Contre la censure rigide, Lorsqu'en rivaux unis nous élevons la voix, ^lon suffrag^e pour vous n'est qu'un faible pavois,

Et votre éloge est mon égide.

De votre jugement je tire vanité :

Oui, puisque je vous plais, je dois blesser l'envie, Et si Virgile est sûr de l'immortalité, Tous deux vous m'assurez quelques instans de vie. Vous êtes mes garans; car, enfin, c'est beaucoup

D'être inspiré par le génie.

Et d'être guidé par le goût.

VERS

A L'AUTEUR DES AMOURS ÉPIQUES i ,

Chantre aimable, sur plus d'un ton, Sous vos habiles doigts votre lyre résonne; Virgile, Homère, et le Tasse, et Milton, De leurs lauriers détachent un feston

Pour composer votre couronne.

Autrefois du brave Memnon,

Fabuleux enfant de l'Aurore,

Le simulacre harmonieux,

Au gré de l'astre radieux

Par qui le monde se colore,

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