‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 78 sur 114 · V. «007. L'i:>JEll)K, IJVIU: VI · texte numérisé non relu

V. «007. L'i:>JEll)K, IJVIU: VI

Et du rayon divin purifié les flammes , lin dieu vers le Léthé conduit toutes ces âmes : Elles boivent son onde , et l'oubli de leurs mauv Les engage à rentrer dans des liens nouveaux. »

Il dit ; et , devançant Enée et la prêtresse , De ce peuple bruyant il a fendu la presse ; De là gagne un coteau d'où ses yeu\ satisfaits De ses neveux futurs distinguent tous les traits. « Tu vois , dit le vieillard , dans ces ombres légères Les béros renommés dont nous serons les pères , Ces princes que les chefs du peuple ausonien Se plairont à former de leur sang et du mien. Le premier que le sort appelle à la naissance , C'est ce jeune guerrier appuyé sur sa lance, Doux fruit de tes vieux ans , roi , père et fils de rois ; Enfant de Lavinie , il naîtra dans les bois ; Il leur devra son nom , et sa race aguerrie Long-temps dominera dans Albe sa patrie. Après lui vois Procas prendre son noble essor, Le généreux Capys devancer Numitor.

Nul ne démentira sa noble destinée Parmi tes descendans je vois un autre Enée : Vaillant comme son père , et comme lui pieux , Il aimera la gloire, il servira les dieux ; Mais, hélas ! repoussé par les destins contraires, Il montera trop tard au trône de ses pères. Admire la valeur de ces jeunes guerriers : Leur front paisible encor n'est pas ceint de lauriers ; Mais d'un feston plus doux le chêne les couronne. Ils partent , de ses tours Nomente s'environne ; Ils forment vingt cités pour vingt peuples heureux , Et Gabie , et Fidène , et ce séjour fameux

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( Laude pudicitiœ célèbres , addenfque superbos ) , Pometios , castrumque Inui , Bolamque , Coramque : Haec tum nomina erunt, nunc sunt sine nomine terra;. Quin et avo comitem sese Mavortius addet Romulus , Assaraci quem sauguinis Ilia mater Educet. Yiden' ut geminaî stant vertice cristœ. Et Pater ipse suo superum jam signât honore? Enhujus, nate, auspiciis illa inclyta lloma Imperium terris, animos sequabit Olynipo, Septemque una sibi muro circumdabit arces , Félix proie virum ; qualis Berecyntia mater Invehitur curru Phrygias turrita per urbes , Laeta deum partu , centum complexa nepotes , Omnes cœlicolas , omnes supera alla tenenles.

» Hue geminas nunc flecte acies : banc adspice gentcni , Romanesque tuos. Hic Cœsar, et omnis luli Progenies, magnum cœli ventura sub axem. Hic vir, hic est , tibi quem promitti sœpius audis, Augustus Caesar, divi genus ; aurea condct Sa^cula qui rursus Latio , regnata per arva Salurno quondam ; super et Garamantas et Tndos

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Où de la chasteté brillera le modèle :

D'autres, pour augmenter leur puissance nouvelle.

Bâtiront Pométie et les remparts d'Inus ;

Lieux célèbres un jour, maintenant inconnus.

Voyez-vous ce guerrier, l'honneur de l'Italie ,

Ce demi-dieu mortel , qui dans le sein d'Ilie ,

Pour venger son aïeul relevé par son bras ,

Naîtra du sang de Troie et du dieu des combats?

Remarquez sur son front ces aigrettes flottantes,

De la faveur du ciel ces marques éclatantes ,

Cet aspect vénérable et cet air de grandeur

Où Jupiter lui-même imprime sa splendeur ?

C'est Romulus : c'est lui par qui Rome immortelle ,

Du haut de ses sept monts rassemblés autour d'elle ,

Portera notre gloire à nos derniers neveux ,

Son sceptre au bout du monde, et son nom jusqu'aux cieux;

Rome , reine des rois , Rome , en héros féconde ,

La terreur, la maîtresse et l'exemple du monde :

Telle, aux jours glorieux de ses solennités,

Fière , et s'environnant de cent divinités ,

Sur son char triomphant , la féconde Cybèle

Contemple avec orgueil des races la plus belle.

Et dans ses petits-fils embrasse autant de dieux ,

Tous buvant le nectar, tous habitans des cieux.

» Tourne les yeux : ce peuple où tes destins prétendent , Ces fiers Romains, regarde, ils sont là qui t'attendent. Voilà César, voilà ces héros triomphans , Du noble sang d'Iule innombrables enfans. Mais celui que le ciel promit par cent oracles , Pour qui seront les dieux prodigues de miracles , Le second des Césars , le premier des humains , C'est A-uguste : c'est lui dont les puissantes mains 3- ,5

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Profcrct imperium : jacet extra sidéra tellus , Extra anni solisque vias , ubi cœlifer Atlas Axem humero torquet stellis ardentibus aptum. Hujus in adventum jam nunc et Caspia régna Hesponsis horrent divum , et Maeotia tellus , Et septemgemini turbant trépida ostia Nili. Nec vero Âlcides tantum telluris obivit , Fixerit aeripedem cervam licet , aut Erymanthi Pacarit nemora , et Lernam tremefecerit areu : Nec , qui pampineis victor juga flectit habenis , Liber, agens celso Nysge de vertice tigres. Et dubitamus adhuc virtutem extendere factis?

Aut metus Ausonia prohibet consistere terra? Quis procul ille autem ramis insignis olivae , Sacra ferens ? nosco crines incanaque menla Régis romani , primus qui legibus urbem Fundabit , Curibus parvis et paupere terra Missus in imperium magnum : cui deinde subibit Otia qui runipet patriœ residesque movebit

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lleiulront .m Latium , heureux par son génie , Ce brillant âge d'or de l'antique A.usonie ; Et le noir Garamante , et l'Africain brûlant , Et l'Atlas qui soutient le ciel étincelant, Les lieux où le jour meurt, où l'aurore commence , Ajoutent leur empire à son empire immense ; Et son char, loin du cercle où Phœbus fait son tour, Atteindra des climats que n'atteint pas le jour. Déjà , de l'avenir perçant la nuit profonde , Les oracles sacrés le promettent au monde ; Déjà les froides mers des peuples caspiens , Et les vastes marais des champs méotiens , Et le Nil aux sept bras dont l'Egypte se vante , Au bruit de ce grand nom frémissent d'épouvante. Non , Hercule , vainqueur de ses fameux rivaux , Dont la terre vengée admira les travaux ; Hercule triomphant du monstre d'Érymanthe , Qui de Lerne à ses pieds foula l'hydre écumante , Dont la flèche atteignit la biche aux pieds d'airain ; Non , le dieu de Nysa , qui sut plier au frein Des tigres asservis à ses mains souveraines ; Qui, de festons de pampre entrelaçant leurs rênes, Jusqu'aux portes du jour a fait voler son char, N'ont point vu tant de lieux qu'en a conquis César. Le monde nous attend , et ton grand cœur balance î Et l'Ausoaie encor n'est pas sous ta puissance! Mais quel noble vieillard paraît dans le lointain , L'olivier sur le front, l'encensoir à la main'.' A cette barbe blanche, à ce maintien auguste, Je reconnais Numa , prêtre saint et roi juste , Qui, créateur du culte et fondateur des lois, Passa d'un toit obscur dans le palais des rois.

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Tullus in arma viros , et jam desueta triumpliis Agmina : quem juxta sequitur jactanlior Ancus , Nunc quoque jam nimium gaudens popularibus auris. Vis et Tarquiïiios reges , animamque superbam Ultoris Bruti, fascesque videre receptos? Consulis imperium hic primiis saîvasque secures Accipiet ; natosque pater, novo bella moventes, Ad pœnam pulchra pro libertate vocabit.

Infelix ! utcumque ferent ea facta minores , Vincet amor patrise, laudumque immensa cupido. Quin Decios , Drusosque procul , saevumque securi Adspice Torquatmn, et referentem signa Camillum.

lUte autem , paribus quas fulgere cernis in armis , Concordes animée nunc , et dum nocte prementur, Heu ! quantum inter se bellum , si limina vitœ Attigerinl , quantas acies stragemque ciebunt , Aggeribus socer Alpinis atque arce Monœci Descendens , gêner adversis instructus Eois !

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