‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 14 sur 106 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

serait difficile à prouver, et c'est pourtant la conséquence de sa doclrine. Le seul moyen pour lui d'admettre le concours des forces secondes, c'est de recevoir la théorie de Leibniz des forces simples causant actuellement leur phénomène acr tuel^ mais n'est-ce pas une nouvelle difGculté pour Descartes, qui, loin d'identifier la substance et la force, prend partout la substance comme passive, et la soumet à des lois mécaniques? Doit-on s'étonner après cela que cet esprit si ferme chancelle partout où il est question de cause et d'eflet ou de durée? Or il s'agit ici précisément du rapport de la cause et de l'effet entre eux et avec la durée.

Quant au troisième argument. Descartes a au moins sur Leibniz l'avantage de partir, comme saint Anselme, de l'idée de Dieu que j'ai^en moi, et non pas de l'essence de Dieu considérée indépendamment de moi qui conçois cette essence. Toute affirmation de réalité doit être conclue au moins d'une prémisse concrète ; et une proposition abstraite, plus l'affirmation de la possibilité de Dieu, ne peut donner pour résultat que la possibilité de Dieu. Cependant Descartes lui-même conclut l'existence de Dieu de l'inséparabilité de son essence et de son existence, et par là il tombe dans le même défaut que Leibniz *. Sans doute, un être qui n'existe pas ne peut être parfait', il n'est ni parfait ni imparfait, il n'est rien;

* n est vrai que nous concevons Dieu comme parfait, il est vial que rexistence est une perfection : il est donc rtBx que nous concevons Dieu conune existant, en même temps et de la même manière que nous le concevons comme parfait. Or, comment concevons-nous Dieu comme parfait? Quand je dis : Je conçois un être parfait, cela veut dire : « Je conçois qu'il y a ou qu'il pourrait y avoir un être parfait. » Et maintenant, si j'accorae que l'existence est une perfection, je dois dire : «Je conçois qu'U y a ou pourrait y avoir un être parfait, et qu'il ne pourrait être parfait qu'à condUion d'exister. » A cela Descartes répond qu'à la vérité la conception de l'existence possible d'une chose n'en entraine pas ('existence réelle; mais il soutient que nous concevons l'existence de Dieu, non comme possible» mais comme réelle et comme nécessaire. Et il prouve que nous la concevons comme

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