‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 127 sur 241 · A .. dissipent ces · texte numérisé non relu

A .. dissipent ces

fois il n en paroit aucune sur le soleil , et si quel-^ taches sont

/• • . • • 1 . 1 • ^ fort incertai-

quetois au contraire il y en a tant que sa lumière nés. en devient notablement plus obscure ; car il ne faut que deux ou trois des moins subtiles parties du premier élément qui s'attachent l'une à l'autre pour former lé commencement d'une tache , contre laquelle s'assemblent par après quantité d'autres parties qui ne se fussent point ainsi assemblées si elles ne l'avoient rencontrée, parceque celte rencontre diminue la force de leur agitation.

Et il faut remarquer que ces taches sont fort 'o^-

*■ '^ Comment

molles et fort rares lorsqu'elles commencent à se quelquefois

lOI.

une seule ta- former, cc qui fait qu'elles peuvent diminuer Fatouteiasupèr- gltatiou des parties du premier élément qu'ellçs aLe^ rencontrent , et les joindre à soi ; mais que la matière du soleil qui coule sous elles avec grande force , pressant leur superficie du côté qu'elle les touche , ne les rend pas seulement égales et polies de ce côté-là, mais aussi peu à peu plus serrées et plus dures , bien qu'elles demeurent molles et rares de l'autre côté qui est tourné vers le ciel , et ainsi qu'elles ne peuvent pas aisément être défaites par la matière du soleil qui coule sous elles, si ce n'est qu'elle coule aussi autour de leurs bords , et les rende peu à peu si minces qu'elle puisse passer par-dessus : car , pendant que leurs bords sont si élevés au - dessus de la superficie du soleil qu'ils ne sont aucunement pressés par sa matière , elles se peuvent plutôt accroître que diminuer, parcequ'il s'attache toujours quelques nouvelles parties contre ces bords ; c'est pourquoi il se peut faire qu'une seule tache devienne si grande qu'enfin elle s'étende sur toute la superficie de l'astre qui l'a produite , et qu'elle s'y arrête quelque temps avant que de pouvoir être dissipée.

ïo3. C'est ainsi que quelques historiens nous rappor-

«oieii a para tcut qu'autrefois le soleil, pendant plusieurs jours , S^* ob^^il^ voire même pendant toute une année , a paru plus quede coutu- p^Je qu'à l'ordiuaire, et n'a fait voir qu'une lumière

pie , et pour- t l ^ i

quoi i«8 ctoi- fort pâle et sans rayons, quasi comme celle de la

TROISIÈME PARTJE. 267

lune : et l'on remarque qu'il y a certaines étoiles i«* «« v^^^

^ *■ ^ . sent pas tou-

qui nous paroissent plus petites , et d'autres plus jours de grandes qu'elles n'ont paru autrefois aux astrono- denf. mes qui en ont exprimé la grandeur en leurs écrits; de quoi je ne pense pas qu'on puisse rendre aucune autre raison , sinon qu'étant maintenant plus ou moins couvertes de tadies qu'elles n'ont été autrefois , leur lumière nous doit paroître plus sombre ou plus vive.

Il se peut faire aussi que les taches qui couvrent ^ ^^^\ .,

* *■ *■ Pourquoi 11 y

quelque astre soient devenues par succession de en a qui dis-

. , . , ,, A .X paroissent ou

temps si épaisses, quelles nous en otent entière- qui paroissent ment la vue ; et c'est ainsi qu'on a compté autrefois ^ nouveau. sept Pléiades, au lieu qu'on n'en voit maintenant que six. Et il se peut faire au contraire qu'un astre que nous n'avons point vu auparavant paroisse tout-àcoup, et nous surprenne par l'éclat de sa lumière, à savoir si tout le corps de cet astre ayant été couvert jusques à présent d'une tache assez épaisse pour nous en ôter entièremen! la vue , il arrive mainte* nant que la matière du premier élément, y affluant plus abondamment qu'à l'ordinaire , se répande sur. la superficie extérieure de cette tache : car , cela étant, elle la doit couvrir toute en fort peu de temps , et faire que cet astre nous paroisse avec autant de lumière que s'il n'étoit enveloppé d'aucune tache. Et il peut continuer long -temps par après à paroître avec cette jméme lumière, ou bien

il peut aussi la perdre peu à peu ; et c'est ainsi qu'il arriva, sur la fin de l'année 1672, qu'une étoile qu'on n'avoit point vue auparavant, parut dans \» signe de Cassiopée, avec une lumière fort éclatante et fort vive , laquelle s'obscurcit par après peu à peu, tant qu'elle disparut entièrement vers le commencement de l'année ib^/\.; et nous en remarquons quelques, autres dans le ciel que les anciens n'ont point vues , mais qui ne disparoissent pas sitôt : de toutes lesquelles. choses je tâcherai ici de rendre raison.

io5. Posons , par exemple , que l'astre I * est entière-

Qn'ilyades i . i /»

pores dans les ment couvert dc la tache defg , et considérons ^L^partier'* T*® ccttc tachc nc peut être si épaisse qu'il n'y ait cannelées ont ^^ ^|jg plusieurs pores OU Dctits trous bar où la

libre passage. • * a i xr

matière du premier élément et même ses parties cannelées peuvent passer : car, ayant été fort molle et fort rare en son commencement , il y a eu en elle quantité de tels pores; et, bien que ses parties se soient par après plus serrées , et qu'elle soit devenue plus dure , toutefois les parties cannelées et autres du premier élément, passant continuelle-' ment par-dedans ses pores, n'ont pas permis qu'ils se soient fermés tout-à-fait , mais seulement qu'ils se soient étrécis , en telle sorte qu'il n'y est resté qu'autant d'espace qu'il en faut pour donner .passage à ces parties cannelées, qui sont les plus gros-

' Voyez planche V , figure i.

TAOISIÈHE PARTIE. 269

ses du premier élément , et même qu'autant qu'il en faut pour leur donner passage du côté qu'elles ont coutume d'y entrer ; eh sorte que les pores par où passent celles qui viennent de l'un des pôles vei^s I ne seroient pas propres à les recevoir si elles retoumoient d'I vers ce même pôle, ni même à recevoir celles qui viennent de l'autre pôle, parceque celles-là sont tournées en coquille d'une autre façon. ' •

Ainsi il faut penser que les parties cannelées qui ^**^- ,

■^ * * * Pourquoi cl-

coulent sans cesse d'A vers I, c'est-à-dire de toute les ne peuvent

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