V. 1^7. L'ENElDi:, LIVRE IV
Je connais vos soupçons : Carthage et, ses remparts De leur gloire naissante offusquent vos regards. Mais pourquoi prolonger ces discordes cruelles ? Ah ! plutôt terminons nos haines mutuelles; Oublions nos débats ; qu'au gré de vos souhaits Les liens de l'amour soient les nœuds de la paix. Vous voyez ; tout est prêt pour ce grand hyménée ; Didon de tous vos feux brûle pour votre Enée : Vos vœux sont accomplis. Par le nœud des sermens, Par le nœud conjugal unissons ces amans ; Que leurs peuples amis , sous nos communs auspices , Deviennent nos sujets , et nous leurs protectrices ; Que dans l'heureux oubli de nos dépits jaloux , Leur pacifique encens se partage entre nous. Permettez qu'un hymen où Didon même aspire , Fasse d'un Phrygien le maître de l'empire , Que le Troyen s'unisse aux enfans de Sidon : Je les donne pour dot à l'époux de Didon. »
Ainsi Junon voulait sur la rive africaine Arrêter les destins de la grandeur romaine. Vénus s'en aperçoit : « A vos vœux je souscris , Dit-elle ; mais un doute agite mes esprits ; Jupiter consent-il qu'oubliant l'Italie , Le Troyen dans Carthage au Tyrien s'allie? C'est à vous de gagner le cœur de votre époux ; S'il y consent , Vénus est d'accord avec vous. — A mon but , dit ,Tunon , je saurai le conduire. Mais il est un projet dont je dois vous instruire. Demain, dès que l'Aurore allumera le jour, Nos amans vont chasser dans les bois d'alentour ; Là , tandis qu'à la hâte on déploîra les toiles , Dans les cieux, à ma voix, la nuit tendra ses voiles;
H ^!:NEID0S LIBEK IV.
Venatuin ^Eneas unaque niiserrima Dido In neinus ire parant , ubi primos crastinus ortns Extulerit Titan, radiisque retexerit orbeni. His ego nigrantem commixta grandine ninibum , Dum trépidant alae , saltusque indagine cingunt , Desuper infundam, et tonitru cœlum orane ciebo. Diffugient comités, et nocte tegentur opaca : Speluncam Dido dux et Trojanus eamdem Devenient. Adero; et, tua si mihi certa voluntas, Connubio jungani stabili , propriamque dicabo ^^. Hic Hyraenaeus erit. » Non adversata petenti Annuit , atque dolis risit Cytherea repertis.
Oceanum interea surgens Aurora relinquit ^^. It portis jubare exorto délecta juventus : Retia rara , plagae , lato venabula ferro , Massylique ruunt équités , et odora canum vis. Reginam thalamo cunctantem ad limina primi Pœnorum exspectant ; ostroque insignis et auro Stat sonipes , ac frena ferox spumantia mandit ^".
Tandem progreditur, magna stipante caterva , Sidoniam picto chlamydem circuradata limbo ; Cui pharetra ex auro , crines nodantur in aurum , Aurea purpuream subnectit fibula vestem.
Nec non et Phrygii comités , et laetus lulus ,