‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 42 sur 106 · RAISONS · texte numérisé non relu

RAISONS

Qlrf prouvent rexistence de Dieu et la distinction qui est entre l'esprit et le corps de rhorame, disposées d'une façon géométrique.

DÉnMITlO^S.

I. Par le nom de pensée, je coHiprends tout ce qui est tellement en nous que nous Fapercevons immédiatement par nousmêmes et en avons une connaissance intérieure : ainsi toutet les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées. Mais j'ai ajouté immédiatement pour exclure les choses qui suivent et dépendent de nos pénis jes : pai' exemple, le mouvement volontaire a bien à la vérité

164 BÉPONSES

la volonté pour son principe, mais lui-même nëanmoin pas une pensée. Ainsi, se promener n'est pas une penséi bien le sentiment on û connaissance que l'on a qu'on t

IL Par le nom d'idée, j'entends cette Torme de chacune pensées par la perception immtidiate de laquelle nous connaissance de ces mSmes pensées. De sorte que je i rien exprimer par des paroles lorsque j'entends ce que que de cela même il ne soit certain que j'ai en moi l'idé chose qui est signifiée par mes paroles. Et 'ainsi je n': pas du nom d'idée les seules images qui sont dépeinte: fantaisie; au contraire, je ne les appelle point ici de ci en tant qu'elles sont en la fantaisie corpoi'elle, c'est'àn tant qu'elles sont dépeintes en quelques parties du c( mais seulement en tant qu'elles informent l'esprit mè: s'applique à cette paiiic du cerveau.

III. Par la réaliU objective d'une idée j'entends l'entité o de la chose i-eprésentée par cette idée, en tant que cette est dans l'idée; et de la même façon on peut dire une ] lion objective ou un artifice objectif, etc. Car tout ce qu concevons comme étant dans les objets des idées, tout c objectivement on par représentation dans les idées mèm

IV. Lesmêmeschoscssont dites être /ormeifement dans jets des idées quand elles sont en euic telles que nous li cevons; et elles sont dites ; âtre éminemntettt quand ell sont pas à la vérité telles, mais qu'elles sont si grandes q peuvent suppléer à ce dél'aut par leur excellence.

V. Toute chose dans laquelle i-éside immédiatement ( dans un sujet, ou par laquelle existe quelque chose qu apercevons, c'est-à-dire quelque propriété, qualité ou a dont nous avons en nous une réelle idée, s'appelle sub. car nous n'avons' pas d'auti'e idée de la substance préci) prise, sinon qu'elle est une chose dans laquelle existe fov ment ou éminemment cette propriété ou qualité que no*!): cevons, ou qui est objectivement dans quelqu'une de not ^'autant que la liimièie natui'elle nous enseigne que le ne peut avoir aucun attribut qui soit réel.

VI. La substance dans laquelle icsidu immédiatement aéc est ici appelée eiiprit. Et toutefois ce nom est équivoi; w qu'on l'attribue aussi quelquefois au vent el aux lii

fort subtiles ; mais je n'en sache point de plus propre.

VII. La substance qui est le sujet immédiat de Textension locale et des accidents qui présupposent cette extension, comme sont la figure, la situation et le mouvement de lieu, etc., s'appelle corps. Mais de savoir si la substance qui est appelée esprit est la même que celle que nous appelons corps y ou bien si ce sont deux substances diverses, c'est ce qui sera examiné ci-après.

VIII. La substance que nous entendons être souverainement parfaite, et dans laquelle nous ne concevons rien qui enferme quelque défaut ou limitation de perfection, s'appelle Dieu.

IX. Quand nous disons que quelque attribut est contenu dans la nature ou dans le concept d'une chose, c'est de même que si nous disions que cet attribut est vrai de cette chose, et qu'on peut assurer qu'il est en elle.

X. Deux substances sont dites être réellement distinctes quand chacune d'elles peut exister sans l'autre.

Page 1