‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 2)Chapitre 12 sur 47 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Des chapitres I et II de la Philosophie Cartésienne. \

Vous dites, au commencement de votre premier chapitre, que tput le monde n'est pas capable d'entendre ma philosophie; et aux pages 14 et 1 5 vous vous exprimez ainsi : Pour faire éclater sa candeur et sa bonne foi, mais en réalité pour pouvoir attribuer toutes ses erreurs à de malheureux disciples, dont il accusera l'intelligence bornée > il vient, dès l'entrée de son cours de philosophie , nous déclarer, de l'air et du ton grave d'un homme d'importance 9 . que tous les esprits ne sont pas en état de s'élever à la hauteur de ses sublimes mystères*

Où et quand, je vous le demande, mavez-vous entendu prononcer ces . paroles d'un air grave ? Je le répète, je »e prêche point, je ne- suis ppiat prpfesspujv Vous les avez sans doute tirées de ujes écrits. Vous citez la, quatrième partie de. mes réponses aux objections. [Médi$* 9 jp^ 2$fy édit. d'Elzéy. ) J, j .^ M^it v ejp effet qjae. les sujet? traités dans la pf€^içr-e méditatian et dans les autres (cest-à-

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dire les cinq suivantes) n'ètoierit pas à la partie de tous les esprits. Mais cette citation n'est pas eu votre faveur, elle est plutôt coiftre vous; car dé ce que je parfois ainsi en particulier de ces premières méditations, qui renferment une très petite partie de la philosophie, et en même temps la partie la plus difficile, vous eussiez dû en conclure qu'il n'en seroit pais de itoême de I ? ouvrage entier. J'avouerai volontiers cependant que tout le monde ne sera pas capable delà comprendre; et si je ne l'aï dit nulle part, ce n'est pas que ce ne soit la vérité , c'est que la chose m'a paru superflue.' Queltè est donc la Science; Fart, le genre de connoissance quelconque, que tous les' liofemes puissent saisir 'àvefc une égale facilité? Mais vous, que" concluez-vous de là? (jVie je veux attribuer à clè malheureux disciple^ toiïtés les erreûi^ de ma philôsB^hiël Pesait-on ^as tjùé je iVài janitii^ rïën tait c'bnrïoîtaè ctë riià. philosophie que p^r dès édrits publics? et îra-t-on aussi attribuer â ihes disdjplfes les erreurs contenues dans ces écrits?' ' "' "'

Vous eh venez, page i 7, aux! épreuves auxquelles , sont Soumis tes esprits dans cette nouvelle école d'orgueil. Et vous ajoutez 1 : Il y eri à cinq , qtiè nous âl-

Ions examiner successivement dans ce chapitre et dàtis

les quatre sàïvants.' fuis, à la page 18, vous prétendez que la' preniiere consiste à oublier, jfil peut ( le futur dîsèiple), tout ce que ses autres rhattrès

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lui ont apprit. Et voy» avez eu soin de foire Unprimer ces mots en caractères différents , afin qu'il* parussent tirés de mes propres ouyrages , c'est«àr dire des pages 16 et 17 du Discours de la tfté~ thode, ou de la page 3 a de mes réponses à la septième partie des objections , ou bien encore dqs pages 7,2i* s3 et a/f du même livre, passages que vous aviez tous cités peu auparavant : mai* dans tous ces passages , non plus que dans aucuh autre de mes, écrits, je n'ai parlé d'oublier ceuque l'on avait appris auparavant; j'ai seulement conseillé de se dépouiller de ses préjugés* Le lecteur pourra juger d'après cela, quelle confiance il doit avoir en vos citations.. Autre chose est effectivement de renoncer à des opinions adoptées ^ans réflexion H c'est-à-dire de cesser de leur donner son assentiment , ce qui dépend toujours de notre volonté, ou de les oublier, ce qui n'est presque ja* mais en notre pouvoir. Mais comme les. premières thèses que vous avez publiées dans votre* «ttireiv site traitaient des préjugés, et que vous avez -reconnu mainte et mainte: fois que chacun, de nous de v^it s'efforoe* de les rejeter entièrement, il u eût été guère convenable de venir me reprocher d'à* voir écrit dans le même sens que vous : aussi avezvous mieux aimém attribuer quelque autre chose qui fournît une plus ample matiire à vos accusations.

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Tout le reste du chapitre ne mérite pas la moindre remarque; il prouve seulement que* si vous ne montrez dans cet ouvrage ni honnêteté, ni bonne foi; vous n'y montrez pas plus d'habileté et de logique naturelle , puisque vous prêtez à un homme qui, suivant vous-même, ne manque pas d'esprit, des sottises et des absurdités vraiment incroyables. Je vous vois, à la page 22, rapporter les paroles de l'épitre de l'apôtre saint Judes, sur ceux qui condamnent avec exécration ce qu'ils ignorent. Il n'est personne qui; sachant la manière dont vous attaquez ma philosophie , ne retourne aussitôt ces paroles' contre vous. Vous n'avez jamais lu ma philosophie, puisque je ne l'ai pas encore publiée: a connôître.

lapitre, page 27 , vous nous igie à laquelle doivent s'ase mon école ; que vous appelez les initiés aux mystères de ta folie. Selon vous ils jurent de ne faire désormais aucun usage des lwires;.mais dans quels écrits avez-vous trouvé ceserment, de qui le tenez-vous * d'où l'avez-vous tiré ? c'&st 'c* que vous ne. dites nulle part , c'est ce que vous ne 'pouvez 'dire,-.' et- 'assurément vous ne négligeriez pas> d'apporter vos preuves, si vous en aviez- quelques unes; car ici même et à la page suivante vous citez deux passages de mes écrits, qui du reste ne tiennent en rien au sujet , et pour

vqus en servir vous ne craignez pas d'en altérer le sens. Le premier est tiré de ma lettre au P. Dinet, page 1 63 , où je disois que l'on ne pouvoit se plaindre qu'un homme qui né toit pas encore vieux fit attendre trop longtemps ce que les aytre* philosophes n avaient pu faire en tant de siècles. Et vous , vdus m'interpellez en ces termes: Croit -il donc qu'un homme qui n'est pas encore vieux , ainsi qu'il le dit en parlant de lui-même dans sa lettre à Dinet , page igS, puisse avoir une connoissance exacte et certaine de toutes choses ? J'ai écrit , il est vrai , ces mots , un homme qui n'est pas encore vieux ; mais le reste de la phrase ne m'appartient pas. Vous auriez pu facilement, par cet ingénieux moyen , tirer aussi de mes écrits le serment dont nous venons de parler; par exemple, j'ai tracé quelque part dans la même lettre ces mots , les ouvrages des auteur*; . vous aussitôt vous eussiez fait cette phrase : Ils. Jurent de ne jamais lire les ouvrages des auteurs 9 comme il le dit lui-même dans sa [ lettre à Dinet, page .200. •

C'est avec la même bonne foi , et tout aussi à propos, que vous citez à la page suivante un autre passage, dans lequel je rappeloîs que j'apçis au* trefois travaillé à une méthode propre à résoudre toutes les difficultés que présentent . les sciences. Et voici ce que vous dites.: // n'en est pas plus capable dé résoudre toutes, les difficultés que présentent

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les sciences (comme René Descartes , te ptùs ridicule des fanfarons , se vante de pouvoir le faire , dans son éptire dédicatoire. Médit. , page 5 , édit. d'Èlzév. ). Est-ce donc la même ckose de dire que Ton travaillé à une méthode pour parvenir à tel ou tel but, ou de se vanter d'y parvenir facileméiït?"

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