‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 111 sur 114 · V. 1049. L'ENÉIDE, LIVRE VII. 31S · texte numérisé non relu

V. 1049. L'ENÉIDE, LIVRE VII. 31S

L'airain charge leurs bras d'une brillante armure , Et des glaives d'airain pendent a leur ceinture.

Et toi , dont la victoire illustra les drapeaux , Brave Ufens , de Nersa tu quittas les coteaux ; A tes lois obéit le sauvage Equicole , Chasseur infatigable et soigneux agricole , Hardi déprédateur et soldat indompté ; Le soc est dans sa main , le glaive à son côté : Au sortir de ses champs il revole au pillage , Et sa vie inquiète est un long brigandage.

Religieux au temple et terrible aux combats, Dans les champs du carnage Umbro porte ses pas ; Lui qui , pontife auguste et guerrier invincible , Au casque belliqueux joint l'olivier paisible : Citoyen de Marrube , Archippe était son roi , L'hydre , le fier dragon reconnaissent sa loi : . Il sait par ses doux chants conjurer leurs morsures, Assoupir leur colère , et guérir leurs blessures ; Mais ses magiques sons , ses sucs assoupissans , Contre le fer troyen resteront impuissans. Ah ! malheureux quel deuil va couvrir ta patrie ! Le Fucinus limpide , et la sombre Angitie , Les lacs aux flots glacés , et les monts, et les champs Pleurent encor ta perte , et regrettent tes chants.

Comme lui, brave chef d'une brillante élite , Marche aussi Virbius , digne fils d'Hippoly te , Que des bois d'Égérie et de ce riche autel Où l'objet assidu d'un culte solennel, La sœur du dieu du jour pour prix de leurs offrandes , De ses adorateurs exauce les demandes , Aricie , envoya dans les champs de l'honneur. Victime, nous dit-on, d'un discours suborneur,

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Turbatis distractus equis, ad sidéra rursus

/Etheria et superas cœli venisse sub auras ,

Pseoniis revocatum herbis et amore Dianae.

Tum pater omnipotens, aliquem indignatus ab iimbris

Mortalem infernis ad lumina surgere vitœ ,

Ipse repertorem medicinse talis et artis

Fulmine Phœbigenam Stygias detrusit ad undas.

At Trivia Hippolytum secretis aima recondit

Sedibus, et nymphae Egeriae nemorique relegat ;

Solus ubi in silvis Italis ignobilis aevum

Exigeret , versoque ubi nomine Virbius esset.

Unde etiam templo Triviae lucisque sacratis

Cornipedes arcentur equi , quod littore curruni

Et juvenem monstris pavidi effudere marinis.

Filius ardentes haud secius aequore campi

Exercebat equos, curruque in bella ruebat.

Ipse inter primos praestanti corpore Turnus Vertitur , arma tenens , et tolo verlice supra est. Cui triplici erinita juba galea alla Chimaeram Sustinet , iEtnaeos efflantem faucibus ignés :

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Hippdiyte périt en proie à la colère ,

D'une injuste marâtre et d'un crédule père ;

Et , ministres fougueux de leurs cruels transports ,

Ses chevaux effrénés déchirèrent son corps.

En faveur de Diane et des pleurs d'Aricie ,

L'art puissant de Péon le rendit à la vie.

Jupiter, indigné que cet art criminel

Osât aux lois du sort arracher un mortel ,

En plongea l'inventeur dans ce même Cocyte

Dont le fils d'Apollon affranchit Hippolyte ;

Mais Diane cacha l'objet de tant de pleurs

Dans les plus noirs abris de ses bois protecteurs ,

Et la nymphe Egérie en fut dépositaire.

C'est là que , loin du monde , inconnu , solitaire ,

Le héros coule en paix ses jours mystérieux ;

Mais , pour tromper l'oreille aussi bien que les yeux ,

Appelé Virbius par la belle Egérie ,

Il prit un autre nom avec une autre vie.

Les coursiers cependant sont bannis de ces bois :

Diane se souvient qu'un dragon , autrefois,

Excita leur frayeur à déchirer leur maître.

Nourri comme son père en ce réduit champêtre ,

Le nouvel Hippolyte y vécut sans témoins :

Mal instruit par l'exemple , il n'en aime pas moins

Ces fougueux animaux ; et , désireux de gloire ,

Son char rase les champs et vole à la victoire.

Turnus, plus beau, plus fier, et plus impétueux, Lève au-dessus d'eux tous un front majestueux : A l'effroi qu'il répand son casque ajoute encore , Tel que l'Etna lançant le feu qui le dévore , Sur son cimier, où flotte un panache à trois rangs , La Chimère vomit ses tourbillons brùlans ;

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Tarn magis illa fremens et tristibus efïera flamtnis, Quam magis effuso crudescunt sanguine pugnae,

A.t lèvera clypeum sublatis cornibus lo Auro insignibat, jam saetis obsita , jani bos , Argumentum ingens , et custos virginis Argus , Caelataque amnem fundens pater Inachus urna. Insequitur nimbus peditum , clypeataque totis Agmina densentur campis , Argivaque pubes , Auruncaeque manus , Rutuli , veteresque Sicani , Et Sacranae acies , et picti scuta Labici ; Qui saltus , Tiberine , tuos , sacrumque Numici Littus arant , Rutulosque exercent vomere colles , Circaeumque jugum ; queis Jupiter Anxurus arvis Praesidet , et viridi gaudens Feronia luco ; Qua Saturœ jacet atra palus , gelidusque per imas Quaerit iter valles atque in mare conditur Ufens.

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Et , plus dans le combat s'échauffe le carnage ,

iPlus s'irritent du monstre et les feux et la rage.

Sur l'orbe éblouissant de son bouclier d'or

L'art présente un tableau plus magnifique encor ;

C'est la trop belle lo transformée en génisse :

Ses poils , son front croissant commencent son supplice.

Du courroux de Junon rigoureux instrument,

Argus de ses cent yeux la veille incessamment ;

luachus l'aperçoit , et d'un air taciturne

Ce père joint ses pleurs aux ondes de son urne.

Turnus avec orgueil voit l'auteur de son sang ;

Impatient , il part , vole de rang en rang :

Des plaines , des vallons , du sommet des montagnes ,

Ses alliés en foule inondent les campagnes ;

Les fils de Serranus , les vieux Sicaniens ,

Les Auronces fougueux , les jeunes Argiens,

Et les Sacraniens dévoués à Cybèle ,

Le Labique peignant son armure fidèle ,

Ceux qui du Numicus peuplent les bords sacrés ,

Ceux par qui de Circé les monts sont labourés ;

Et les tributs d'Anxur, où se montre à la terre

Sous les traits d'un enfant le maître du tonnerre ;

Et les bergers voisins du fleuve dont les eaux

De la superbe Rome abreuvent les troupeaux ,

Et le Rutule actif dont le soc se promène

Sur les coteaux ingrats qui forment son domaine ,

Ceux qui de Satura bordent les noirs marais ,

Ceux à qui Féronie en ses vertes forêts

Offre l'abri sacré de leurs rians ombrages ,

Enfin les habitans de ces frais paysages

Où des humbles vallons l'Ufens suit les détours

Et dans les vastes mers va terminer son cours.

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Hos super advenit Volsca de gente Camilla , Agnien agens equitum , et florentes aère catervas , Bellatrix : non illa colo calathisve Minervae Femineas assueta maniis ; sed praelia virgo Dura pati , cursuque pedum prœvertere ventes. Illa vel intactœ segetis per sumnia volaret ^ Gramina , nec teneras cursu lœsisset aristas : Vel mare per médium, fluctu suspensa tumenti,

Ferret iter, celeres nec tingeret œquore plantas. Illam omnis tectis agrisque effusa juventus Turbaquc miratur matrum , et prospectât euntem , Attonitis inhians animis ; ut regius ostro Velet honos levés humeros ; ut fibula crinem Auro inter nectat ; Lyciam ut gerat ipsa pharetram , Et pastoralem preefixa cuspide myrtum.

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