‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 110 sur 114 · V. 953. L'ENEIDE, LIVRE Vil. a · texte numérisé non relu

V. 953. L'ENEIDE, LIVRE Vil. a

lous , ils n'ont pas un char, un pavois, une lance :

L'un fait voler le plomb que la fronde balance ;

De deux traits meurtriers d'autres arment leurs mains î

La dépouille d'un loup les coiffe de ses crins;

D'un côté leur pied nu des airs brave l'injure ,

De l'autre un cuir grossier est l'informe chaussure.

Fils du dieu qui commande à l'abîme des mers, Et savant à dompter les coursiers les plus fiers , Messape, qui ne craint ni le fer ni les flammes, Des peuples dont la paix a refroidi les âmes Rallume le courage, aiguillonne les cœurs, Et veut goûter encor le plaisir des vainqueurs. Ceux qui de Flavinie habitent la campagne , Et ceux qui du Soracte ont peuplé la montagne , Falisque, Fescennin , célébrés tant de fois, L'un pour ses chants d'hymen , et l'autre pour ses lois, Et les Ciminiens, dont la troupe aguerrie Quitte à l'envi le mont , le lac de leur patrie , Et ceux qui de Capène habitent les forêts , D'un monarque invincible innombrables sujets , Dans un ordre guerrier alignant leurs phalanges , Marchaient, suivant ses pas et chantant ses louanges , A leurs chants on croirait entendre dans les cieux De cygnes argentés un chœur mélodieux , Qui, revenus le soir de leurs verts pâturages , Et , glissant doucement à travers les nuages, Ont quitté le Caïstre où les roseaux fangeux Qui bordent d'Âsia les flots marécageux, Et du son de leur voix et du bruit de leurs ailes De loin font retentir les rives paternelles. A. leur nombre on croit voir, non des rangs de soldats Sous leurs armes d'airain s'avançant à grands pas ,

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Misceri putet ; aeriam sed gurgite ab alto Urgeri volucrum raucarum ad littora nubern.

Ecce Sabinorum prisco de sanguine magnuin Agmen agens Clausus , magnique ipse agminis instar, Claudia nunc a quo diffunditur et tribus et gens Per Latium , postquam in partem data Roma Sabinis.

Una ingens Amiterna cohors , priscique Quirites, Ereti manus omnis , oliviferœque Mutuscae ; Qui Nomentum urbem , qui rosea rura Velini , Qui Tetricae horrentes rupes , montemque Severum , Casperiamque colunt , Forulosque , et flumen Himellae ; Qui Thybrim Fabarimque bibunt ; quos frigida misit Nursia , et Hortinae classes , populique Latini ; Quosque secans infaustum interluit Allia nomen : Quam multi Libyco volvuntur marmore fluctus , Seevus ubi Orion hibernis conditur undis ; Vel quam sole novo densse torrentur aristae, Aut Henni campo , aut Lyciae flaventibus arvis.

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Mais ces essaims ailés , enfans des eaux profondes , Qui , de la haute mer abandonnant les ondes , S'élancent dans les airs en bruyans tourbillons , Obscurcissent les cieux de leurs noirs bataillons , Et , poussant vers la terre un cri rauque et sauvage , Comme un nuage épais vont s'abattre au rivage.

Voyez le noble auteur d'un nom cher aux Romains , Ce Clausus qui , sorti du vieux sang des Sabins , De leur race guerrière , à vaincre accoutumée , Forme une armée immense , et vaut seul une armée. Depuis que Rome antique en ses jours triomphans Associa son peuple aux droits de ses enfans , Le Tibre voit encor briller du même lustre Et sa tribu nombreuse et sa famille illustre : Sous lui marche Amiterne et ses nombreux essaims , Les Cures d'où naîtront les Quirites romains , Erétum , Mutusca dont le peuple héroïque Quitte pour le laurier son arbre pacifique , . Ceux dont le Vélino baigne les champs heureux , Ceux qui de Tétrica peuplent les rocs affreux , Ceux qui bordent l'Himelle , ou qu'éleva Nomente , Que nourrit Caspérie , ou que Forule enfante , Ceux qui boivent le Tibre et le clair Fabaris , Et des froids Nursiens les soldats aguerris , Les bataillons d'Horta , les bandes valeureuses Qu'enfermaient des Latins les cités populeuses , Et ceux que de ses flots , fameux par nos destins , Sépare l'Allia , nom fatal aux Romains.

Leur nombre égale aux yeux les vagues que soulève L'orageux Orion quand sa course s'achève , Les épis lyciens du soleil colorés , Et ceux que voit mûrir l'Hermus aux flots dorés:

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Sciita sonant, pulsuque peduni eonterrita tell us.

Hinc Agamemnonius , Trojani nominis hostis, Curru jungit Halesus equos, Turnoque féroces Mille rapit populos : vertunt ielicia Baccho Massica qui rastris , et quos de collibus altis Aurunci misère patres , Sidicinaque juxta vEquora, quique Cales linquunt, amnisque vadosi Accola Vulturni, pariterque Saticulus asper, Oscorumque manus. Teretessunt aclydes illis Tela , sed hsec lento mes est aptare flagello ; Lsevas caetra tegit; falcati comminus enses.

Nec tu carminibus nostris indictus abibis , OEbale , quem générasse Telon Sebethide nymplia Fertur, Teleboum Capreas quum régna teneret Jam senior ; patriis sed non et filius arvis Contentus , late jam tum ditione premebat Sarrastes populos , et quœ rigat eequora Sarnus , Quique Rufras , Batulumque tenent, atque arva Gelennse, Et quos maliferae despectant mœnia Abellae : Teutonico ritu soliti torquere cateias ; Tegmina queis capituni raptus de suberé cortex ;

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Leurs pas , leurs boucliers relenlissenl ensemble; L'air au loin en IVéuiit, eL la campagne Ireuiblc.

Puis vole sur son char un fils d'Agamcuinon , Halésus , qui de Troie abhorre encor le nom. Sur ses pas ont couru cent peuples redoutables , Ceux dont Massicpie emplit les coupes délectables , Massique à qui Bacchus prodigue ses bienfaits , L'Auronce descendu de ses rudes sommets , Le Sidicin des mers bordant l'iiumide plage , Ceux qu'envoya Cales, ceux que sur son rivage Rassemble le Vulturne aux courans sablonneux , Et l'âpre Saticule , et les (3sques nombreux , Dont le long fouet , sifflant dans leur main intrépide , De loin à l'ennemi lance un trait plus rapide ; Leur bras d'un cuir durci se fait un bouclier, Leur glaive offre de près son croissant meurtrier.

Toi-même , illustre chef d'une ligue fatale, Toi-même dans mes vers tu revivras , OEbalc, OEbale qu'ont produit, pour l'honneur de leur nom, La nymphe Sébéthis et le vieux roi Télon , Quand des Téléboëns la colonie obscure Dans Caprée enfermait sa puissance future : Mais au fds du héros ce roc ne suffit pas ; Bientôt il réunit à ses naissans états Les Sarrastes , les bords où le Sarne circule , Les peuples de Rufras, les enfans de Batule , Les tribus de Célène, et les plants fructueux Dont Abelle a couvert son terrain montueux. Aussi bien que leurs lois ces peuples ont leurs armes , Et leurs bras font voler au milieu des alarmes Ces pesans javelots lancés par les Teutons; La dépouille du liège enveloppe leurs fronts,

312 yENEIDOS LIBER VII. v. 742.

yErataeque micant peltae , raicat sereus ensis.

Et te montosae misère in prselia Nersse , Ufens , insignem fama et feîicibus armis ; Horrida praecipue cui gens , assuetaque multo Venatu nemorura , duris jï^quicula glebis ; Armati terram exercent , semperque récentes Convectare juvat prœdas , et vivere rapto.

Quin et Marrubia venit de gente sacerdos, Fronde super galeam et felici comptus oliva , Archippi régis missu, fortissimus Umbro : Vipereo generi et graviter spirantibus hydris Spargere qui somnos cantuque manuque solebat , Mulcebatque iras , et morsus arte levabat. Sed non Dardaniœ medicari cuspidis ictum Evaluit ; neque eum juvere in vulnera cantus Somniferi , et Marsis quœsitse montibus herbae. Te nemus Anguitiee , vitrea te Fucinus unda , Te liquidi flevere lacus.

Ibat et Hippolyti proies pulcherrima bello Yirbius ; insignem quem mater Aricia misit , Eductum Egerise lucis , humentia circum Littora , pinguis ubi et placabilis ara Dianae. Namque ferunt fama Hippolytum , postquam artc novercac Occident , patriasque explerit sanguine pœnas

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