J PAGE III, VERS I I
J'aime à voir cette perle, étrangère merveille. Que son luxe ignorant suspend à son oreille : Un jour elle saura quels bras vont l'arracher Aux abîmes de l'onde , aux pointes du rocher. Et comment la forma la mer orientale.
La perle est une concrétion plus ou moins arrondie, d'un blanc argentin , d'une grande dureté et d'un poli brillant , qui se forme dans plusieurs espèces de coquillages, particulièrement dans Vavicula margaritifera , qui vit dans les mers des pays chauds. Les perles sont composées d'une petite quantité de matière animale et de carbonate de chaux ; elles se dissolvent facilement dans les acides, même les plus faibles.
a" PAGE Il6, VERS JO.
C'est toi qui , le premier, de sou cours orageux Observas les effets , toi , l'ami courageux ,
Le ilifçne conipaguon de cet iioiiiine intrépitlc Pour qui dressa ma tniise une liuniblc pyramide , Brave et savant Forstei!
Forster ( Jean-Georçc-Adain ) , pioiesseiir criiistoire naliirelle, né près de Dantzig en 1754, mort à Paris en 1794 5 n'avait pas encore atteint sa dix-neuvième année lorsque, accompagnant son père, il s'embarqua avec Cook, pour le second voyage autour du monde qu'entreprit ce célèbre navigateur. De retour de cette expédition, qui dura près de quatre ans, Forster en publia le récit en anglais en 1777, et en donna, en 1779, une traduction allemande conjointement avec son père Forster ( Jean-Reinhold ), naturaliste distingué.
Dans les schistes germains L'œil trouve de Ceylan les arbrisseaux empreints.
Les empreintes de végétaux, gravées dans les pierres feuilletées de nos climats, ainsi que celles des poissons, des insectes, appartiennent toutes à des espèces inconnues chez nous, et dont on n'a retrouvé les analogies que sous la zone torride.
'" PAGE 117, VERS l8.
Ces grands rhinocéros , ces vastes éléphans. Du midi dépeuplé gigantesques enfans, En foule dans le nord plongés aux mêmes tombes , Et du règne animal immenses hécatombes.
On savait depuis long-temps que la Siijcrie et la plupart des autres pays du Nord recèlent dans les entrailles de la terre une grande quantité d'ossemens considérables par leur volume; et Sloane, Daubenton et Pallas avaient montré les rapports de plusieurs de ces os avec ceux de l'éléphant.
'î PAGE 117, VERS 27.
Au sein de ces coteaux qui dominent Paris , De l'empire animal retrouver les débris.
Cuvier (Georges), né à Montbéliard (T)oubs ; en i'^G9, mort (Ml i83'i.
Laissons parler ccl immortel savant : < J'ai, dit-il, di;cou\ert
dans les carrières à plâtre des environs de Paris , une vingtaine d'espèces d'animaux qui apparliennent à des genres entièrement inconnus aujourd'hui sur le globe; leurs os sont épars, en partie brisés et enchâssés dans la pierre, d'où il faut les retirer péniblement; on les rapproche ensuite entre eux suivant les lois de l'anatomie, pour en reformer, autant qu'il est possible, le squelette de chaque espèce; opération où il est assez difficile de ne remettre ensemble que les os qui s'appartiennent véritablement; mais l'anatomie comparée en est venue aujourd'hui à ce point de reconnaître par un seul os , par une seule articulation d'os, le genre de l'animal aufjuel l'os appartenait. On peut donc avec de l'attention réussir dans cette recomposition ; et c'est ainsi que je suis parvenu à déterminer les caractères de plusieurs nouveaux genres que j'ai découverts. »
Voyez l'ouvrage de ce savant, intitulé : Recherches sur les ossemens fossiles.
Là gisent en monceaux ces brûlantes pyrites , Des métaux leurs amis obscures favorites.
Les métaux ont généralement de l'affinité pour le soufre ; ils s'unissent à ce corps combustible, et forment un composé connu sous le nom de sulfure métallique. Le nom de Pyrite, dérivé d'un mot grec, Trîip, feu, a été donné à quelques sulfures métalliques natifs, qui jouissent de la propriété de s'enûammer lorsqu'ils sont placés dans des circonstances particulières.
Là de ces fils des monts obscur concitoyen , Repose aussi l'aimant, l'aimant vainqueur de l'onde. Le lieu, le miracle et l'énigme du monde ; Soit que par son fluide évaporé dans l'air. Tour à tour il attire et repousse le fer.
L'aimant est une mine de fer oxidulé amorphe, assez commune dans liic d'Elbe, (jui exerce parliculièrement de l'attraction sur le fer non aimanté, et ([ui a la propriété de manifester des pôles, c'està-dire de diriger constanuncnt une de ses extrémités vers le nord. Cette mine, à l'aide d'un fiottemen! prolongé, communique au fer
ses propriétés iiiaguétiqucs, cl forme ainsi des ainians artificiels. Le fer a joui long-tenif)s da privilège exclusif d'être allirable à l'aimant. Plus tard, cette propriété fut reconnue dans le nickel, le platine et le cobalt; enfin, un célèbre physicien, Coulomb, imagina des expériences ingénieuses et délicates qui attestent riniluence de l'aimant sur tous les corps de la nature, et qui prouvent que le globe terrestre n'est lui-même qu'un grand aimant.
Le P. Fellon, dans un petit poème latin [Magnes), qui fait partie des Poemata didascalica, a décrit avec beaucoup de talent et d'esprit les diverses propriétés de l'aimant.
'6 l'AGE 127, VERS 9.
Oh ! quels mortels un jour, Empédocles nouveaux , Oseront pénétrer dans ces brùlans caveaux ?
Empédocle , l'un des philosophes les plus célèbres de la secte de Pythagore, naquit à Agrigente en Sicile, t\l\!\ ans avant Jésus- Christ. Quehjues historiens rapportent qu'il se jnécipila dans les flammes du mont Etna, afin de faire croire qu'il avait disparu comme un dieu.
Qui l'eût cru qu'un amas de légers sédiinens Brillerait en cristaux , luirait en diamans?
Il est certain aujourd'luii , par les expériences de la chimie moderne, cpie le diamant est combustible : Guyton de Morveau, ayant recueilli et examiné la vapeur qui résulte de cette combustion , l'a trouvée parfaitement semblable à celle du charbon; il pense donc que le diamant n'est que du charbon dans son plus grand état de pureté.
Que la terre , oubliant sa vertu végétale , Des sucs dus à la fleur colorerait l'opale?
L'opale est une variété de quartz rcsinite dit opalin. Cette pierre précieuse, qui est très cassante, a une teinte laiteuse, el répand de beaux reflets d'iris , dus aux nombreuses Assures qui la traversent en tous sens, et qui décomposent et renvoient diversement la lumière.
Qu'un ver emprisonné formerait le corail?
« Cette sorte d'arbre pierreux et d'un beau rouge, dont on l'ail des bijoux, et que l'on nomme corail, est, dit M. Cuvier, un dépôt formé dans l'intérieur d'un animal composé de la famille des polypes. Dans l'état de vie , le corail est enveloppé d'une écorce charnue, creusée d'une multitude de petites cellules; chaque ce! Iule contient un polype , qui peut à volonté s'y tenir renfermé ou s'étendre au dehors. Ces polypes ressemblent à autant de petites fleurs, parce que leurs bras disposés en rayons autour de leur