V. 697. L'ENEIDE, LIVRE VIL
Do tout ce qu'il saisit chacun se lait des armes, Tyrrliée , en ce moment , loin d'eux et sans alarmes , A l'aide de longs coins enfoncés par son bras , D'un chêne déchiré séparait les éclats:
H écoute , il approche , il apprend son outrage , Et , la hache à la main , vole brûlant de rage. Cependant la déesse , avide de malheurs , Ne perd pas ce moment d'embraser tous les cœurs , S'élance vers l'étable , et sa bouche infernale Enfle d'horribles sons sa trompette fatale. La forêt s'épouvante à ces sons mugissans , Ils ébranlent au loin les bois retentissans ; Le Vélino frémit dans ses sources profondes ; Le Nar au lit de soufre a suspendu ses ondes ; Tout est dans l'épouvante , et de leurs bras tremblans Les mères sur leur sein ont pressé leurs enfans. Soudain du fond des bois , du sommet des collines , Volent à ce signal les peuplades latines ; Tous ont armé leurs bras endurcis aux travaux. Le Troyen ,' à son tour, de ses remparts nouveaux En flots impétueux vole au secours d'Ascagne ; Leurs bataillons serrés ont couvert la campagne. Ce n'est plus une troupe , une attaque sans arts , Où l'on marche sans ordre, où l'on s'arme au hasard De bois durcis au feu et de tiges noueuses : Partout le fer éclate en leurs mains valeureuses ; Partout les javelots , les lances et les traits , D'une horrible moisson hérissent les guérets; Et l'airain , du soleil défiant la lumière , Renvoie au loin l'éclat de sa pompe guerrière : Tel , lorsqu'un premier vent ride et blanchit les flots , L'Océan par degrés enfle en grondant ses eaux ;
1)92 yENEIDOS LIIÎEK Vil. v. 53o.
Erigil, iiitlc iiiio consurgit atl iclhera lundo.
Hic juvenis primam aiite aciein , slritlente sagilla Natorum Tyrrhei fueràt qui maximus , Almo Sternitur : hœsit cnim sub gutturc vulnus , et uclu- Vocis iter tenuemque inclusit sanguine vitani. Corpora niulta virum circa ; seniorque Galaesus , Dum paci médium se offert , justissimus unus Qui fuit , Ausoniisque olim ditissimus arvis : Quinque grèges illi balantum , quina redibant Armenta , et terram centum vertebat aratris.
Atque ea per campos aequo dum marte geruntur, Promissi dea facta potens , ubi sanguine bellum Imbuit , et priniœ commisit funera pugnœ , Deserit Hesperiam , et , cœli conversa per auras , Juuonem victrix affatur voce superba :
« En perfecta tibi bello discordia tristi : Die in arnicitiam coeant , et fœdera jungant ; Quandoquidem Ausonio respersi sanguine Teucros. Hoc etiam bis addam, tua si milii certa voluntas ; Finitimas in bella feram rumoribus urbes , Accendamque animos insani martis aniore , Undique ut auxilio veniant ; spargam arma per agros. » Tum contra Juno : « Terrorum et fraudis abunde est : Stant belli causse ; pugnatur comminus armis ; Qucc fors prima dédit sanguis novus imbuit arma.