DISCOURS PRELIMINAIRE
admiration pour Virgile , et le plus grand respect pour le public.
Il y a plusieurs traductions des Géorgiques en vers français. On ne connaît guère celle de l'abbé de Marolles , qui traduisait encore plus mal en vers qu'en prose. Il en existe une de Segrais, qui n'a été imprimée qu'après sa mort : on ne la lit pas plus que son Enéide. Quelque temps après celle-ci , il en parut une de IMartin , qu'on a faussement prétendu être le même que Pinchêne , neveu de Voiture, l'un de ces malheureux dontBoileau enchaînait les noms dans ses vers satiriques. Sa traduction, dont on ne peut soutenir la lecture , est cependant supérieure à celle de Segrais, dont Despréaux a vanté les Eglogues.
Dans les notes qui accompagnent cet ouvrage, je ne me suis pas borné à rapporter quelques traits de la mythologie , qu'on peut trouver partout ; je me suis attaché surtout à éclaircir les endroits obscurs, qui, malgré la foule des traducteurs et des commentateurs, sont encore en grand nombre. Tantôt j'explique Virgile par A' irgile lui-même, en rapprochant les passages qui peuvent s'expliquer mutuellement; tantôt je compare ses préceptes avec ceux des écrivains du même genre , qui l'ont précédé ou suivi. J'ai emprunté de nos auteurs tout ce qui pouvait offrir des objets de comparaison. La partie des plantes offre , je crois , des observations neuves. Enfin , je n'ai rien négligé pour rendre utile cette partie de mon ouvrage ; j'ai tâché de faire en sorte qu'elle obtînt grâce pour l'autre, et de réparer, en interprétant bien les vers (le Virgile , le tort que je puis leur avoir fait , en les traduisant mal.
p. VIRGILII
MARONIS
GEORGICA
DE