‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 43 sur 106 · DEMANDES · texte numérisé non relu

DEMANDES

Je demande premièrement que les lecteurs considèrent combien faibles sont les raisons qui leur ont fait jusqu'ici ajouter foi à leurs sens, et combien sont incertains tous les jugements qu'ils ont depuis appuyés sur eux ; et qu'ils repassent si longtemps et si souvent cette considération en leur esprit, qu'enfin ils acquièrent l'habitude de ne se plus fier si foil en leurs sens; car j'estime que cela est nécessaire pour se rendre capable de connaître la vérité des choses métaphysiques, lesquelles ne dépendent point des sens.

En second lieu, je demande qu'ils considèi*ent leur propre esprit et tous ceux de ses attributs dont ils reconnaîtront ne pouvoir en aucune façon douter, encore même qu'ils supposassent que tout ce qu'ils ont jamais reçu parles sens fût entièrement faux; et qu'ils ne cessent point de le considérer que premièrement ils n'aient acquis Tusage de le concevoir distinctement, et de croire qu'il est plus aisé à connaître que toutes les choses corporelles.

En troisième lieu, qu'ils examinent diligemment les propositions qui n'ont pas besoin de preuve pour être connues, et dont chacun trouve les notions en soi-même, comme sont ceHosci, a qu'une même chose ne peut pas être et n'être pas tout

))e,quele Dé4Dt ne peut âtre ia eauK prOdlente

se. P et autres semblalileB ; et qu'ainsi ils eiercen l'entend client qui leuc a ^tâ donnée par la n< I les perceptiQQi ilea tene ont aacoutumé ào troul: ;ir; qu'iU l'eiwceot, dia-je, toute pura et ddlivi ingës, car par ce ma'im û T<Jrilé dès «liomei su fort évidente.

itriùnte Ueu, qu'il; Qnaoûnent les idé«t de oea m iâQiiQat en ell^ un Ae}emi>Ugâ de pluHieur» a(t t, c<tmme est 1a nature du ti'iangle, celle du oai » «utre Bgniv, ownme aussi la nature de l'esp: 1 COI v*. ; t par-dessus toutes Ja uature 4e Oieu ov vevaiueinent parfit, gt ^h'IIb prennent garde irer avec vérité que toutes c^ cluMes-là sont en çonQÇTonf clatrwient y è\t^ pontenuea : par esa B dans la nature du t|'ii(i)gle rfCtiligne cçtle proi contenue, que ses trois angles sont égans à deux c ns la nature du corps ou d'une chose étendue la est comprise; car nous ne concevons point de ii petite que nous ne ta puiiuoni diviau'. au moù ; U e^t vrai de dira que Ici trui» angjas de tout tri ! sont égam h deux droits, et que tout corp* est

quième lieu, je demande qu'ib s'arrêtent toogtei er la nature dorÉlrc souverainement parfait, et, oses, qu'ils coiisjdèi'ent que dans les idées de tou itures l'exialence possible se trouve bien conti

dans l'idée de Dieu ce n'est pas seulement une ^))le qui ao trouve eonle^He, mais une eiietenc

nécessaire. Car de cela seul, e| saut aucun rais

connaîtront qw« Pien ajàtUi; at il ne leur set Ûr (Si (Svfdcnt, sans autre preuve, <)u'il est rasD egtunnon^tire pair, et que trois esti^n nombre in

semblables. Car il y a den ahoses qui sont ainsi I preuvtïs par quclque»-<uns, qup d'autres n'entei in long discours et raisonnement, ème Heu, quo, considiirant avec soin tous las e .e claii'e et distincte perception, et tous ceux d( Q est obscure et confuse, desquels j'ai parlé dam ns, ils s'aceoutlimQnt k tlistinguer les choses qui

clairement connues de celles qui sont obscures ; car cela s'apprend mieux par des exemples que par des règles; et]e pense qu*on n^en peut donner aucun exemple dont je n*aie touché quelque chose.

En septième lieu, je demande que les lecteurs, prenant garde qu'ils n^ont jamais reconnu aucune fausseté dans les choses (|u'ils ont clairement conçues, et qu'au contraire ils n'ont jamais rencontré, sinon pav hasard, aucune vérité dans les choses qu'ils n'ont conçues qu'avec obscurité, ils considèrent que ce serait une chose tout à fait déraisonnable, si, pour quelques préjugés des sens ou pour quelques suppositions faites à plaisir, et fondées sur quelque chose d'obscur et d'inconnu, ils révoquaient en doute les choses que l'entendcîment conçoit clairement et distinctement; au moyen de quoi ils admettront facilement les axiomes suivants pour vrais et poi^r in^lubitables, bien que j'avoue que plusieurs d'entre eipt eussent pu être mieux expliqués, et eussent dû être*plutôt proposés comme des théorèmes que comme des ^iome^, si j'eusse voulu être plus exact. /

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