‹ OEuvres de Descartes, publiéesChapitre 10 sur 22 · Il est très vrai de dire que nous ne concevons · texte numérisé non relu

Il est très vrai de dire que nous ne concevons

pas l'infini par la négation du fini; et de ce que la

limitation contient en soi la négation de l'infini, c'est

en vain qu'on infère que la négation de la limita*

tion ou du fini contient la connoissance de l'infini ;

poureeque ce par quoi l'infini diffère du fini est

réel et positif, et qu'au contraire la limitation par

laquelle le fini diffère de l'infini est un non-etre ou

une négation d'être : or ce qui n'est point ne nous

peut conduire à la connoissance de ce qui est; mais s. 18

au contraire, par la connoissance d'une chose il est aisé de concevoir sa négation. Et lorsque j'ai dit, en la page 56 1, qu'il suffit que nous concevions une chose qui n'a point de limites pour concevoir l'infini, j'ai suivi en cela la façon de parler la plus usitée; comme aussi lorsque j'ai retenu le nom d'être infini, qui plus proprement auroit pu être appelé Y être très ample, si nous voulions que chaque nom fut conforme à la nature de chaque chose; mais l'usage a voulu qu'on l'exprimât par la négation de la négation : de même que si, pour désigner une chose très grande, je disois quelle n'est pas petite, ou qu'elle n'a point du tout de petitesse; mais par là je n'ai pas prétendu montrer que la nature positive de l'infini se counoissoit par une négation , et partant je ne me suis en aucune façon contredit.

Je demeure hien d'accord que notre esprit a la faculté d'agrandir et d'amplifier les idées des choses ; mais je nie que ces idées ainsi agrandies , et même la faculté de les agrandir de la sorte, pussent être en lui , si l'esprit même ne tiroit son origine de Dieu, dans lequel toutes les perfections où cette ampliation peut atteindre existent véritablement. Ce que j'ai souvent inculqué et prouvé par cette raison très claire et accordée de tout le monde, à savoir qu'un effet ne peut avoir aucune perfection qui n'ait été auparavant dans sa cause» Et il n'y a

personne qui croie que les atomes soient d'euxmêmes, qui puisse passer en cela pour très subtil philosophe, pourcequ'il est manifeste par la lumière naturelle qu'il ne sauroit y avoir qu'un seul être souverain indépendant de tout autre. Et quand on dit qu'un sabot n'agit pas sur soi-même lorsqu'il se tourne en rond, mais seulement qu'il souffre par le fouet, encore qu'il soit absent, je voudrois bien savoir de quelle manière un corps peut souffrir d'un autre qui est absent, et comment l'action et la passion sont distinguées l'une de l'autre ; car j'avoue que je ne suis pas assez subtil pour pouvoir comprendre comment une chose peut souffrir d'une autre qui n'est point présente, et même qu'on peut supposer n'être plus, si, par exemple, aussitôt que le sabot a reçu le coup de fouet , le fouet cessoit d'être. Et je ne vois pas ce qui pourroit empêcher qu'on ne pût aussi pareillement dire qu'il n'y a plus maintenant d'actions dans le monde , mais que tout ce qui se fait sont des passions des premières actions qui ont été dès la création de l'univers. Pour moi j'ai toujours cru que l'action et la passion ne sont qu'une seule et même chose à qui on a donné deux noms différents, selon qu'elle peut être rapportée, tantôt au terme d'où part l'action , et tantôt à celui où elle se termine, ou en qui elle est reçue; en sorte qu'il

répugne qu'il y ait durant le moindre moment

une passion sans action. Enfin, bien que je demeure d'accord que les idées des choses corporelles peuvent dépendre de l'esprit, et même que j'accorde, non pas à la vérité que tout ce monde visible, ainsi qu'on m'objecte, mais bien que l'idée d'autant de choses qu'il y en a dans ce monde visible peut être produite par l'esprit humain ; c'est toutefois mal raisonner que d'inférer de là que nous ne pouvons savoir s'il y a quelque chose de corporel dans la nature. Et mes opinions ne nous jettent dans aucunes difficultés, mais seulement les conséquences qui en sont mal déduites : car je n'ai pas prouvé l'existence des choses matérielles de ce que leurs idées sont en nous, mais de ce qu'elles se présentent à nous de telle sorte, que nous connoissons clairement qu'elles ne sont pas faites par nous, mais qu'elles nous viennent d'ailleurs.

7. Je dis ici, premièrement, que la lumière du soleil ne se conserve pas dans cette pierre de Bou* logne, mais qu'une nouvelle lumière s'allume en elle parles rayons du soleil, laquelle est vue par après dans l'ombre. Et secondement , que c'est mal conclure , de vouloir inférer de là que chaque chose peut être conservée sans le concours de Dieu , parceque souvent il est permis d'éclaircir des choses vraies par des exemples faux ; et il est beaucoup plus certain qu'aucune chose ne peut exister sans le concours de Dieu , qu'il n'est certain qu'aucune

lumière du soleil ne peut exister sans le soleil. Et il ne faut point douter que si Dieu retiroit une fois son concours, toutes les choses qu'il a créées retourneroient aussitôt dans le néant, pourceque avant qu'elles fussent créées, et qu'il leur prêtâtson concours, elles n'étoient qu'un néant : mais cela n'empêche pas qu'elles ne doivent être appelées des substances, parceque quand on dit de la substance créée qu'elle subsiste par elle-même , on n'entend pas pour cela exclure le concours de Dieu, duquel elle a besoin pour subsister, mais seulement on veut dire qu'elle est telle qu'elle peut exister sans le secours d'aucune autre chose créée : ce qui ne se peut dire de même des modes qui accompagnent les choses, comme sout la figure, ou le nombre, etc. Et Dieu ne feroit pas paroître que sa puissance est immense, s'il créoit des choses telles, que par après elles pussent exister sans lui; mais, au contraire, il montreroit par là qu'elle seroit finie?, en ce que les choses qu'il auroit une fois créées ne dépend roient plus de lui pour être. Et je ne retombe point dans la fosse que j'avois préparée, lorsque je dis qu'il est impossible que Dieu détruise quoi que ce soit d'une autre façon que par la cessation de son concours, pourcequeautrementils'ensuivroitque, par une action po sitive, il tendroit au non-être. Car il y a une très grande différence entre les choses qui se font par

1 action positive de Dieu, lesquelles ne sauraient être que très bonnes, et celles qui arrivent à cause de la cessation de cette action positive, comme tous les maux et les péchés, et la destruction d'un être, si jamais aucun être existant étoit détruit. Et ce que vous ajoutez de la nature du triangle n'a point de force : car, comme j'ai dit souvent, quand il est question des choses qui regardent Dieu, ou l'infini, il ne faut pas considérer ce que nous en pouvons comprendre (puisque nous savons qu'elles ne doivent pas être comprises par nous), mais seulement ce que nous en pouvons concevoir, ou atteindre par quelque raison certaine. Maintenant, pour savoir en quel genre de cause ces vérités dépendent de Dieu, voyez ma réponse aux sixièmes objections, article 8.

8. Je ne me souviens point d'avoir jamais écrit, ni même pensé ce que l'on m'attribue ici.

9. Je ne me ressouviens point aussi que je me sois jamais étonné de ce que tout le monde n'aperçoit pas en soi l'idée de Dieu ; car j'ai si souvent reconnu que les choses que les hommes jugent sont différentes de celles qu'ils conçoivent, qu'encore que je ne doute point qu'un chacun n'ait en soi l'idée de Dieu, du moins implicite, c'est-à-dire qu'il n'ait en soi la disposition pour la concevoir explicitement et distinctement , je ne m'étonne pas pourtant de voir des hommes qui ne sentent point avoir en

eux cette idée, ou plutôt qui ne sen aperçoivent point, et qui peut-être ne s'en apercevront pas encore, après avoir lu mille fois, si vous voulez, mes Méditations. Ainsi lorsqu'ils jugent que l'espace, qu'ils appellent vide, n'est rien, ils le conçoivent néanmoins comme une chose positive; et lorsqu'ils pensent que les accidents sont réels, ils se les représentent comme des substances, encore qu'ils ne jugent pas que ce soient des substances. Ainsi , quoique dans la notion qu'ils ont de l'âme ils ne remarquent rien qui ait du rapport avec le corps, ou l'étendue, ils ne laissent pas de se la représenter comme corporelle, et de se servir de leur imagination pour la concevoir, et ensuite d'en juger, et d'en parler comme d'un corps ; et ainsi souvent en beaucoup d'autres choses les jugements des hommes diffèrent de leurs perceptions. Mais ceux qui ne jugent jamais que des choses qu'ils conçoivent clairement et distinctement , ce que je tâche toujours de faire autant que je puis, ne peuvent pas juger d'une même chose autrement en un temps qu'en un autre. Et encore que les choses qui sont claires et indubitables nous paroissent d'autant plus certaines que nous les considérons plus souvent et avec plus d'attention, je ne me souviens pas néanmoins d'avoir jamais donné cela pour la marque d'une certitude claire et indubitable : et je ne sais pas aussi en quel endroit est ce mot de toujours, duquel

il est ici fait mention; mais je sais très bien que lorsque nous disons qu'une certaine chose se fait toujours par nous, on n'a pas coutume par ce mot de toujours de dénoter 1 éternité, mais seulement que nous la faisons toutes les fois que l'occasion se présente de faire la même chose.

1 o. C'est une chose qui de soi est manifeste , que nous ne pouvons connoître les fins de Dieu , si luimême ne nous les révèle : et encore qu'il soit vrai, en morale , eu égard à nous autres hommes , que toutes choses ont été faites pour la gloire de Dieu , à cause que les hommes sont obligés de louer Dieu pour tous ses ouvrages; et qu'on puisse aussi dire que le soleil a été fait pour nous éclairer, pourceque nous expérimentons que le soleil en effet nous éclaire : ce seroit toutefois une chose puérile et absurde d'assurer en métaphysique que Dieu, à la façon d'un homme superbe , n'auroit point eu d'autre fin en bâtissant le monde que celle d'être loué par les hommes, et qu'il n'auroit créé le soleil , qui est plusieurs fois plus grand que la terre , à autre dessein que d'éclairer l'homme, qui n'en occupe qu'une très petite partie.

1 1 . L'on confond ici les fonctions de la volonté avec celles de l'entendement : car ce n'est pas le propre de la volonté d entendre, mais seulement de vouloir; et encore qu'il soit vrai que nous ne voulons jamais rien dont nous ne concevions en

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quelque façon quelque chose, comme j'ai déjà cidevant accordé, toutefois l'expérience nous montre assez que nous pouvons vouloir d'une même chose beaucoup plus que nous n'en pouvons connoître. Et le faux n'est point aussi appréhendé sous l'apparence du vrai ; et ceux qui nient en nous l'idée de Dieu n'appréhendent ou n'aperçoivent point cela, quoique peut-être ils l'assurent, qu'ils le croient, et qu'ils le soutiennent; car, comme j'ai remarqué sur l'article 9 , il arrive souvent que les jugements des hommes sont fort différents de leur perception ou appréhension.

12. Puisqu'on ne m'oppose ici que l'autorité d'Aristote et de ses sectateurs, et que je ne dissimule point que je crois moins à cet auteur qu'à ma raison , je ne vois pas que je doive me mettre beaucoup en peine de répondre.

Or il importe fort peu si celui qui est venu aveugle au monde a en soi les idées des couleurs , ou non. Et c'est en vain que Ton apporte ici le témoignage d'un philosophe aveugle : car, encore que nous supposions qu'il a des idées tout-à-fait semblables à celles que nous avons des couleurs, il ne peut pas toutefois savoir qu'elles sont semblables aux nôtres, et partant elles ne doivent point être appelées les idées des couleurs, poureequ'il ignore quelles sont les nôtres. Et je ne vois pas en quoi je suis ici inférieur aux autres, poureeque, encore

que l'esprit soit indivisible, il n'est pas pour cela moins capable d'acquérir diverses propriétés. Et il ne faut pas trouver étrange si durant le sommeil il n'invente aucunes démonstrations semblables à celles d'Archimède; car il demeure uni au corps, même pendant le sommeil, et il n'est alors en aucune façon plus libre que durant la veille. Et le cerveau par une longue veille n'est pas mieux disposé à retenir les vestiges qui sont imprimés en lui; mais , soit durant le sommeil , soit pendant la veille, ces vestiges se retiennent d'autant mieux qu'ils ont été plus fortement imprimés : et c'est pour cela que nous nous ressouvenons quelquefois de nos songes; mais nous nous ressouvenons beaucoup mieux des pensées que nous avons eues étant éveillés, de quoi je rendrai clairement laraison en physique.

i3. Lorsque j'ai dit que Dieu étoit son être, je me suis servi d'une façon de parler fort usitée par les théologiens, par laquelle on entend qu'il est de l'essence de Dieu qu'il existe; ce qu'on ne peut pas dire de même du triangle , pourceque toute son essence se conçoit fort bien, encore qu'on supposât qu'il n'y en eut aucun dans la nature. Or j'ai dit que les sceptiques n'auroient jamais douté des vérités géométriques s'ils eussent connu Dieu comme il faut, pourceque ces vérités géométriques étant fort claires, ils n auroient eu aucune occasion d'en

douter, s'ils eussent su que toutes les choses que Ton conçoit clairement sont vraies ; et c'est ce que nous apprend la connoissance que nous avons de Dieu quand elle est entière et suffisante , et cela même est le moyen qu'ils n avoient pas en raaiu.

Enfin cette question , savoir si la ligne est composée de points ou de parties, ne sert ici de rien au sujet , et ce n'est pas le lieu d'y répondre ; mais je vous avertis seulement que, dans le lieu cité en la page 584» je n a* Pas entendu parler de tout ce qui regarde la géométrie, mais seulement de celles de ses démonstrations dont les sceptiques doutoient , quoiqu'ils les eussent clairement conçues. Et c'est mal à propos que l'on produit ici un sceptique, disant, que ce mauvais génie me trompe autant qu'il pourra, etc. ; car quiconque parlera de la sorte, dès là il ne sera plus sceptique, pourcequ'il ne doutera pas de toutes choses. Et certes je n'ai jamais nié que les sceptiques mêmes, pendant qu'ils concevaient clairement une vérité, ne se laissassent aller à la croire, en sorte qu'ils n'étoient sceptiques que de nom , et peut-être même ne persistaient- ils dans l'hérésie où ilsétoient de douter de toutes choses, que pour ne pas démordre de leur résolution, et ne paroître pas inconstants et de légère créance. Mais j'ai seulement parlé des choses que nous nous ressouvenons avoir autrefois claire-

ment conçues, et non pas de celles que présentement nous concevons clairement , ainsi qu'on peut voir en la page 84 , 3s 5 et a6.

i4< J'ai déjà expliqué sur la fin de mes réponses aux sixièmes objections , par l'exemple de la pesanteur, en tant que prise pour une qualité réelle, comment l'esprit est co-étendu à un corps étendu , encore qu'il n'ait aucune vraie extension , c'est-à-dire aucune par laquelle il occupe un lieu et qui fait qu'il en chasse tout autre corps. Et j'ai aussi montré dans ces mêmes réponses, article 5, que lorsque l'Ecclésiaste dit que l'homme n'a rien de plus que la jument, il parle seulement du corps, pourcequeaussitôt après il parle séparément de l'âme en ces termes, qui sait si l'esprit des enfants d'Adam, etc.

Enfin, pour reconnoître laquelle de ces deux manières de concevoir est la plus imparfaite, et marque plutôt la foiblesse de notre esprit, ou bien celle par laquelle nous ne pouvons concevoir une chose sans l'autre , comme l'esprit sans le corps , ou bien celle par laquelle nous les concevons distinctement l'une sans l'autre, comme des choses complètes , il faut prendre garde laquelle de ces deux manières de penser procède d'une faculté positive, dont la privation soit la cause de l'autre; car on concevra facilement que cette faculté-là de l'esprit est réelle, par laquelle il conçoit distinctement deux choses l'une sans l'autre , comme des

choses complètes, et que c'est la privation de cette même faculté qui fait qu'il appréhende ces deux choses confusément, comme si ce n'en étoit qu'une, ainsi que dans la vue il y a une plus grande perfection lorsqu'elle distingue exactement chaque particule d'un objet que lorsqu'elle les aperçoit toutes ensemble comme une seule. Que si quelqu'un ayant les yeux chancelants et non arrêtés prend une chose pour deux, comme il arrive souvent aux ivrognes ; et si quelquefois les philosophes distinguent, je ne dis pas l'essence de l'existence, poureequ'ils n'ont pas de coutume de mettre une autre distinction entre ces deux choses que celle qui y est en effet, mais bien conçoivent dans un même corps la matière, la forme et plusieurs divers accidents, comme autant de choses différentes l'une de l'autre, pour lors ils reconnoîtront facilement, par l'obscurité et la confusion de leur perception, que cela vient non seulement d'une faculté positive, mais aussi du défaut de quelque faculté, si, considérant de plus près les choses, ils prennent garde qu'ils n'ont pas des idées tout-àfait différentes de ces choses qu'ils supposent ainsi être diverses.

Au reste, s'il est vrai que tous les lieux que je n'avois pas suffisamment expliqués dans mes précédentes réponses aient été marqués dans ces objections, je suis bien obligé à leur auteur de ce

que par son moyen j'ai un juste sujet de n'en plus attendre d'autres.

AU R. P. MEUSENNE.

( Lettre i du tome III.)

Du ai juillet 1640.

Mon révérend pere ,

Ce mot n'est que pour vous remercier de l'affection que vous m'avez témoignée en la dispute contre les thèses des jésuites. J'écris à leur recteur pour les prier tous en général de s adresser à moi s'ils ont des objections à proposer contre ce que j'ai écrit: car je ne veux point avoir affaire à aucun d'eux en particulier, sinon en tant qu'il sera avoué de tout l'ordre, supposant que ceux qui n'en pourront être avoués n'auront pas une bonne intention: comme en effet il paroit, ce semble, par la vélitation que vous m'avez envoyée , que celui qui la faite a plutôt dessein d'obscurcir que d'éclaircir la vérité. J'y répondrai dans huit jours comme il mérite, et à toutes vos autres lettres, ce qui m'est impossible pour ce voyage. Au reste , je feins d'ignorer l'auteur de ces thèses dans la lettre que

j'écris à leur recteur, pour avoir plus d'occasion de m'adresser à tout le corps; et en effet vous ne m'aviez point fait savoir son nom dans vos premières lettres. Mais il me semble que vous m'avez autrefois mandé que ce père est parent de M. P. \ Si cela est, je ne m'étonne pas qu'il ait voulu engager sa réputation pour l'amour de son parent ; mais je m'étonne de ce qu'il a osé m'envoyer sa belle vélitation, vu qu'elle ne sert qu'à me montrer son impuissance, pourcequ'il ne dit pas un seul mot contre moi , mais seulement contre des cbimères qu'il a feintes pour les réfuter, et me les attribuer à faux : comme ce qu'il me fait dire, que cessât de termina lio deorsum , tanquam si annikilaretur, nec ulla succederet sursum; et que, manet sola et eadem determinalio dextrorsum 9 faisant force sur le mot de sola , auquel je n'ai jamais pensé. Je ne sais si j'ai bien deviné, mais je conjecture que cette vélitation a été la préface que le répondant a récitée avant que de commencer la dispute. Vous m'apprendrez, s'il vous plaît , ce qui en est. Je vous envoie ici d'autres thèses, dans lesquelles on n'a rien du tout suivi que mes opinions, afin que vous sachiez que s'il y en a qui les rejettent, il y en a aussi d'autres qui les embrassent. Peut-être que quelques uns de vos médecins ne seront pas marris de voir ces thèses, et celui qui les a faites ■ en pré-

1 « Petit. » — » « M. ï/»rni.

pare encore de semblables sur toute la physiologie de la médecine, et même, si je lui voulois promettre assistance, sur tout le reste; mais je ne la lui ose promettre, à cause qu'il y a mille choses que j'ignore , et ceux qui enseignent sont comme obligés de dire leur jugement de toutes choses. Je suis, etc.

AU Et. P. RECTEUR

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