‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 102 sur 241 · Ce ne sera peut-être pas aussi sans raison que · texte numérisé non relu

Ce ne sera peut-être pas aussi sans raison que

"P^ je prendrai dorénavant toute la matière comprise rnmvers en g^ Fespacc AEI , qui compose un tourbillon autour

trois divers * * *

cieax. du ccutre s, pour le premier ciel , et toute celle qui compose un fort grand nombre d'autres tourbillons autour des centres Ff , et semblables , pour le second ; et enfin toute celle qui est au-Klelà de ces deux cieux pour le troisième : et je me persuade que le troisième est immense au regard du second, comme aussi le second est extrêmement grand au regard du premier. Mais je n'aurai point ici occasion de parler de ce troisième , parceque nous ne remar^ quons en lui aucune chose qui puisse être vue par nous en cette vie, et que j'ai seulement entrepris de traiter du monde visible, comme aussi je ne prends

TROISIÈME PAJITIE. âlQ

tous les tourbillons qui sont autour des centres Ff que pour un ciel, k cause qu'ils ne nous paroissent point différents, et qu'ils doivent être tous considérés d'une même façon. Mais pour le tourbillon dont le centre est marqué S, encore qu'il ne soit point représenté différent des autres en cette figure, je le prends néanmoins pour un ciel à part, et même pour le premier ou principal , à cause que c'est en lui que nous trouverons ci-après la terre ; qui est notre demeure, et que pour ce sujet nous aurons beaucoup plus de choses à remarquer en lui seul que dans les autres ; car, n'ayant besoin d'imposer les noms aux choses que pour expliquer les pensées que nous en avons , nous devons ordinairement avoir plus d'égard à ce en quoi elles nous touchent qu'à ce qu'elles sont en effet.

Or, d'autant que les parties du second élément se 54. sont fipottées dès le commencement les unes contre ^^TTÎ ^^

• soleil et les

les autres, la Ratière du premier, qui a dû se faire ^^^^ ^'^^p" de la raclure de leurs angles, s'est augmentée peu à peu; û lorsqu'il sfen est trouvé en l'univers plus qu'il n'en falloit pour remplir les recoins que les parties du second, qui sont rondes, laissent né-* cessairement entre elles, le reste s'est écoulé vers le centre SFf, et y a composé des corps très subtils et très liquides, à savoir le soleil dans le centre S , et les étoiles aux autrel centres ; car, après que tous les angles des parties qui composent le second

élément ont été éraoussés, et qu'elles ont été arrondies, elles ont occupé moins d'espace qu'auparavant, et ne se sont plus étendues jusqu'au centre; mais , s'en éloignant également de tous côtés , elles y ont laissé des espaces ronds , lesquels ont été incontinent remplis de la matière du premier qui y affluoit de tous les endroits d'alentour, parceque les lois de la nature sont telles , que tous les corps qui se meuvent en rond doivent continuellement * faire quelque effort pour s'éloigner des centres autour desquels ils se meuvent.

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