‹ OEuvres de Descartes, publiéesChapitre 18 sur 22 · Cette lettre est la 3gc îles manuscrit» de Lahire · texte numérisé non relu

Cette lettre est la 3gc îles manuscrit» de Lahire

solius luminis naturalis ope cognilas veritates) , et de les enfermer dans une parenthèse , afin qu'on voie qu'ils ont été ajoutés.

Dans la sixième méditation, page 96, après ces mots : Cum authorem meœ originis adhuc ignorarem, je vous prie de mettre (vel sallem ignorare me fingerem) aussi entre parenthèse.

Puis dans ma réponse aux premières objections, où il est question , an Devis dici possit esse a se ut a causa , à l'endroit où sont ces mots : Adeo ut si putarem nullam rem idem quodammodo esse posse erga se ipsam, etc., je vous prie de mettre à la marge : Notandum eslperhœc verba nikil aliud inlelligi, quam quod alicujus rei essenlia talis esse possit , ut nulla causa efficiente indigeat ad existendum.

Et un peu plus bas, où sont ces morts il ta, etiam si Deus nunquam non fuerit , quia tamen Me ipse est qui se rêvera conservât , etc., je vous prie aussi de mettre à la marge : Notandum etiam hic non Intelligi conservationem quœ fiai per positivum ullum causœ efficientis influxum; sed tantum , quod Dei essentia sit talis ut non possit non semper existere.

Et trois lignes plus bas , où sont ces mots : Etsi enimiiqui pulant impossibile esse ut aliquid sit causa efficiens sui ipsius, non soleant, etc. je vous prie de corriger ainsi le texte : Etsi enim ii qui non nisi ad propriam et strictam efficientis significationem attendentes , cogitant impossibile esse ut aliquid sit causa

efficient sui ipsius , nullumque hic aliud causœ genus efficienti analogum locum habere animadvertunt, non soleant , etc. Car mon intention n'a pas été de dire que aliquid potest esse causa efficiens sui ipsius , en parlant de efficiente proprie dicta , mais seulement que lorsqu'on demande an aliquid possit esse a se , cela ne se doit pas entendre de efficiente proprie dicta, parceque, comme j'ai dit, nugatoria esset quœslio; et que l'axiome ordinaire de l'école, nihil potest esse causa efficiens sui ipsius , est cause qu'on n'a pas entendu le mot a se au sens qu'on le doit entendre; en quoi je n'ai pas voulu toutefois apertement blâmer l'école.

Je vous prie aussi de n'oublier pas la correction dont je vous ai écrit dans mes précédentes pour la fin des mêmes réponses, où sont ces mots, deinde quia cogitare non possumus, etc., car, pendant que mon écrit n'est pas imprimé, je pense avoir droit d'y changer ce que je jugerai à propos. Je pense aussi avoir quelque droit de désirer que dans les objections de M. Arnault, vers la fin de celle où il examine an Deus sit a se ut a causa, et où il cite de moi ces paroles : Adeo ut si putarem nuilam rem idem esse posse erg a seipsam , etc. , qu'on mît, idem quodammodo esse, etc. Car ce mot quodammodo , qu'il a oublié, change le sens, et il est ce me semble mieux que je vous prie de l'ajouter dans son texte , que si je Taccusois dans ma réponse de n'a-

voir pas cité le mien fidèlement, outre qu'il semble ne lavoir omis que par oubliance. Car il couclut, cum evidentissimum sit nikil ullo modo erga se ipsum, etc., où son ullo modo se rapporte à mon quodammodo.

Je pourrois en même façon vous prier de mettre au commencement de la même objection, où il cite de moi ces mots : lia ut Deus quodammodo idem prœstet respectu sui ipsius9 etc., de mettre, dis-je, ceux-ci , lia ut liceat nobis cogitare Deum quodammodo idem prœstare , etc. , comme il y a dans mon texte. Et un peu plus bas où il me cite, disant que efficientis significatio non videtur ita esse restringenda , il omet la principale raison que j'en ai donnée, qui est que nugatoria quœstio esset, etc., et rapporte seulement la moins principale; mais j'ai remédié à cela tout doucement par ma réponse; c'est pourquoi il importe moins de le changer, et il ne lefaudroit pas faire sans sa permission.

Je viens à votre dernière du deuxième mars, que j'ai reçue il y a huit jours, car je n'ai point eu de vos lettres à ce voyage : vous y parlez de l'opinion de l'Anglois qui veut que la réflexion des corps ne se fasse qu'à cause qu'ils sont repoussés comme par un ressort , par les autres corps qu'ils rencontrent; mais cela se peut réfuter bien aisément par l'expérience. Car s'il étoit vrai , il faudroit qu'en pressant une balle contre une pierre dure, aussi

fort qu'elle frappe cette même pierre quand elle est jetée contre elle, cette seule pression la pût faire bondir aussi haut que lorsqu'elle est jetée contre. Et cette expérience est aisée à faire , en tenant la balle du bout des doigts, et la tirant en bas contre une pierre qui soit si petite qu'elle puisse être entre la main et la balle , ainsi que la corde d'un arc de bois est entre la main et la flèche, quand on la tire du bout des doigts pour la décocher; mais on verra que cette balle ne rejaillira aucunement, si ce n'est peut-être fort peu en cas que la pierre se plie fort sensiblement comme un arc. Et pour leur faire avouer que la balle ne s'arrête en aucune façon au point de la réflexion , il leur faut faire considérer que si elle s'arrêtoit quand la réflexion se fait justement à angles droits, elle devroit aussi s'arrêter quand ils sont tant soit peu moindres, et ainsi par degrés, encore qu'ils soient les plus aigus qui puissent être, car il n'y a pas plus de raison pour l'un que pour l'autre ; mais ces angles plus aigus sont les angles de contingence, qui se trouvent en tous les points imaginables qui sont en la circonférence d'un cercle, en sorte qu'il faudrait imaginer que lorsqu'une balle se meut en rond , elle s'arrête en tous les points de la ligne qu'elle décrit , ce qui ne se peut soutenir que par une opiniâtreté ridicule; si ce n'est qu'on avoue aussi qu elle s'arrête en tous les points de son mouvement

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quand elle va en ligne droite; car on ne voit point qu'elle aille notablement plus vite en droite ligne qu'en rond. Et si on veut qu'elle s'arrête en tous les points de son mouvement , ce n'est rien de particulier de dire quelle s'arrête aussi au point de réflexion; et il leur faut expliquer la cause qui lui fait reprendre son mouvement après qu'elle l'a perdu en chacun des points où elle s'arrête, ainsi qu'ils prétendent la donner par leur ressort , qui le lui fait reprendre au point de la réflexion. Mais je ne me souviens point d'avoir dit que ses conclusions touchant la réfraction suivissent mal de ses suppositions; car en effet je crois qu'elles suivent bien , et il n'est pas malaisé de bâtir des principes absurdes dont on puisse conclure des vérités qu'on a apprises d'ailleurs; comme si je disois omnis equus est ralionalis, omnis homo est equus; ergo omnis homo est rationalis : la conclusion est bonne, et l'argument est en forme , mais les principes ne valent rien.

Je suis bien aise que M. Petit ait pris quelque goût en ma Métaphysique ; car vous savez qu'il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se convertit, que pour mille justes qui persévèrent.

Je vous laisse le soin de tous les titres de ma Métaphysique; car vous en serez s'il vous plaît le parrain : et pour les objections, il est fort bon de les nommer primœ objectiones, secundœ objectiones, etc.,

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et après de mettre, responsio ad objectiones , plutôt que solutiones objectionum , afin de laisser juger au lecteur si mes réponses en contiennent les solutions ou non. Car il faut laisser mettre solutiones à ceux qui n'en donnent que de fausses , ainsi que ce sont ordinairement ceux qui ne sont pas nobles qui se vantent le plus de l'être.

Je ne vous envoie pas encore le dernier feuillet de ma réponse à M. Arnault, où j'explique la transsubstantiation suivant mes principes; car je désire auparavant lire les Conciles sur ce sujet , et je ne les ai encore pu voir. Je suis , etc.

AU R. P. MERSENNE

(Lettre 5/J du tome II.)

J'ai été deux ou trois voyages sans vous écrire, partie à cause que j'ai eu peu de choses à vous

■ « Cette lettre n'est pas dater; mais comme dans la 4or de» mant deLahire, fixement datée du 3i mars 164 1 , M. Descartes dit qu'il va demeurer à la campagne, à une demi lien e de Leyde, et qu'au commencement de celle-ci il s'excuse d'avoir été trois semaines sans écrire, sur ce que son séjour à la campagne Ta rendu plus négligent, il est aisé de conjecturer que cette lettre est datée dn aa avril 1641. -

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mander, et partie aussi que le séjour de la campagne m'a rendu un peu plus négligent que je n'étois auparavant; je n'ai pas laissé toutefois de chercher la question de M. des Argues, car la façon dont vous me laviez proposée étoit telle, qu'il n'eût pas été honnête que je m'en fusse excusé ; mais pourceque je n'a vois pas encore achevé il y a huit jours que j'appris par votre lettre que M. de Rob. l'avoit trouvée, il me sembla que je ne m'y devois pas arrêter davantage , car le calcul en est fort long et difficile, et en effet je n'y ai pas pensé depuis.

Les lieux de saint Augustin cités par M. Arnault sont en la seconde page, libri secundi de libero arbilrio , capite tertio. Puis en la neuvième page il cite, de anima quanti ta te, h//u.k et Soi, L i,cap. 4o. Mais au principal passage qui est en la pénultième page, tria enim sunt, ut sapienter monet Augustin nus , etc. , il a oublié de citer le livre. Je me remets entièrement à vous de ce qui concerne l'approbation et l'impression de ma Métaphysique, car je sais que vous en avez plus de soin que je n'en pourrois avoir moi-même , et vous pouvez mieux juger ce qui est expédient, étant sur les lieux, que je ne puis faire d'ici.

J'admire les objections de vos docteurs, à savoir que nous n'avons point de certitude, suivant ma philosophie , que le prêtre tient l'hostie à l'autel, ou qu'il ait de l'eau pour baptiser, etc.

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Car qui a jamais dit , même entre les philosophes de 1 école, qu'il y eût autre certitude que morale de telles choses ; et bien que les théologiens disent qu'il est de la foi de croire que le corps de Jésus- Christ est en l'Eucharistie , ils ne disent pas toutefois qu'il soit de la foi de croire qu'il est en cette hostie particulière, sinon en tant qu'on suppose ex fide kumana quod sacerdos habuerit voluntatem consecrandi , et quod verba pronunciarit , et $it rite ordinatus , et talia quœ nullo modo sunt fide.

Pour ceux qui disent que Dieu trompe continuellement les damnés, et qu'il nous peut aussi continuellement tromper, ils contredisent au fondement de la foi et de toute notre créance, qui est que Deus mentiri non potest, ce qui est répété en tant de lieux dans saint Augustin, saint Thomas, et autres, que je m'étonne que quelque théologien y contredise , et ils doivent renoncer à toute certitude s'ils n'admettent cela pour axiome que Deus non fallere potest.

Pourceque j'ai écrit que l'indifférence est plutôt un défaut qu'une perfection de la liberté en nous, il ne s'ensuit pas de là que ce soit le même en Dieu ; et toutefois je ne sache point qu'il soit de fide de croire qu'il est indifférent, et je me promets que le père Gib. * défendra bien ma cause en ce point-là, car je n'ai rien écrit qui ne s'accorde

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