‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 5)Chapitre 27 sur 59 · AUX PREMIÈRES I^^TSTAN CES · texte numérisé non relu

AUX PREMIÈRES I^^TSTAN CES

Il y a des propriétés que l'on conçoit les unes avant les autres, etc. La sensibilité ne me paroît être dans la chose sensible qu'une dénomination extrinsèque, et n'est point une qualité qui convienfie à tdute la substance corporelle ; car si elle se rapporte à nos sens, elle ne convient point aux parties les plus déliées de la matière ; que si elle avoit quelque rapport à ces nerfs imaginaires que vous supposez que Dieu pourroit façonner , elle pourroi t peut-être convenir aux anges et aux âmes ; car je ne conçois pas plus facilement des nerfs capables,de sentiment, et si subtils qu'ils puissent être mus par les plus petites parties de la matière, que quelque autre faculté par lé moyen de laquelle notre âme puisse sentir ou percevoir immédiatement les autres âmes : mais bien ^tte dans l'extension nous comprenions facilement les parties au respect les unes des autres, il me paroît pourtant que je conçois très bien l'étendue ," sans penser au rapport que ce& parties ont les unes à Tégard des autres; ce que vous devez admettre plu9 vak>ntiers que moi , parceque vous concevea^ Fétendue comme convenant è Dieu , sans admettre en lai aiftCttnes parties.

Personne n'a encore démontré qtie ta faculté (têtre louché, on V impénétrabilité , soient des propriétés qui conviennent à la substance étendue. Si vous concevez rétendue par teTapport des parties les unes 'auprès des autres 9 il ne paroît pas que vous^ puissiez dire que chacune de ses parties ne tojoche pas les voisines , et cette faculté d'être touché est une véritable propriété qui est intime au sujet , et non celle que les sens nous font appeler le toucher.

On ne peut pas aussi comprendre qu*une partie d'une chose étendue pénètre une autre partie qui lui soit égale , sans comprendre eu même temps que retendue qui est au milieu de ces deux par* ties est ôtée ou anéantie ; or une chose réduite au néant n'en sauroit pénétrer une autre*: ainsi on peut démontrer , selon moi , que l'impénétrabilité appartient à l'essence de l'étendue , et non à l'essence d'ancune autre chose.

Je soutiens quil y a une autre étendue aussi véritable. Enfin nous sommes d'accord sur le' fond , et il ne s'agit plus entre nous que d'uuQ question de nom f savoir , s'il £%ut donner le nom de véritable étendue à cette dernière. Pour moi, je ne conçois aucune étendue de substance , ni en Dieu , ni daiis les an^s^ ni dans notre âme; mais seulenient une étendue de puissance, ou une extension eu puissance ; en sorte qu'un ange '•peut proportionner ce pouvoii; d'extension , tant#t à une plus

grande OU moindre partie de la siibstifinoe corporelle; car s'il n'y avoit aucun corps , je- ne com* prendrois aussi aucun espace à qui Dieu ou l'ange cortespondissent par l'étendue. QKiant à ce qu'on attribue à la substance l'étendue qui n'appartient qu'à* là puissance , c'est un effet du même préjugé qui nous fait supposer toute substance en Dieu même, comme tombant sous l'imaginatioti.

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