‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 5)Chapitre 28 sur 59 · AUX SECONDES INSTANCES · texte numérisé non relu

AUX SECONDES INSTANCES

Que des parties de l'espace vide en absorbent d'autres , etc. Je le répète , si elles sont absorbées ; . dohc le milieu de l'espace est ôté et cesse d'être. Or ce qui cesse d'être ne pénètre point une autre chose, donc il faut admettre l'impénétrabilité en tout espace.

Cet ihtermonde ou cette absence du monde auroit sa durée, etc. Je crois qu'il implique contradiction de concevoir une durée entre la destruction du premier monde et la création du nouveau ; caf ^sî iious rapportons cette durée ou quelque chose de semblable à la succession des pensées divines , ce sera une erreur de l'intellect, non une véritable perception de quelque chose. J'ai déjà répondu à la suite, en observant que l'étendue qu'on attribue aux choses incorporelle^ convient seulement à la puissance et*non à la substance, laquelle puissance étant seulement un mode dans la chose à

'LETTRES» aSp

laquelle elle est appliquée, en ôtant cette chose étendue à laquelle elle cdrrespondoit , on ne sAix^ roit comprendre qu'elle soit étendue.

AUX PÉNULTIÈMES INSTANCES.

Que Dieu est positivement et réellemmt infini , cest-à'dire existant partout , etc. Je n'admets pas ce partout f car il paroît ici que vous ne faites consister l'infinité en Dieu qu'en ce qu'il existe .partout , ce que je ne vous passe point ; croyant au contraire que Dieu est partout à raison de sa puissance , et qu'à raison de son essence il n'a absolument aucune relation au lieu, or comme on ne distingue point en Dieu le pouvoir et l'essence, je crçis qu'il est mieux de raisonner en pareille matière sur notre âme ou les anges, comme choses plus proportionnées à notre manière de penser. Les cUffîcultés suivantes me paroissent naître du préjugé qui nous a fait croire que toutes substances, celles-là mêmes que aous reconAoissons incorporelles , sont véritablement étendues ^ et de la mauvaise manière de philosopher sur les êtres de raison, en attribuant les propriétés de l'être ou de la chose au non-être ; mais n'oublions jamais que le non-être, ou ce qui n'existe pas, n'a aucun véri- "*

table attribut, et qu'on ne sauroit concevoir en lui en aucune façon la partie^ le iout^ le sujet , l* adjoint ^^Ic.^ et c'est bien conclure, lorsque vous dites

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que l'esprit se joiie avecse» propres ombres, lorafqu'îl considère les êtres de raison.

Un nombre certain et fini de stades suffira , etc. Mais il répugne à mes idées d'assigner des bornes «u monde , et ma perception est la seule règle de te que je dois affirmer ou nier. C'est pour cela que je dis que le monde est indéterminé oti indéfini, parceque je n'y connois aucunes bornes , tnais je n'oserois dire qu'il est infini , parceque je conçois que Dieu est plus grand que le mondé,' non à raison de son étendue que je ne conçois point en Dieui, comme j'ai dit plusieurs fois , mais à raison de sa perfection.

AUX DERIÏIÈAES INSTANCES.

Si vous le faites , etc. Je ne sais point certaine^ ment si le reste de ma Philosophie verra le jour , parcequ'il faudroit pour cela faire plusieurs expériences , lesquelles je ne sais si j'aurai jamais la commodité de faire ; mais j'espère donner cet été un petit Traité des passions , dans lequel on verra. clairement comment tous les mouvements de nos membres qui accompagnent nos passions ou affections sont produits, selon moi, non par notfe âme , mais par le seul mécanisme de notre corps. Quant aux signes que font les chiens avec leurs qMeues , ce spnt les seuls mouvements qui accom* pagnent les affections, et je crois qu'il faut les

distioguer soigneusement de la p^rple, qtii seule est un signe certain de la paisée qui est cadiée dans le corps : vous pourriez due la même chose des enfants^ etc.

Il y a une grandç différentre entre les enËmts et

les brutes ; cependant je ne croirois pas que les enfants eussent une ânae , si je ne voyois qu'ils sont de la même natuce que 1^ adultes. PourJesbrtiles, elles ne parviennent jaqaais à un âge où l'on puisse remarquer en elles le moindre sigzie de pensée. >

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