‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 119 sur 241 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

seulement comme des cylindres, ou autres solides qui ne sont ronds que d'un côté.

Après avoir acquis une médiocre notion de la na- ,.?7.

^ ^ Qu'a y a di-

ture des deux premiers éléments, il faut que nous vew degrés tâchions aussi de connoître celle du troisième : et dxL les petià cet effet il est besoin de considérer que la matière pr^Ier^éil" du premier n'est pas également agitée en toutes ses "*''**• parties , et que souvent en une fort petite quantité de cette matière il y a tant de divers degrés de vitesse qu'il seroit impossible de les nombrer ; ce qui peut facilement être prouvé , tant par la façon que j'ai supposé ci - dessus qu'elle a été produite , que par l'usage auquel elle doit continuellement servir. Car j'ai supposé qu'elle a été produite de ce que, lorsque les parties du second élément n'étoient pas encore rondes , et qu'elles remplissoient entièrement l'espacei qui les contenoit, elles n'ont pu se mouvoir sans rompre les petites pointes de leurs angles, et sans que ce qui s'est séparé d'elles à me^ sure qu'elles se sont arrondies ait changé diversement de figures pour remplir exactement tous les petits intervalles qu'elles ont laissés autour d'elles , au moyen de quoi il a pris la forme du premier élément. Et je crois que maintenant encore son usage est de remplir ainsi tous les petits espaces qui se trouvent entre tous les corps , quels qu'ils soient • d'où il est évident que chacune des parties dont ce premier élément est composé n'a pu au commence-

254 tES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.

ment être plus grande que les petites pointes d'angles qui dévoient être ôtées de celles du second afin qu'elles se pussent mouvoir , ou tout au plus que l'espace qui s'est trouvé entre trois de ces parties du second élément , jointes l'une à l'autre après qu'elles ont été arrondies , et que quelques unes ont pu retenir par après la même grosseur ; mais qu'il a fallu que les autres se soient froissées et divisées en une infinité de plus petites parties, qui n'eussent aucune grosseur ni figure déterminée , afin qu'elles se pussent accommoder aux diverses grandeurs des petits espaces qui se trouvent entre les parties du second élément penda^it qu'elles se meuvent. Par exemple, si nous pensons que les petites boules ABC ' sont trois de ces parties du second élément, et que les deux premières A et B qui se touchent au point G ne se meuvent chacune qu autour de son propre centre , pendant que la troisième C , qui touche la première au. point £ , roule sur la superficie de cette première d'E vers I jusques à ce que son point D aille rencontrer le point F de la seconde, il est évident que la matière du premier élément qui est dans l'espace triangulaire FIG y peut cependant demeurer sans avoir aucun mouvement, et ainsi n'être composée que d^une seule partie ( bien qu'elle puisse aussi être composée de plusieurs ) , mais que celle qui rem-

■ Voyez planche IV, figure 3.

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