‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 144 sur 241 · TROISIÈME PARTIE. 50'J · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 50'J

du lieu où elles sont ; en sorte que , supposant le . reste égal , la chevelure de la comète paroît d'autant plus longue que k terre.est plus éloignée du point de sa route qui est en la ligne droite qu'on peut tirer de cette comète vers le soleil , et même que lorsqu'elle en est si éloignée que le corps de la comète ne peut être vu , à cause qu'il est oflfiisqué par les rayons du soleil, l'extrémité de sa queue ou chevelure lie laisse pas quelquefois de paroître, et on la nomme alors une barre ou chevron de feu, à cause qu'elle »en a la figure. Enfin , on observe que cette queue ou chevelure des comètes est quelquefois un peu plus large, quelquefois un peu plus étroite que de coutume; qu'elle est quelquefois droite, et quelquefois un peu courbée; et qu'elle v

paroît quelquefois exactement dans le même cercle qu'on imagine passer par les centres du soleil et de la comète, et que quelquefois elle semble s'en détourner quelque peu : de toutes lesquelles choses je tâcherai ici de rendre raison.

Et , àcet effet, il faut que j'explique uil nouveau 134. genre de réfraction , duquel je n'ai point parlé en sistelia réfracla Dioptrique, à cause qu'on ne le remarque point ^'^^j^î^ ^' dans les corps terrestres ; il consiste en ce que les ^«"« ^*^*

* comètes.

parties du second élément qui composent le ciel n'étant pas toutes égales , mais plus petites au^ dessous de la sphère de Saturne qu'au-dessus , les rayons de lumière qui vienneôt des comètes vers

ao.

fractioD.

3o8 LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.

la terre sont tellement transmis des plus grosses de ces parties aux plus petites , qu'outre qu'ils suivent leurs coura en }i§nes droites, ils s'écartent aussi quelque peu de part et d'autre par le moyen de ces plus petites , et ainsi souffrent quelque réfraction.

i35. Considérons , par exemple, cette figure ' , en la-

de cette ré- quellc dcs boules asscz grosses sont appuyées sur d'autres beaucoup plus petites, et pensons que ces boules sont en continuel mouvement , ainsi que les parties du second élément ont été ci-déssus représentées; en sorte que, si l'une d'elles est poussée vers quelque côté, par exemple si la boule A est -poussée vers B , elle pousse en même temps toutes les autres qui sont vers ce même côté, à savoir toutes celles qui sont en la ligne droite AB^ et ainsi leur communique cette action ; touchant laquelle action il faut remarquer qu'elle passe bien tout entière en ligne droite depuis A jusques à C, mais qu'il n'y en a qu'une partie qui continue ainsi en ligne droite de C jusques à B , et que le reste se détourne et se répand tout à l'entour jusque vers D et vers E : car la boule C ne peut pousser vers B la petite boule marquée 2 , qu'elle ne pousse les deux autres 1 et 3 vers D et vers E , au moyen de quoi eue pousse aussi toutes celles qui sont dans le triangle DCE. Et il n'en est pas de même de la boule A

^ Voyez planche V, figure 3.

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