TROISIÈME PARTIE. 3l
gles , à mesure qu'elles se rencontroient, car il n'en .
falloit pa$ tant pour cet effet, qu'il en avoit fallu pour l'autre; et de cela seul que tous les angles d'un corps sont ainsi émoussés , il est aisé de concevoir qu'il est rond , à cause que tout ce qui avance en ce corp$ au-delà de sa figure sphérique est ici compris.
Mais d'autant qu'il ne sauroit y avoir d'espace vide q^^^u-c ces en aucun endroit de l'univers, et que les parties parties rondes
. , , 1 il y en doit
de la matière étant^rondes ne saur oient se joindre avoir d'antres si étroitement ensemble qu'elles ne laissent plu- pour wmpUr sieurs petits intervalles entre elles , il faut que ces ^^^^y^t'^nt petits intervalles soient remplis de quelques autres parties de cette matière , qui doivent être extrêmement menues, afin de changer de figure à tous moments , pour s'accommoder à celle des lieux où elles entrent ; c'est pourquoi nous devons penser que ce qui sort des angles des parties de la matière à mesure qu'elles s'arrondissent en se frottant . les unes contre les autres , est si menu et acquiert une vitesse si grande, que l'impétuosité de son mouvement le peut diviser en des parties innombrables, qui , n'ayant aucune grosseur ni figure déterminée, remplissent aisément tous les petits intervalles par où les autres parties de la-matière iie peuvent passer.
Car il faut remarquer que d'autant plus que ce ^*^- ,
* •* * "^ Que 'ces plus
qui sort de la raclure des parties de la matière, à petites parUcs
2l6 LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE. .
sont aisées à mesure qu'elles s'arrondissent, est menu, d'autant
diviser.
plus aisément il peut être mû et derechef amenuisé ou divisé en des parties encore plus petites que celles qu'il a déjà, parceque pli^ un corps est petit, plus il a de superficie à raison de la quantité de sa matière, et que la grandeur de cette superficie fait qu'il rencontre d'autant plus de corps qui font effort pour le mouvoir ou diviser, pendant que ^on peu de matière fait qu'il peut d'autant moins résister à leur force. ' ^/' II faut aussi remarquer que, bien que ce qui sort
meuvent très ainsi dc la raclure des parties qui s'arrondissent n'ait aucun mouvement qui ne vienne d'elles, il doit toutefois se mouvoir beaucoup plus vite, à cause que, pendant qu'elles vont par des chemins droits et ouverts, elles contraignent cette raclure ou poussière qui est parmi elles à passer par d'autres chemins plus étroits et plus détournés; de même qu'on voit qu'en fermant un soufflet assez lentement on en fait sortir l'air assez vite, à cause que le trou par où cet air sort est étroit. Et j'ai déjà prouvé cidessus qu'il doit y avoir nécessairement quelque partie de la matière qui se meuve extrêmement vite et se divise en une infinité de petites parties , afin que tous les mouvements circulaires et inégaux qui sont dans le monde se puissent faire sans aucune raréfaction ni aucun vide ; mais je ne crois pas qu'on en puisse imaginer aucune plus