P\GK 154, VERS 2Ç
Là cette jeune plante, en vase disposée. Dans sa coupe élégante accueille la rosée.
Les liserons, les campanules, etc.
"> PAGE l54 , VERS 3i.
Dans sou palais natal , brillant de pourpre et d'or. L'autre d'un doux nectar enferme le trésor.
\] antirrhinum ou tnufjlc de lion.
*' PAGE l55 , VERS 3.
L'une s'enorgueillit de sa robe pompeuse ; De ses ricbes atours une autre dédaigneuse...
Les Heurs à pétales ou sans corolles.
'^ PAGE l55, \ERS 7.
L'une, telle en tout temps que la fit naître Flore , Garde fidèlement l'émail qui la colore.
Certaines fleurs , dont le calice est à la fois écailleux et coloré , ne perdent point leur éclat en séchant, ce cjui les a fait nommer imtnortflles ^ ce sont \es gnnjjhaliiim , les xctaiithcinuni , certaines conyza , etc.
'■' PAGE l55, VERS g.
Véritable Protée entre toutes les fleurs ,
Une autre aime à cbanger de robe et de couleurs.
C.'csl V/iortc/iita , ainsi appelée par le botaniste C^ommerson eu l'honneur d'Hortense le Pautc. Cette helle plante, ((ui fait Porncment de nos parterres, est originaire de la Chine et du Japon. Les
nuances de vert , de blanc et de rose lilas par lesquelles son calice passe successivement , l'ont fait nommer hortensia mutahilis.
•4 PAGE l55, VERS i3.
Comparez cette mousse et cet arbuste nain A cet énorme enfant du rivage africain...
C'est le baobab {adansonia) , celui de tous les arbres connus qui devient le plus gros. Son tronc acquiert trente piedsde diamètre et sa tète plus de cent; mais il ne s'élève pas à proportion. D'après les observations faites au Sénégal par le botaniste Adanson , il paraît quece végétal n'acquiert ces énormes dimensions qu'après plus de vingt siècles. Son fruit est appelé dans le pays pain de singe ; il a une pulpe aigrelette assez agréable à manger ; on en prépare une boisson rafraîchissante ; quand il est gâté , les nègres le brûlent, et font avec ses cendres et de l'huile de palmier un excellent savon. Toutes les parties du baobab abondent en mucilage ; ses feuilles séchées à l'ombre et réduites en une poudre appelée lalo servent d'aliment aux nègres.
'' PAGE l55, VERS 14.
Ou même à ce figuier, dont les vastes branchages , Qui jadis dans les cieux buvaient l'eau des nuages , S'affaissant sous leur poids et descendant des airs , S'en vont cherclier des sucs jusque auprès des enfers.
Ce figuier dont parle ici le poète est le figuierdes Pagodes [ficus religiosa). Cet arbre, l'un des plus curieux des Indes-Orientales, a ses branches pendantes; quand elles sont arrivées jusqu'à terre, elles y prennent racine, et, donnant des troncs nouveaux, finissent par former une énorme voûte de verdure soutenue sur autant de piliers fixés dans le sol. Cet arbre est sacré dans ces contrées.
'^ PAGE l56, VERS 3i.
Comment à ses côtés deux feuilles protectrices, De l'arbrisseau naissant défendant les prémices , Allaitent d'un doux suc le jeune nourrisson.
Il s'agit des cotylédones , ou de ces deux lobes qui forment ordinairement la plus grande partie de la semence, et entre lesquels est placé le germe ; leur objet est en effet de lui fournir sa première
DU CHANT YI. '^^-^
nourriture, pendant que sa racine n'est pas encore assez clévelop pée pour aller la puiser dans la terre.
ï" PAGE l57, VERS 5.
Chacune suit son sort ; des sucs (ju'il lui destine , L'une à son sol natal demande le trésor, L'autre déjà dans l'air médite son essor.
Lorsqu'on place une graine dans la terre, de manière que, quand elle germera, la racine soit dirigée vers le haut, et la petite plante vers le bas , ces deux parties se recourbent pour prendre leur destination accoutumée.
'*' PAGE l57, VERS 3i.
Le fruit eut ses Herschell, et la fleur ses Portai.
Herschell (William), célèbre astronome, né dans le Hanovre en 1738, mort en 1822 , a découvert plus de mondes qu'on n'en connaissait avant lui.
Portai (le baron) , professeur d'anatomie humaine au Muséum d'Histoire naturelle et au Collège de France, né en 1742, mort en i832.
•9 PAGE l58, VERS I.
Linné surtout, Linné dévoila ces mystères.
Leurs haines, leurs amours, leurs divers caractères.
Leurs tubes infinis, leurs ressorts déhcats.
Charles Linnœus, le plus célèbre botaniste du dix-huitième siècle, et celui de tous les naturalistes qui a exercé sur la science l'influence la plus universelle, né à Roeshult, village de Smolande en Suède, en 1704? mort en 1778.
20 PAGE l58, VERS 26.
Mais dans ce beau jardin, dont l'enceiute féconde , Accorde une patrie à tous les plants du monde...
Le Muséum d'histoire naturelle de Paris est le plus vaste établissement qui ail jamais été consacré à la science de la nature ; û peut y avoir ailleurs des collections plus complètes pour certaines parties , mais il n'en est aucune qui présente le même ensemble.
Un jardin de plus de cinquante arpens, des serres nombreuses
et vastes offrent plus de six mille espèces de plantes en végétation; des terrains particuliers sont réservés aux plantes utiles et aux arbres fruitiers ou forestiers; une ménagerie, placée à côté du jardin, nourrit continuellement un certain nombre d'animaux vivans. Des éléphans, des chameaux, des zèbres, des couaggas, des lamas, des kanguroos, des phascolomes, des gnous, des gazelles, des lions, des tigres, toutes les sortes de panthères, de singes, etc., s'y succèdent ; et , après avoir été observés pendant leur vie par les naturalistes, relativement à leurs habitudes, fournissent, après leur mort, aux anatoniistes , des observations non moins précieuses, relativement à leur organisation.
Les cabinets présentent, dans le plus bel ordre, toutes les productions de la nature qu'il est possible de conserver. La collection des quadrupèdes surpasse infiniment toutes celles du même genre qui existent ; les autres classes sont extrêmement riches aussi ; les herbiers contiennent vingt mille espèces de plantes.
Ce jardin date ses faibles comniencemensdu règne de Louis XIII, en i635. L'administration de Buffon lui donna le plus grand essor; mais des circonstances favorables l'ont plus que doublé dans toutes ses parties depuis la mort de cet homme célèbre.
^' PAGE l58, VERS 28.
Desfontaine embellit le trône des saisons.
Desfontaines (René Louiche , de l'Académie des Sciences, né à Tremblay en l'jl^'i., remplit depuis 1-86 la chaire de botanique et de physique végétale au 3Iuséum d'Histoire naturelle.
'^ PAGE iSg, VER.S 4-
Au lieu même où Jussieu Est présc;it par sa gloire, et vit dans son neveu.
Antoine-Laurent de Jussieu, de l'Académie des Sciences, professeur de botanique rurale au Muséum d'Histoire naturelle, né à Lyon en 174^5 est auteur des Familles naturelles des plantes , ouvrage classifiue dont il reconnaît devoir les premières idées à son oncle Bernard de Jussieu , dont parle ici Delille.
Depuis quelques années M. Adrien de Jussieu remplace, comme professeur titulaire, son père, qui a conservé le titre de professeur honoraiic.
Dli CHAIST M. 21)7
Viens; dans cet Élyséo , autrefois sou doinaiuc, L'ombre du graud Buffou atteud déjà la tienne.
Georges-Louis Lecicrc, comte de Buffou, membre de l'Académie française, né à Montbard en 1707, mort à Paris en 1788.
Du Fay, son ami, intendant du Jardin du Roi, le demanda pour son successeur en 1 739. Dès ce moment, Buffon, aidé de Daubenton , de Guéneau de Montbéliard et de Bexon , n'a cessé de ti'availler avec ardeur au grand édifice de VHistoirc naturelle qui a immortalisé son nom. En même temps il donna ses soins à l'augmentation du cabinet et à l'agrandissement du local ; s'occupa de rembellissement du jardin, dont il doubla l'étendue; acquit d'immenses collections, s'entoura d'hommes habiles, tels que les Jussieu, les Daubenton , les Lemonnier, les Thouin, les Rouelle, les Macquer, les Winslow, les Antoine Petit, les Vicq-d'Azyr, les Fourcroy, les Lacépède, les Portai, les Desfontaines. L'enseignement acquit alors un nouveau degré d'activité , et le Jardin du Roi fut cité ajuste titre comme l'un des plus beaux établissemens qui aient jamais été formés pour l'avancement des sciences.
'' PAGE l5(J, VERS 28.
Enfin , tous à leur choix discutaient ces problèmes ;
Et le vrai se perdait dans la nuit des systèmes ,
Un œuf le renfermait '
n La génération des êtres organisés sera toujours, dit M. Cuvit-r, le mystère le plus incompréhensible de la physique; mais on ne peut disconvenir que, de tous les systèmes imaginés pour l'expliquer, celui de la préexistence des germes ne soit le plus tranquillisant pour l'imagination. II ne fait que reculer la difficulté; mais il la rejîorte si loin, ({u'elle semble disparaître. "
^' PAGE l6l, \ERS 20.
Comme des os uaissans les lames s'épaississent. Ainsi des jeunes bois les couches se durcissent.
L'auteur expose ici le syslèmc de Duhamel , siu laccroisscmen*; des os.
La tremelle à son gré mouvant ses doigts subtils , Etend, roule, déroule, et promène ses fils.
La tremelle d'Adanson !^V oscillatoire de Vaucher) est un petit corps de nature douteuse, composé de filamens verts, réunis en groupes au fond des eaux, et manifeste des raouvemens qui ont tout l'air d'élre spontanés.
Voyez cet arbrisseau si funeste à la mouche : Que , d'un vol étourdi , l'insecte ailé le touche , Son sein armé de dards se referme soudain , Et perce l'imprudent qui se débat en vain.
C'est la dioné attrape-mouche i dionœa miiscipula de Linné), plante curieuse par son irritabilité. On la trouve dans l'Amérique Septentrionale, principalement dans les marais de la Caroline. Dès qu'une mouche ou un autre insecte vient se placer sur une de ses feuilles, les deux panneaux ([ui les composent se rapprochent rapidement, les cils épais et visqueux dont ils sont bordés s'entrecroisent fortement avec ceux du côté opposé, et l'insecte se trouve pendant quelques instans enfermé comme dans une sorte de prison. On remarque un phénomène à peu près semblable dans les feuilles des diverses espèces de rossolis.
'8 PAGE i63 , VERS y.
Enterrez dans un sens contraire à la nature Cette graine où déjà vit une plante obscure.
Voyez la note i-j.
Placez dans un cachot cette fleur prisonnière , Et son disque bientôt, amant de la lumière. Se retourne et la clierche à travers les barreaux.
Toutes les plantes, quand elles sont enfermées dans un lieu peu éclairé, dirigent leurs branches et leurs feuilles vers les ouvertures par où le jour pénètre.
5o PAGE 164 , VERS 30.
Dans l'abri reculé de leurs fraîches demeures.
Du coucher, du lever, méconnaissant les heures , Par les feux dont l'absence ou l'éclat l'a frappé De la crédule fleur le calice est trompé...
On peut faire ouvrir et fermer les fleurs par un jour et par une nuit artificiels et à des heures toutes différentes de celles de leur lever ou de leur coucher; mais il faut un certain temps pour leur faire prendre ces nouvelles habitudes.
^' PAGE l65, VERS II.
Et partout retentit cet étonnant discours :
« La plante a son hymen , la plante à ses amours. »
Vaillant ( Sébastien ) , de l'Académie des .Sciences , démonstrateur de botanique au Jardin du Roi, né en 1669 , mort en 1722 , a le premier prouvé la nécessité du concours des deux sexes dans les végétaux. Les anciens savaient à la vérité que le palmier femelle avait besoin de la poussière du palmier mâle pour être fécondé, mais ils n'avaient pas étendu cette découverte aux autres plantes. Le docteur Trante, naturaliste du siècle dernier, a reproduit le système de Vaillant sur les sexes et l'hymen des fleurs, dans un petit poème latin intitulé Connuhia flonun , dont Deiille s'est inspiré pour la description qui va suivre de la fécondation des plantes, et pour l'épisode de Colomb qui termine ce sixième chant.
Je t'en prends à témoin , 6 toi , plante fameuse Que le Rhône soutient sur son onde écumeuse !
La plante dont le poète décrit ici la fécondation avec une exactitude à laquelle on ne saurait rien ajouter, est la vallisnérie [val- Usneria spiralis de Linné), plante aquatique el dioïque , assez commune dans les rivières de l'Europe méridionale, où ses feuilles forment quelquefois des amas si considérables, qu'elles nuisent au trajet des bateaux. A.-L. de Jussieu a décrit la merveilleuse fécondation de la vallisnérie avec la plus élégante latinité, et Castel en a reproduit la description en beaux vers français dans son poème sur les Plantes.
Les insectes nourris .sur le figuier sauvage.
Du figuier domestique approchant le feuillage , Faisaient pleuvoir sur lui ces globules féconds Dont leur trompe en volant avait saisi les dons.
C'csl ce f[u'on appelle caprification ; les figues ne mûrissent qu'autant qu'elles ont été pénétrées par un petit insecte.
3* PAGE l6g, VERS 24-
Eufiu des végétaux la naissance varie.
Le poète exprime ici les trois modes île fécondation des plantes, dont les unes ont les sexes séparés dans des fleurs différentes ; d'autres les ont rais dans les mêmes fleurs ; d'autres enûn n'ont ni fleurs ni organes sexuels visibles.
Eh! qui n'admirerait cet être mitoyen Des règnes qu'il unit étrange citoyen ?
Cet être mitoyen est le polype. Comme tous les zoopliyles ou animaux-plantes, il a une forme éloilée, sendjlable à celle d'un grand nombre de fleurs. Il jouit comme les végétaux de la propriété de se reproduire par division et de se laisser greffer sur un autre individu; pour tout le reste, c'est un véritable animal qui sent, se meut, mange et digère. La découverte de cet être curieux est due au célèbre naturaliste Ti'embley ( Abraham), né à Genève en i'^io,morten 1784.
Par ses puissans secours la feuille de Chiron, Souvent ravit sa proie à l'avide Achéron.
La feuille de Chiron est la plante appelée petite centaurée [gentiana centauriuin de Linné, chironia centauriuni de Lamarck). Elle a souvent été employée avec succès dans le traitement des fièvres intermittentes, à cause du principe amer qu'elle contient.
^7 PAGE 172, VERS y.
ÎS'os aïeux bénissaient la manne salutaire.
La manne est le suc d'un arbre du genre du Irène (JraJinus ornus), commun dans la Grèce et le midi de l'Italie. Tout le monde connaît son goût sucré et sa vertu [lurgalivc.
La casse prolongea les vieux jours de Voltaire.
A,uhe purgatif introduit en médecine dans le moyen âge par les Arabes. C'est une pulpe noirâtre et douce, qui occupe l'intérieur des gousses d'un arbre de la famille des légumineuses {cassia fistula, Lin.), lequel croit abondamment en Egypte et aux Indes.
Heureux , si du pavot le perfide secours , Pour adoucir ses nuits n'eût abrégé ses jours !
Uopium se tire, par incision, des capsules du grand pavot des jardins, que l'on cultive pour cet effet dans tout l'Orient. L'action soporifique de cette drogue et les dangers de son abus sont connus.
D'Homère et de Platon, durant les premiers âges. Le papyrus du Nil conservait les ouvrages.
Espèce de grand souchet, dont les tiges battues et collées formaient les feuilles que les anciens employaient pour écrire; le parchemin et ensuite le papier de chiffons en ont fait par degrés abandonner l'usage; mais le dernieren a conservé le nom. Son abondance dans le A'^il et dans ses canaux facilita aux Ptolomées la création de la bibliothèque d'Alexandrie. On trouve encore à présent des rouleaux de papyrus dans les cercueils des momies.
Des sucs de l'indigo plus d'une étoffe brille.
Uindigo est une fécule bleue qui se dépose, quand on fait macérer selon certains procédés les feuilles de la plante légumineuse nommée anil [indigqfera attil), originaire des Indes , mais qui se cultive aujourd'hui dans toute la Zone Torride. Cette fécule fait le principal ingrédient pour la teinture en bleu.
Le moelleux cacao s'embaume de vanille.
Le cacao est la fève d'un arbre du Mexique theohroma [cacao).
Broyée et mêlée de sucre, elle donne le chocolat, qu'on aromatise avec de la vanille. Celle-ci est la graine d'une plante de la famille des orchis [epidendrum vanilla). Elle est noire , fort menue, très odorante et contenue dans des gousses.
Du pommier neustrien, ainsi le jus brillant Prodigue au moissonneur son nectar pétillant.
Le cidre est le suc fermenté de la pomme.
Le houblon, froid rival de l'arbuste bachique. Entretient des cafés le babil politique.
Plante grimpante, dont les fruits donnent une décoction amère et visqueuse, qui communique son goût à la bière, et aide à la conserver.
Le feuillage chinois , par un plus doux succès , De nos dîners tardifs corrige les excès.
Le thé est un arbrisseau de la famille des hespéridées, qui croit à la Chine et au Japon. Ses feuilles, après avoir été roulées au moyen d'une sorte de torréfaction, sont journellement employées en infusion, dans ces deux vastes contrées , pour rendre potables les eaux, qui y sont généralement mauvaises. Les Arabes purifient également les eaux saumâtres des déserts avec le thé. L'importation du thé en Europe ne remonte pas au-delà du milieu du dix-septième siècle : ce sont les Hollandais qui l'y ont apporté. L'infusion de thé est une boisson stimulante dont il faut user avec mesure.
C'est toi , divin café , dont l'aimable liqueur Sans altérer la tète épanouit le cœnr.
Le cafier ou cafeyer, arbre originaire de l'Arabie-Heureuse , appartient à la famille des rubiacées. Les Hollandais l'ont transporté à Batavia , d'où il a été envoyé à Amsterdam , pour passer de cette ville au Jardin du Roi à Paris. C'est do cet établissement qu'est
parti en i-ysS le pied de cafier d'où proviennent tous ceux qui font aujourd'hui la richesse des Antilles et en particulier de la Martinique. Le lieutenant de roi Desclieux, qui y transportait ce pied de cafier, en prit pendant la traversée un soin tout particulier, au point que l'eau douce étant devenue rare à bord, il arrosait cet arbuste avec sa propre ration.
Nous possédons sur le café deux charnians poèmes latins modernes , auxquels Delille a emprunté quelques détails : l'un , sous le titre de Caffœum, par l'abbé Massieu; et l'autre, sous celui de Faba arabica, par le P. Fellon, Ces deux opuscules font partie des Poemata didascalica, recueil justement apprécié par tous ceux qui cultivent les nuises latines.
DU CHANT Vil.
' PAGE l83, VERS 29.
L'ammoniaque seul distiniriiant leur essence , A l'empire animé prête encor sa puissance.
L'ammoniaque est, jusqu'à un certain point , l'un des caractères du règne animal.
Qui l'eût (lit que notre art, ainsi que des rameaux, L'un sur l'autre aurait pu greffer des animaux ?
Trenibley, en tenant deux polypes rapprochés pendant quelque temps, les a vus se souder et n'en former plus qu'un seul.
Qui l'eût cru , que des corps de ce vivant empire Le mem bresmutilés pussent se reproduire ?
La salamandre aquatique, l'écrevisse, reproduisent leurs pattes autant de fois qu'on les leur coupe, avec tous leurs os, te us leurs muscles, tous leurs vaisseaux et tous leurs nerfs.
T^e voit-on pas du cerf, par un art merveilleux , Renaître tous les ans le branchage orgueilleux?
I,e bois du cerf est de nature osseuse. C'est une proéminence de l'os frontal, qui nait et tombe régulièrement tous les ans dans les cerfs de nos pays.
Cet éperon aigu dont les dieux l'ont armé. Qu'un art capricieux le greffe sur sa tête , En corne végétale il grandit sur sa tète.
La greffe de l'ergot du chapon sur son crâne est encore un de ces phénomènes mille fois observés et toujotns inexplicables.
^' PAGE iSi, VERS 24.
Ce reptile gluant qui traîne sa maison, Qu'avilit l'ignorant , qu'admire la raison.
La reproduction des cornes, des yeux, du museau, d'une partie de la bouche de l'escargot, est aussi bien constatée que celle des jambes de la salamandre et de Fécrevisse.
7 PAGE l85 , VERS 5.
Sur le ver à son tour abaissons nos regards.
Le ver de terre, l'espèce de ver d'eau douce qu'on appelle naïade, se multiplient par la section presque aussi complètement que les polypes.
Si on coupe le ver en deux , la moitié antérieure repousse une queue et la postérieure une tète; si on le coupe en trois, la portion du milieu pousse une tète d'un côté et une queue de l'autre. Bonnet est l'auteur de ces étonnantes découvertes.
" PAGE l85, VERS 22.
Ces muscles
Les muscles sont les organes du mouvement volontaire, lequel résulte toujours des contractions de quelques uns d'entre eux. Leur substance est ce qu'on nomme la chair; elle se compose de fibres remarquables par la propriété exclusive d'être irritables, c'est-àdire , de se raccourcir avec effort quand elles sont touchées par quelque corps étranger, ou quand la volonté le leur commande par l'intermède des nerfs. L'irritabilité musculaire est le ressort général de tous les mouvemens du corps animé.
9 PAGE l85 , VERS 23.
Ces tendons, ces membranes ductiles ,
De l'esprit qui les meut instrumens si dociles.
Les tendons sont des faisceaux de fibres blanches argentées , non irritables, qui forment d'ordinaire les extrémités des muscles, et qui servent à les attacher aux os et aux autres parties que les muscles sont chargés de mouvoir.
>" PAGE l85, VERS 25.
Ce vélin délicat ([ui recouvre leurs os. C'est le périoste, membrane fine et serrée qui enveloppe Ions les
os, et qui donne soutien et passage aux vaisseaux qui les noiurissenl.
>' PAGE l85, VERS "27.
De lenrs cmboitemens les foites ligatures.
Les ligamens, cordons ou rubans de substance fibreuse, qui joignent ensemble les os et les empècbent de se luxer.
'2 l'AGE l85 , VERS 28.
Cette huile dont le suc assouplit leurs jointures.
L'intérieur des articulations est rempli de synoviç, liqueur onctueuse qui amortit les effets du frottement que les os exercent les uns contre les autres. Des organes très déliés, semblables à des filamens de velours, la séparent de la masse du sang, et la versent dans la cavité qu'elle occupe.
»j PAGE 186 , ^■ERS 6.
Le foie épurateur, dont le crible , en passant , Se saisit de la bile et tamise le sang.
La fonction du foie est de séparer la bile de la masse du sang. Par là , il prépare non seulement un liquide essentiel à la digeslion, mais il débarrasse le sang de principes inflammables qui lui seraient nuisibles, et par conséquent il concourt au même but que le poumon.
Le cœur surtout, le cœ.ir, ce viscère puissant. Le réservoir, la source et le ressort du sang.
Chacun connaît aujourd'hui , au moins d'une manière générale, la circulation perpétuelle du sang, mise dans tout son jour par le célèbre Harvey, dans le milieu du dix-septième siècle.
Voyez au fond des eaux ces nombreux coquillages; La terre a moins de fruits , les bois moins de feuillages : Tout ce que le soleil prodigue de couleurs , Les sept ra}'ons d'Iris, l'émail brillant des fleurs. Les jets de la lumière et les taches de l'ombre , S'épuisent pour former leurs nuances sans nombre.
Ces beaux vers peignent admirablement bien l'étonnante va-
DU CHWT YII. 307
riété des formes et des couleurs des coquilles, dont Pline a lait dans sa langue un tableau si énergique.
In quibiis magna ludentis natura^ varietas, tôt colorum differentiœ, totfigurœ, plants, concavis, longis, lunatis, in orbe m circumactis, dimidio orbe cœsis, in dorsum elatis, lœvihus, rugatis, denticuLatis, striatis : vertice inuricatini intorto, mar^ine inmucroneniemissojoris ejfuso, intits replicato. Jam distinctione virgidatâ, crinitâ, crispa: cuniculatim,pectinatim divisa: imbncatim undatd , cancellathn reticulatd : in obliquum, in rectum expansé: densatd, porrectd, sinuatd: brevi nodo ligatix, toto latere connexis, adplausutn apertis, ad buccinum recurvis.
Pline, lib. ix.
16 PAGE 188, VERS ai.
Là se montre un cadran;
L'en eu casque brillant est sorti de son moule, L'autre en vis tortueuse élégamment se roule. .
La toupie cadran, trochus solarium. La partie iniérieurc de cette co([uilIe est creusée en une spirale évasée si régulière, qu'elle rappelle tout-à-fait l'objet que son nom indique.
hes casques, les vis, sont d'autres coquillages qui ont reçu leurs noms de leurs formes.
Vai-aignée est un strombe dont les bords se découpent en digitations longues, grêles et tortueuses, qui ressemblent un peu aux jambes des araignées.
La massue est un murex, la tiare une volute, etc.
Les peignes sont des bivalves communémenî nommés pèlerines.
'7 PAGE l88, VERS 29.
Cet autre est un vaisseau dont le petit nocher, Son instinct pour boussole et son art pour étoile , Est lui-même le mât, le pilote et la voile.
Uargonaute, dont il s'agit ici , est une coquille légère, d'une forme symétrique fort élégante, et qui ressemble à une petite chaloupe. Elle est habitée par un poulpe de l'ordre des céphalopodes octopodes. L'argonaute ne s'élève du fond de la mer que par un temps fort calme. Parvenu à sa surface, il agite, comme autant <le
petits balanciers, les linil bras cbarniis qui coiiionneut sa tète; il introduit clans sa coquille l'eau nécessaire pour la lester; puis, étendant ses bras, il s'en sert comme de rames pour voguer sur la surface de la mer. Un vent doux se fait-il sentir, il dresse perpendiculairement ses deux bi'as palmés, les tient écartés, et s'en sert comme de voiles. Les six autres bras antérieurs assurent son équilibre, et le bas du corps, qui forme un crochet hors de la coquille, remplit la fonction de gouvernail. L'argonaute vogue ainsi dans la direction qu'il veut suivre; mais si quelque ennemi le menace, ou s'il survient quelque agitation, il retire avec rapidité, dans sa coquille, les avirons, la voile et le gouvernail ; il vide son lest, fait chavirer la nacelle, et descend au fond de la mer.
'* TAGE 189, VERS i.
Un autre moins heureux , sous un toit emprunte , Est contraint de cacher sa triste nudité.
Le pagure Bernard, communément appelé Bernard l'ermite, est une sorte d'écrevisse de mer, dont la queue est molle et sans écailles, mais qui a l'instinct de se loger dans des coquilles vides ((u'elle rencontre sur le rivage et qu'elle traîne partout après elle. Ce cruslacé choisit de préférence les coquilles dont le sommet finit en spirale , afin de pouvoir s'y cramponner plus facilement. Quand il est devenu trop grand pour sa maison d'emprunt, ce qui arrive tous les ans à l'époque de la mue, il en choisit une autre; mais ce n'est qu'après avoir essayé son abdomen dans un grand nombre de coquilles, qu'il parvient à en trouver une dont la capacité lui convient. Le genre Pagure renferme plus de trente espèces : celle dont nous venons de parler est commune sur toutes nos côtes.
Observons des oursins l'épineuse famille,
Qui , de longs javelots s'anuant de toutes parts ,
Cliemine au lieu de pieds sur des milliers de dards.
Les oursins, ou hérissons de mer, ont à peine la figure d'un animal: ils représentent plutôt dos châtaignes ou autres fruits épineux. Leur corps rond et pierreux est hérissé d'une quantité de pi(|uans également pierreux , mais mobiles sur leurs articulations. Entre eux sont des pieds cliarnus, plus nombreux encore, dispo-
Dli CllA^T Vil. 30Î)
ses très régiilii rcnu'iil , vl siisccplibles de se eonliacter on de b'éleiulre presque eomnie les toriies des liinaeons: c'est sur eux cjue se ineul l'oursin.
»o PAGE 189, VERS 16.
D'iunomlirablcs leviers rncuvcut une cheuille.
T^yonnct a compté plus de quatre mille muscles discernalilcs dans la clienille du bois de saule.
=>' PAGE l8y, VERS 17.
Le ciel, d'un télescope arme le limaçon ,
Donne à l'oiseau des dents, donne un bec au poissuii.
Les points noirs que l'on aperçoit à l'extrémité des cornes supérieures des escargots et des limaces, sont de véritables yeux, ilans lesquels Swaininerdam a reconnu des iiiend)ranes et des bu meurs analogues à celle des yeux de l'iiomme et des grands animaux.
"" l'AGE 189, VERS 26.
Vrisouiiicr dans l'espace, et veillant endormi, l,c paresseux u'cxistc et ne vit <[u';> demi.
On a beaucoup exagère la lenteur du paresseux, geine de mam liiiière de l'ordre des édenlés. Du reste, cet animal est plus actif la nuit que le jour, et a la vie extraordinairement dure. On ne le décroche ordinairement des arbres qu'après plusieurs coups de lus il.
'^ lAC.E 190, VERS 3.
Le loir six mois entiers s'endort d'un doux repos.
La léthargie à laquelle certains (piadrupèdes, comme les marmottes et les loirs, sont sujets pendant l'hiver, est un des phénomènes les plus curieux du règne animal. Il s'établit non seulement un repos absolu, une abstinence complète, mais une insensibilité telle, que l'on peut quelquefois les brûler, les déchirer en morceaux, sans qu'ils s'en aperçoivent; leur respiration et leur circulation diminuent encore par degrés au point de devenir presque nulles, et ils perdeni la plus grande; partie de celle chaleur ani malc, l'un des caraclères les plus marqués de leur classe. Il n y a
ni mort, ni décomposition, et, pour peu que le IVoid ou les autres circonstances nécessaires viennent ii cesser, l'animal se réveille et reprend toutes ses autres fonctions ordinaires.
2 4 PAGE igO, VERS 4-
Cet immonde animal, enfant d'une eau dormante. Durant trois jours entiers fatigue son amante.
Le crapaud: il tient sa femelle embrassée quelquefois plusieurs semaines avant qu'elle ponde.
»* PAGE igO, VERS l3.
lipoux tendre et fidèle ,
Accoucheur vigilant, il veille à côté d'elle.
Le crapaud accoucheur est une petite espèce assez commune dans les environs de Paris. Sa couleur est grisâtre, il est ponctué de noir sur le dos, et de blanc sur les côtes; l'iris de l'oeil est doré, les parotides sont peu saillantes. ■: L'accoucheur, dit M. Bory de Saint-Vincent, vit à terre et loin des eaux que la femelle ne fréquente pas, même au temps de la ponte. A cette époque, le mâle débarrasse sa compagne de ses œufs, qui sont assez gros et au nombre de soixante environ. Après cette opération, il se les attache sur le dos au moyen de filets de matière glutineuse, dont ils sont accompagnés , et , chargé de ce précieux fardeau , il le porte partout avec lui , prenant les plus grandes précautions pour qu'il n'arrive aucun accidenta une progéniture dont, contre l'ordre habituel de la nature, la mère ne s'occupe plus, laissant au père tous les soins de la famille. Lorsque les yeux des têtards que renferment ces œufs commencent à devenir apparens dans leur transparence, ce qui arrive après quelques jours, et qui indique que les petiis ne tarderont pas à éclore, le crapaud accoucheur recherche une eau stagnante pour les y abandonner: ici finit son ministère; les têtards ne tardent pas à éclore et nagent aussitôt, destinés par le mécanisme de leur organisation à reproduire la merveille de leur accouchement sans en avoir reçu de leçons que par le développement d'un instinct irrésistible. >
»^ PAGE igi, VERS 6.
Ailleurs le kangurô , dont l'étrange famille Sort do son sein , y rentre, en ressort et sautille.
Le kanguroo est le plus grand animal de la ?>f()u\elle-Hollande;
Dl CHA^JT Ml. 311
il se tient le plus souvent sur ses pieds de derrière et sur sa ([ueue, qui est très grosse et très vigoureuse. De (;etle manière, il s'élance à de grandes distances; mais ses extrémités antérieures sont petites et faibles. Quoiqu'il ait quelquefois cinq ou six pieds de haut, ses petits naissent longs tout au plus d'un pouce et ;i peine formés. La mère les retire dans une poche qu'elle a sous le ventre, comme les sarigues , où ses mamelles sont renfermées, et ils y reviennent au moindre danger long-temps après qu'ils ont cessé de téter; alors on a souvent le spectacle de la mère paissant en même temps que son petit, qui sort pour cela son museau de la poche. On croirait voir un animal portant une seconde tète sous le ventre.
Le kanguroo est sociable, assez doux , et réussit fort bien dans nos parcs d'Europe ; mais sa chai;- n est point agréable , et sa fourrure n'a point d'utilité.
Comparez cet oiseau qui , moins vu qu'eutendu , Aiusi qu'un trait agile à nos yeux est perdu.
Clette admirable peinture du colibri n'est pas moins étonnante par soîi exactitude que par son éclal.
De sa uoire liqueur teignant la mer profonde , L'autre plonge, s'esquive et disparaît dans l'onde.
La sèche, le poulpe, le calmai', répandent au moindre danger une liqueur noire qui obscurcit au loin l'eau de la mer et les dérobe aux yeux. Les peintres s'en servent sous le nom de sepia. L'encre de la Chine est celle d'un poulpe des mers d'Orient. On trouve ces substances noires, épaisses, et presque pâteuses, dans un sac membraneux caché dans le ventre de l'animal.
Par un bruit qu'accompagne une obscure vapeur. L'autre à son ennemi pour renvoyer la peur Fait jouer d'un ressort la détente secrète.
C'est le ccirabus crepitans , petit insecte qui repousse pour (juel ques instans, par ce procédé, une autre espèce de carabiis attaché à sa perte et qui le poursuit avec acharnement.
Les uns vivent cachés dans le sein de la terre , Plusieurs percent les bois, plusieurs creusent la pierre.
L'espèce de coquillage nommée tore? détruit tous les bois placés sous l'eau, et a menacé l'existence de la Hollande, en perçant de toutes parts les pilotis de ses digues.
La pholade est un autre coquillage de la même famille , qui se loge dans les pierres calcaires, et les mine en tous sens.
3' PAGE 192, VERS lO.
N'oublions point ces vers dont les races brillantes Montrent sur l'Océan des étoiles flottantes.
Un très grand nombre de mollusques et de zoophytes répandent une lumière plus ou moins vive pendant la nuit. Ils offrent en grand le même phénomène que nos vers luisans en petit.
5' PAGE 192, VERS l5.
Les bois même , les bois , quand la nuit tend ses voiles , Offrent aux yeux surpris de volantes étoiles...
Ceci est vrai , surtout de la luciole ou ver luisant d'Italie et de Grèce, dont les deux sexes volent et brillent également. Dans l'espèce de notre pays, la femelle, qui brille beaucoup, n'a point d'ailes : le mâle vole , mais brille peu. Au reste , il y a dans la Zone Torride plusieurs autres espèces d'insectes lumineux, bien supérieurs à ceux d'Europe pour l'éclat.
Le chameau voyageur traverse l'Arabie , Et ses cinq estomacs , réservoirs abondans , Bravent l'aridité de ces sables ardens.
Le chameau a, de plus que les autres ruminans, un appendice de la panse qui peut être compté pour un cinquième estomac. C est un amas de petites cellules où se tient en réserve une certaine quantité d'eau limpide que l'animal peut faire revenir à sa bouche quand il lui pjait pour se rafraîchir. Cette organisation donne au chameau plus de facilité qu'à tout autre animal pour supporter la soif, et poin- traverser les vastes déserts sablonneux de l'Afrique et de l'Arabie.
DU CHAr^T VII. 313
34 PAGE 192, VERS 3o.
Le reunc vit de mousse aux plages boréales.
Espèce de cerf à très grands bois, dont la nourriture favorite est un lichen blanc filamenteux, très commun dans le Nord. Le renne sait creuser la neige en hiver pour trouver cette plante.
^5 PAGE 192, VERS 3l.
Le lama s'apprivoise aux régions australes.
Espèce de petit chameau sans bosse qui habile toute la chaîne des Andes , et qui était la seule bète de somme de l'Amérique méridionale avant l'arrivée des Espagnols.
Et du Chimboraço s'élauce le condor.
Vautour des Andes, le plus grand oiseau de proie connu.
37 PAGE ig'i , VERS 7.
Un soleil voit périr le fragile éphémère.
Uéphéinère vient d'un ver aquatique qui passe assez long-temps dans son premier état; mais qui, une fois métamorphosé en mouche, s'accouple, pond et meurt, souvent dans l'espace de quelques heures.
38 PAGE 193, VERS ir.
Ce crin rouge et vivant dont cliaquc soiircc abonde , Privé durant six mois de l'aliment de l'onde.
Ije gordius. Desséché dans la vase, il reprend du mouvement quand on l'humecte.
Ridé, durci, flétri, ce ver poudreux des toits Se ranime dans l'onde une seconde fois.
La même chose arrive au rotlfère, petit animal microscopique; une goutte d'eau lui rend la vie suspendue plusieurs mois par la sécheresse. Au reste, c'est un phénomène assez général pour les animaux infusoires.
"io PAGE 193, VERS 27.
Souvent l'inscetc ailé répand ses œufs sur l'onde.
Les demoiselles , les rpficincres , les p/iijf^nries, en un mot,
31 i NOTES
toutes les mouches, tous les insectes aériens, dont le ver ou la larve doit vivre dans l'eau, sont dans ce cas.
4l PAGE 194, VERS I.
Dans les naseaux du cerf, dans le cuir des génisses , Les uns vont déposer leurs germes créateurs.
Les œstres sont des mouches dont le ver ne peut vivi-e que dans la chair ou les instestins des animaux vivans. L'œstre du cheval , par exemple, pond son œuf à l'anus de ce quadrupède. Le ver qui en naît remonte l'immense canal intestinal , pour aller se fixer dans l'estomac, où il s'en rassemble quelquefois assez pour faire périr un cheval.
L ne autre espèce place le sien dans le fond de la gorge du mouton , et des naseaux du cerf. La peau du cerf est souvent criblée par ces vers, qui causent un ulcère partout oii ils se fixent.
■i' PAGE 194» VERS 8.
Plus étonnans encor, ces minces serpens d'eaux Qui , l'un à l'autre unis par de vivans anneaux , Et par nous appelés du beau nom de Naïades, Promènent sur les eaux leurs flottantes peuplades.
Les naïades sont de petits vers aquatiques et à sang rouge, qui ne se métamorphosent point en insectes; elles se reproduisent par division comme beaucoup d'autres vers, et même il en est une espèce, nais proliféra, où la division se fait spontanément. Les derniers anneaux du corps deviennent petit à petit un animal entier, et se séparent alors des autres anneaux.
4Î PAGE 194? VERS 3i.
Libre d'un nœud si doux , Le puceron n'a point d'épouse ni d'époux.
Les pucerons sont de petits insectes qui se nourrissent de la sève des végétaux. Quelques espèces vivent même dans le parenchyme des feuilles, et y occasionent par leur présence des excroissances remplies d'une liqueur sucrée assez abondante. La maladie de certains arbres, désignée sous le nom de miellat, est produite par ces animaux. Vers la fin de l'été et on automne, il y a parmi eux des mâles cl des femelles. Ces dernières pondent des œuf:; sur des bran-
DU CHANT Vil. 31)
ches; ces œufs y restent tout l'hiver, et il n'en sort, au printemps suivant, que des femelles. La première fécondation dont nous avons parlé suffit à sept générations, toutes composées de femelles, qui produisent sans mâles des petits vivans, sortant à reculons du ventre de leur mère; à la septième génération les mâles i-eparaissent.
Rassemblaut deux organes féconds , Des deux sexes divers cet autre unit les dons.
Les escargots, les limaces, et plusieurs escargots d'eau douce, sont pourvus des deux sexes ; mais il leur faut une union réciproque, d'où chaque individu sort fécondé et va pondre de son côté. Il y a des espèces où chaque individu sert de mâle à l'un , de femelle à l'autre, et où il se forme ainsi des chaînes très nombreuses.
i^ PAGE I9G, VERS 7.
Lui-même à son amour souvent se sacrifie , Et son premier amour est payé de sa vie.
C'est le sort de tous les insectes.
*S PAGE 196, VERS l5.
Son instinct l'y ramène , et dans leur sein fidèle Vient déposer l'espoir de sa race nouvelle.
Un insecte parfait dépose toujours ses œufs dans les lieux et sur les substances convenables pour les vers qui doivent en éclore, quelque peu de rapport que ces lieux et ces substances aient avec la vie actuelle de cet insecte.
Gloire te soit rendue après l'Être suprême , Profond Spallan7.ani ! toi dont l'adresse extrême Nous ouvrit ses trésors. ..
Lazare Spallanzani , professeur d'histoire naturelle à Modène et ensuite à Pavie, né en 1729, à Scandiano, mort à Pavie en '799' ' "" ^^^ observateurs dont l'infatigable patience a été récompensée parles découvertes les plus singulières et les plus intéressantes.
3 Mi NOTES
Ainsi que la raison l'instinct a ses degrés.
II serait intéressant de distinguer l'essence de la raison et de l'instinct, ainsi que les divers degrés de ces deux facultés. Communémenton appelle instinct toutes les facultés intellectuelles des animaux; cela n'est point exact. Les animaux supérieurs ont une sorte de raisonnement très différente de l'instinct.
i9 PAGE 199, VERS 20.
Si doue respire un être en qui les dieux puissans Aient dans un seul organe associé trois sens.
La trompe de l'éléphant est un prolongement de son nez : elle est donc la voie des odeurs. D'une flexibilité extrême, à cause des trente ou quarante mille petits muscles qui composent la partie i harnue de son tissu ; terminée par un petit appendice aussi déli- < at qu'un doigt ; animée par deux énormes branches de nerfs de chaque côté, elle est à tous égards un excellent instrument du tact.
Sous lui , mais séparé par un court intervalle , Dans ses hardis travaux le peuple des castors Etale de l'instinct les plus riches trésors.
Celui qui a le mieux fait connaître l'instinctdes castors est l'Anglais Hearne. Voici un extrait de ses observations :
« Ils choisissent, pour bâtir, des eaux assez profondes pour ne point geler jusqu'au fond, soit de petits lacs, soit de petites rivières ou des ruisseaux. Ils préfèrent en général les eaux courantes , parce qu'en coupant le bois au-dessus , le courant l'amène sur le lieu où ils veulent l'employer. Ils établissent en travers du courant une digue de toutes sortes de bois et de branches de peuplier , de saule et de bouleau mêlées de pierres et de limon; mais il est faux ([u'ils emploient de grands pieux enfoncés dans le sol. Ils donnent a celte digue une courbure convexe du côté du courant , (juand il est rapide; et, comme ils la réparent sans cesse, elle devient très solide au bout de quelques années : les branches y germent, et finissent par former une haie où les oiseaux viennent nicher. L'objet de ladiguc est de tenir toujourslcau au mOmc niveau; aussi n'en font-ils point dans les eaux dormantes.
» Les Imites sont moins bien bâties el proportionnées à hujnan tité des liahitans. Elles reçoivent te plus souvent deux ou quatre adultes et six ou huit jeunesj queli[uefois le double. Quand il y a des cloisons, elles sont accidentelles, elles chambres ne communiquent presquejamais ensemble : il n'y a qu'une seule porteouverte sous l'eau, et aucune communication avec la terre. Les castors se tiennent sous le dôme dans la partie élevée au-dessus de l'eau ; ils y portent leur nourriture après l'avoir prise dans la partie inférieure, c'est-à-dire, sous l'eau.
w Ils n'y emploient pas de pieux, mais seulement des branches croisées, sans autre règle que de laisser un vide au milieu. Les branches qui saillent en dedans sont coupées avec les dents. A mesure que la charpente avance, on lagarnit d'un mélange de morceaux de bois, de terre et de pierre, quand il y en a à portée. La terre se prend au rivage ou au fond de l'eau, et les castors l'apportent entre les pieds de devant et la gorge. Quant au bois , c'est entre les dents qu'ils le tiennent. Ils ne travaillent que la nuit et très rapidement.
>' Ils recouvrent chaque année leur hutted'une nouvelle couche de limon , et presque toujours quand il commence à geler, afin que tout se solidifie plus tôt. Au dégel , ils abandonnent leur demeure et s'éparpillent pendant l'été; mais ils y reviennent aux premiers froids, à moins qu'ils n'en trouvent de plus commodes. Pour fonder ou agrandir leur colonie, ils abattent le bois dès la fin de l'été; mais ils ne commencent à bâtir que vers les gelées. Ils ont toujours plusieurs terriers le long du rivage, où ils se réfugient quand ils sont attaqués. Leur principal ennemi est le glouton, qui cherche même à démolir leurs huttes. »
'l PAGE 201, VERS 25.
L'iustituteur fameux du conquérant du monde Voulut que sans époux l'abeille fût féconde ; Et de sa chasteté Réaumiir moins jaloux..,
René-Antoine Ferchault de Réaumur , né en i683, à la Rochelle , mort en i 767 , a été l'un de nos plus ingénieux naturalistes. Ses Mémoires pour servira l'histoire des insectes, sont clairs, élégans, pleins de cet intérêt qui vient de la curiosité sans cesse piquée par des détails nouveaux et singuliers.
Prostitua leur reine à de nombreux époux
Chaque ruche n'a qu'une femelle, dont l'existence entrelient seule l'activité des autres individus. On compte cinq ou six cents mâles et plusieurs milliers de neutres, ou d'abeilles ou\Tières qui n'ont aucun sexe.
Mais du miel tous les ans ces artisans habiles. Massacrant ces époux devenus inutiles.
En dépeuplent la ruche.
Quand la reine a été suffisamment fécondée, les ouvrières chassent les mâles de la ruche : ils périssent de faim à l'arrivée des froids, plusieurs sont même tués au moment de l'expulsion.
Enfin , de leur hymen savant dépositaire , L'aveuwle Huber l'a vu par les regards d' autrui , Et sur ce grand problème un nouveau jour a lui.
Huber (François), savant naturaliste, né à Genève vers l'j^o, fut atteint , dès l'âge de quinze ans , d'une cécité complète. Son domestique François Burnens, devenu depuis un magistrat distingué, lui servait à la fois d'explorateur, de lecteur et d'écrivain. Une de leurs découvertes est que la mère abeille est fécondée en l'air par l'approche des faux bourdo.is. Madame Huber a souvent aussi aidé son mari dans ses observations entomologiques.
Je ne vous dirai point leurs combats éclatans , Si la mort est donnée à l'un des combattans , Si ce peup.-e est régi par une seule reine , S'il peut d'un ver commun créer sa souveraine.
Quand on enferme un morceau de rayon avec de petits vers éclos et un certain nombre d'abeilles ouvrières sans reine, ces ouvrières choisissent un des petits vers, lui construisent une cellule de reine, lui donnent une nourriture plus riche; et, au lieu d'une simple ouvrière qu'il aurait produit , il en résulte une reine , c'està-dire, une femelle susceptible de fécondation, ce qui prouve que
les abeilles ouvrières sont des femelles dont le sexe n'esl point développé.
Cette forme élégante autant que régulière , Qui ménage l'espace autant que la matière.
On prouve, par la géométrie de l'infini, que la forme que les abeilles donnent à leurs cellules est de toutes les formes possibles dans un système comme le leur, celle qui renferme le plus d'espace avec le moins de cire.
Les Geer, les Paaumur ont décrit ces merveilles , Rt le chantre d'Auguste a chanté les abeilles.
Geer (Charles, baron de), maréchal de la cour de Suède, né en I-J20, mort en 1778, fut le disciple et l'ami de Linné. Il publia à .Stockholm , de 1752 à 1778, en 7 vol. in-4°, des Mémoires pour servir h l'histoire des Insectes, qui lui ont valu ajuste titre le surnom de Réaumur suédois.
La guêpe de Cayenne , avec plus d'art encor, Sous des toits de carton sait cacher son trésor.
La guêpe cartonnlère suspend sa ruche aux arbres, et l'entoure d'une épaisse enveloppe du carton le plus fin et le plus dense qu'elle fabrique, comme toutes les autres guêpes font le leur, avec des fibres ligneuses broyées dans ses mâchoires.
Son art, grâce à Scbœffer, vient d'enrichir le nôtre.
M. Schœffer, naturaliste de Ratisbonne , est l'un des premiers qui aient cherché à fabriquer du papier avec les écorces de diverses plantes , sans attendre qu'elles aient passé par l'état de linge : ses essais n'ont eu aucun résultat important pour le commerce.
S° PAGE 2o3 , VERS 2().
A ces nobles fourmis dont se vante l'Afrique , En trois classes rangeant leur sage république.
Les thermes, ou fourmis blanches, insectes qui désolenl les pavs
chauds en détruisanl tous les meubles, et même les bois et les cliarpentes, mais dont l'industrie est véritablement admirable.
fiî PAGE 2o5, VERS 3l.
L'un liahile sapeur, en minant les feuillages,
S'en va de proche en proche avançant ses ouvrages.
Les chenilles mineurs de feuilles sont les larves de certains petits papillons de nuit. A peine sorties de l'œuf, elles pénètrent dans la feuille sur laquelle leur mère les avait déposées; et, se tenant toujours entre ses deux surfaces, elles en dévorent le parenchyme. Elles se font dans son épaisseur un canal plus ou moins tortueux, et qui va toujours en grossissant comme elles jusqu'au moment où elles cessent de manger pour devenir chrysalides et ensuite papillons.
L'antre assemblant le bois en adroit ébéniste , Dans sa maison qu'il taille et construit avec art , Loin des yeux importuns s'établit à l'écart.
Les larves de phryganes, ou teignes aquatiques, se font une petite demeure cylindrique , avec des fragmens de bois coupés et rassemblés très régulièrement , au moyen d'une soie qu'elles fdent. Elles traînent partout cette maison avec elles; et, quand elles veulent se métamorphoser , elles s'y enferment en fabriquant aux deux Ijouts un petit grillage de soie qui permet bien à l'eau de s'y renouveler, mais qui n'y laisse pénétrer aucun animal nuisible.
L'autre roule en cornet une feuille docile. Et dans ce simple abri choisit son domicile.
Les chenilles rouleuses de feuilles se tiennent dans un rouleau <iu'elles forment en contournant le bord d'une feuille, et en l'assujettissant avec de la soie.
Cet autre dans les fruits se loge à peu de frais.
Chacun connaît les vers qui se logent dans les pommes , les prunes , etc. , et qui en dévorent la substance.
L'autre dans son alcôve élégamment déploie Sa tenture de gaze et ses tapis de soie.
L'abeille tapissière ; elle creuse un trou cylindrique dans la terre , le tapisse avec les pétales écarlates du coquelicot ou pavot sauvage, y dépose son œuf avec la provision de miel nécessaire pour nourrir le ver qui doit en sortir, reploie dessus les extrémités de ces pétales, recouvre le tout d'un peu de terre, et l'abandonne pour en laisser éclore im ver qui deviendra abeille à son tour, et emploiera en faveur de sa progéniture les mêmes procédés que sa mère.
•J*^ PAGE 206, VERS l5.
Voyez cette fileuse , émule de Pallas.
Les araignées aquatiques : il n'y a rien à ajouter au tableau que l'auteur fait de leur instinct.
L'hôte des mers émigré en des pays nouveaux , Et, voyageant ensemble eu flottantes colounes , De l'avide pêcheur s'eu vont remplir les tonnes.
Qui n'a entendu parler des voyages des harengs, des sardines, des maquereaux et des thons; voyages qui ont enrichi des peuples entiers par les produits abondans qu'ils fournissent à la pèche ?
f'*- PAGE 207, VERS 14.
Des fileuses des champs défiant les familles. L'onde a ses Arachués , et la mer ses chenilles.
Les pinnes marines, sortes de coquillages bivalves, fdent une soie plus brillante qu'aucune autre, et que l'on fait entrer dans la composition des draps les plus précieux. Cette soie sert à suspendre l'animal aux roches.
^9 PAGE 207, VERS 2tl.
Les nus ont leurs épieux, et les autres leur lance.
Parmi les animaux marins pourvus de ces armures, on peut citer le narwahl , sorte de cétacé dont la mâchoire supérieure porte une dent droite, pointue, et longue de sept à huit pieds, que l'on connaît vulgairement sous le nom de corne de licorne; le xiphins es-
padon, ou empereur, dont le imiseau lui-même s'alongo en forme d'épée ; enfin , le squale scie, espèce de chien de mer, dont le bec alongé est armé de chaque coté d'un grand nombre de dents pointues dirigées en dehors.
Le chevreau, la brebis, souvent un bœuf entier. Tout-à-coup engloutis dans son large gosier.
Le serpent devin [hoa conjector), qui a quelquefois jusqu'à quarante pieds de longueur, fait sa proie des plus grands animaux.
71 PAGE 209, VEPiS 16.
Mais bientôt expiant sa fureur dévorante , Il s'endort sous le poids de l'énorme festin.
Tous les serpens, quand ils ont avalé quelque animal considérable par son volume, passent quelques jours à le digérer dans une sorte de stupeur léthargique.
Telle est de son poison la violence extrême. Souvent par sa piqûre il se détruit lui-même.
Dans les temps chauds, la morsure du serpent à sonnette est quelquefois mortelle en peu de minutes , et la mort cju'elle cause est promptement suivie d'une décomposition générale. Si on irrite ce reptile, et qu'en se débattant il vienne à se piquer lui-même, il se tue.
Ici nous déguisant son approche mortelle, Ailleurs faisant crier sa bruyante crécelle.
Le serpent à sonnette est nommé ainsi, parce qu'il porte à l'extrémité de sa queue une suite d'anneaux mobiles, d'une substance écailleuse, mince et sèche, qui font, lorsqu'il rampe, un bruit capable d'avertir les passans de son approche , mais à quelques pas seulement.
Couvé dans sa coquille, ou formé tout vivant. Les couleuvres pondent des œufs, mais les petits des vipères éclo-
sent dans lour corps; c'est même de là qu'elles ont tiré leur nom.
Iledoiital)le poison, remède salnlairc.
Autrefois on employait beaucoup l'alcali volatil tiié de la vipère , et on le croyait surtout propre à guérir les blessures de ce serpent.
Paresseux eu liWer, plein d'ardeur au printemps.
Dans nos climats tempérés, les serpens passent la saison froidedans une léthargie plus ou moins complète; au retour de la chaleur ils changent de peau, et reparaissent ornés de couleurs plus vives.
Favori d'Esculape, et l'emblème du temps.
Plusieurs des peuples de Guinée ont un serpent pour fétiche ou dieu local.
Observez cet oiseau redouté des reptiles. La cigogne.
L'une en ces longs canaux où pétille le feu. L'hirondelle de cheminée.
8" PAGE 2ri, VERS 2t).
Sur nos toits , sur nos murs hospitaliers pour elle , Construit de ses eufans la demeure nouvelle.
L'hirondelle de fenêtre, le martinet.
Ici l'amour craintif les cache sous la terre.
Le troglodyte, le plus petit de nos oiseaux de France, niche dans des trous souterrains.
8» PAGE 2t2, VERS II.
Là, de leurs ennemis pour éviter la guerre,