TROISIÈME PARTIE
tournant par R vers Q , doit pousser cet astre en ligne droite d'N vers S, et, par ce moyen, le faire descendre vers là ; car, considérant ci-apr^ la nature de la pesanteur , on connoîtra que lorsqu'un corps est ainsi poussé vers le centre du tourbilloA dans lequel il est, on peut dire proprement qu'il descend. Or cette matière du ciel qui est vers O, doit ainsi faire descendre cet astre au commencement , lorsque nous ne concei^ns point qu'elle lui donne encore aucune autre agitation : mais parceque , l'environnant de toutes parts , elle l'emporte aussi circulairement avec soi d'N vers A , cela lui donne incontinent quelque force pour s'éloigner du centre S; et ces deux forces étant contraires , c'est selon qu'il est plus ou moins. solide que l'une a plus d'effet que l'autre; en sorte que s'il a fort peu de solidité il doit descendre fort bas vers S, et s'il en a beaucoup, il ne doit quç fort peu descendre au commencemeiit, puis incontinent après remonter, et s'éloigna du centre S.
J'entends ici par la. solidité de cet astre la quau:^ '^'* tité de la matièi^ du troisième élément dont les ta- tends par la ches et l'air qui l'environnent sont composés, en co^se^ar tant qu'elle est comparée avec l'étendue de leur su- *«^'^a&**ation. perficie et la grandeur de l'espace qu'occupe cet astre ; car la force dont la matière du tourbillon AEIO l'emporte circulairement autour du centre
S doit être estimée par la grandeur des superficies qu'elle rencontre en Fair ou aux taches de cet astre , à cause que , d'autant plus que ces superficies sont grandes , il y a d'autant plus grande quantité de cette matière qui agit contre lui. Mais la force dont cette même matière le fait descendre vers S doit être mesurée par la grandeur de l'espace qu'il occupe, à cause que, bien que toute la matière qui e$t dans le toiid^^on AEIO fosse effort pour s'éloigner d'S , ce n'est pas toutefois toute cette matière, mais seulement celles de ses parties qui montent en la place de l'astre N lorsqu'il descend , et qui par conséquent sont égales en grandeur à l'espace qu'il quitte , lesquelles agissent contre lui ; enfin , la force que cet astre acquiert de ce qu'il est transporté circulairement autour du centre S par la matière du ciel qui le contient, cette force, dis -je , qu'il acquiert pour continuer à être ainsi transporté , ou bien à se mouvoir , qui est ce que j'appelle son agitation, ne doit pas être mesurée par la grandeur de sa superficie ni par la quantité de toute" la matière dont il est composé, mais seulement par ce qu'il y a en lui ou autour de lui de la matière du troisième élément dont les petites parties se soutiennent et demeurent jointes les unes aux autres : car pour la matière qui appartient au premier ou bien au second élément , d'autant qu'elle sort continuellement hors de cet astre, et
qu'il y en entre d'autre en sa place, cette nouvelle matière ne peut pas retenir la force de l'agitation qui a été mise en celle à qui elle succède , outre qu'il n'avoit peut-être été mis aucune nouvelle agitation en celle-là ; mais le mouvement qu'elle avoit d'ailleurs avoit peut-être été seulement déterminé à se faire vers certain côté plutôt que vers d'autres , et cette détermination peut être continuellement changée par diverses causes.
Ainsi nous voyons sur cette terre que des piè- Y^'uaces d'or , de plomb , ou d'autre métal , conservent té d*an corps
•..11 . . 1 ,1 nedépendpas
bien plus leur agitation, et ont beaucoup plus de seulement de
force à continuer leur mouvement lorsqu'elles sont ^^^^^^^^^
une; fois ébranlées que n'ont des pièces de bois ou composé,mais
des pierres de même grandeur et de même figure ; quantité de
• r •- • 9 11 .1 cette matière
ce qm tait que nous jugeons quelles sont plus so- eidesafigure.
lides, c'est-à-dire que ces métaux ont en eux plus
de la matière du troisième élément , et moins de
pores qui .soient remplis de celle du premier ou
du second. Mais une boule pourroit être si petite,
que , encore qu'elle fut d'or , elle auroit moins de
force à continuer son mouvement qu'une autre
beaucoup plus grosse qui ne seroit que de bois ou
de pierre ; et on pourroit aussi donner telle figure
à un lingot d'or qu'une boule de bois plus petite
que lui seroit capable d'une plus grande agitation ,
à savoir si on le tiroit en filets fort déliés , ou si
on. le battoit en feuilles fort minces , ou si on le
ago' LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.
rendoit plein de pores, ou petits trous semblables à ceux d'une éponge, ou enfin si en quelque autre façon que ce soit on lui faisoit avoir plus de superficie , à raison de la quantité de sa matière, que n'en a cette boule de bois.
ia3. Et il peut arriver en même façon que l'astre N
^tit^ Wel ^^* moins de solidité ou moins de force pour con-
duMcondéié- tinuet son mouvement que les petites boules du sèment peayent /
avoir pias de coud élément qui 1 environnent , nonobstant qu'il tout le co^ soit fort gros et couvert de plusieurs écorces de d'un astre, t^ches : car ces petites boules sont aussi solides qu'aucun corps de même grandeur sauroit être, d'autant que nous ne supposons point qu'il y ait en elles aucuns pores qui doivent être remplis de quelque autre matière , et que leur figure est sphérique, qui est celle qui contient le plus de matière sous une moindre superficie, ainsi que savent les géomètres* Et de plus , encore qu'il y ait beaucoup d'inégalité entre leur petitesse et la grandeur d'un astre, cela est récompensé, parceque ce n'est pas une seule de ces boules qui doit être ici comparée avec cet astre, mais une quantité de telles boules qui puisse occuper autant de place que lui : en sorte que pendant qu'elles tournent, avec l'astre N autour du centre S , et que ce mouvement circulaire leur donne, tant à elles qu'à cet astne, quelque force pour s'élcHgner de ce centre, s'il arrive que cette force soit plus grande en cet astre seul qu'en
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AUSSI en Avoir moint.