DE DIEU
« Quelques-unes d^entre elles (à saToir d'entre les pensées des « honinies) sont comme les images des choses auxquelles seules n convient proprement le nom d'idée, comme lorsque je pense « à un homme, à une chimère, au ciel, à un ange, ou à un « Dieu. »
Lorsque je pense à un homme, je me représente une idée on une image composée de couleur et de figure, de laquelle je puis douter si elle a la ressemblance d'un homme ou si elle ne Ta pas. 11 en est de même lorsque je pense au ciel. Lorsque je pense à une chimère, je me représente une idée ou une image, de laquelle je puis douter si elle est le portrait de quelque animal qui n'existe point, mais qui puisse être, ou qui ait été autrefois, ou bien qui n'ait jamais été. Et lorsque quelqu'un pense à un ange, quelquefois Timage d'une flamme se présente à son esprit, et quelquefois celle d'un jeune enfant qui a des ailes, de laquelle je pense pouvoir dire avec certitude qu'elle n'a point la ressemblance d'un ange, et paitant qu'elle n'est point l'idée d'un ange; mais, croyant qu'il y a des créatures invisibles et immatérielles qui sont les ministres de Dieu, nous donnons à une chose que nous croyons ou supposons le nom d'ange, quoique néanmoins l'idée sous laquelle j'imagine un ange soit composée des idées des choses visibles.
Il en est de même du nom vénérable de Dieu, de qui nous n'avons aucune image ou idée; c'est pourquoi on nous défend de l'adorer sous une image, de peur qu'il ne nous semble que nous concevions celui qui est inconcevable.
Nous n'avons donc point en nous, ce semble, aucune idée de Dieu ; mais tout ainsi qu'un aveugle-né qui s'est plusieurs fois approché du feu, et qui a senti la chaleur, i*ecounait qujil y a quelque chose par quoi il a été échauffé, et, entendant que cela s'appelle du feu, conclut qu'il y a du feu, et néanmoins n'en connaît pas la figure ni la couleur, et n'a, à vrai dire, j idée ou image du feu qui se présente à son esprit :
De même l'homme, voyant qu'il doit y avoir quelque (
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ET BÉPONSES. 204
de ses images ou de ses idées, et de cette cause une autre preluière, et ainsi de suite, est enfin conduit à une fin ou à une supposition de quelque cause étemelle, qui, pour ce qu'elle n'a jamais commencé d'être, ne peut avoir de cause qui la précède, ce qui fait qu'il conclut nécessairement qu'il y a un Être éternel qui existe ; et néanmoins il n^a point d'idée qu'U puisse dire être celle de cet Être éternel, mais il nomme ou appelle du nom de Dieu cette chose que sa foi ou sa raison lui persuade. Maintenant, d'autant que de cette supposition, à savoir que nous avons en nous Fidée de Dieu, M. Descartes vient à la preuve de cette proposition : que Dieu (c'est-à-dire un Être tout-puissant, très-sage, créateur de l'univers, etc.) existe, il a dû mieux expliquer cette idée de Dieu, et de là en conclure non-seulement son existence, mais aussi la création du monde.
Par le nom d'idée, il veut seulement qu^on entende ici les images des choses matérielles dépeintes en la fantaisie corpo* relie ; et cela étant supposé, il lui est aisé de montrer qu'on ne peut avoir aucune propre et véritable idée de Dieu ni d'un ange ; mais j'ai souvent averti, et principalement en ce lieu-là même, que je prends le nom d'idée pour tout ce qui est conçu immédiatement par l'esprit, en sorte que, lorsque je veux et que je crains, parce que je conçois en même temps que je veux et que je crains, ce vouloir et cette crainte sont mis par moi au nombre des idées ; et je me suis servi de ce mot, parce qu'il était déjà communément reçu par les philosophes pour signifier les formes des conceptions de l'entendement divin, encore que nous ne reconnaissions en Dieu aucune fantaisie ou imagination corporelle, et je n^en savais point de plus propre. Et je pense avoir assez expliqué l'idée de Dieu pour ceux qui veulent concevoir le sens que je donne à mes paroles ; mais pour ceux qui s'attachent à les entendre autrement que je ne fais, je ne le pourrais jamais assez. Enfin, ce qu'il ajoute ici de la création du monde est tout à fait hors de propos; car j'ai prouvé que Dieu existe avant que d'examiner s'U y avait un monde crée par lui, et de cela seul que Dieu, c'est-à-dire un Être souverainement puissant, existe, il suit que, s'il y a un monde, il doit avoir été créé par lui,
M2 TnoisiftiiM OBJBonoKS
OBJBGTIOH StllilB^
Sur la troisième Méditations
« Maïs il y en a d'auttes (à savoit d'dutrés fïerisées) qui conft tiennent de plus d'autres formes : pdf exefnple, lorscfuc je « veux, qtie je crains, que j'affirme, que je nie, je conçois bien « à la vérité toujours quelque chose comme le sujet de Faction « de moti esptit, mats j'ajoute aussi qiidqtie aiitre chose par « cette action à l'idée que j'ai de cette chose-là; et de ce genre « de pensées, les uties sottt appelées tolDntés m affections, et « les autres jugements. »
Lorsque quelqu'un Teiit ou craint. Il a bien à la Téritë Pi* mage de ia chose qu'il craint et de Tactioù qu'il Teat; mais qu'est-ce que celui qui veut ou qui craint embrasse de plus par sa pensée, cela n'est pas ici expliqué. Et quoique, à le bien prendre, la crainte soit une pensée, je ne vois pas comment elle l>eut être autre que Id petfsée oïl l'idée de la chose que l'on craint. Car qu'est-ce autre chose que la crahite d'un liofu qui s'avance vers nous siuoii l'idée de ce 1km, et l'efiét^ qu'une telle idée etigendre dans le coeur, par lequel celui qui craint est porté à ce mouvement animal que tious appelons fuiteî Maintenant ce mouvement de fuite n'est pas une pensée; et partant il reste que dans la crainte il n'y a point d'autre pensée que celle qui consiste en la ressemblance de ia chose que l'on craint : le même se petit dire aussi de la volonté.
De plus l'dfflrmation et la négation ne se font point sans parole et sans noms, d'où tient que les bêtes tie peutent rien affirmer ni nier, non pas même par la pensée^ et partant ne peuvent aussi faire aucun jugement ; et néanmoins la pensée peut èU*e semblable dans un homme et dans une bête. Car, quand nous affirmons qu'un homme couii, nous n'avons poiiit d'autre pensée que cdle qu'a un chien qui voit courir son ma^ tre, et partant l'affirmation et la négation n'ajoutent rien aux simples pensées, si oe n'est peut-être la pensée que les noms dont l'affirmation est compose sont les noms de la chose même qui est eu l'esprit de celui qiti affirme ; et cela n^est rien autre chose que comprendre par la pensée la ressemblanee éê la chose« mais cette ressemUancé dtuk Ibis*
n est de soi très^Tldent que c'est autre chose de voir un lion et enmxMe ie le craiodi:)s, qu^ de le ww Sf^uleoiei»^ ; et tout de loème que c*est iMitre chose de voir nu bemoie qui court, que d'assurer qu'on le voit. Et je ne remarque rien ici qui »it te* Min de réponse ou d'eij^catioa.
OBIKGTIOIV SEPtlËMB.
jBor U troiiièBM VMiUftioo»
a n n)e reste seulement à examiner de quelle façon j'ai ac- « quis cette idée, car je ne l'ai point reçue par les sens; et jaa mais elle ne s'est offerte à moi jcontre mon attente, comme « font d'ordinaire les idées des choses sensibles, lorsque ces ce choses se présentent aux organes extérieurs de me? sens, ou a qu'elles semblent s'y présenter. Elle n'est pas aussi une pure « production ou fiction de mon esprit, car il n'est pas en mon c( pouvoir d'y diminuer ni d'y ajouter aucune chose ; et partant a il ne reste plus autre chose à dire, sinon que, comme l'idée « de ynûi-mèjoae, elle est née et prAduite «vec moi dè$ lor9 qiue « j'ai jété créé. »
S'il o'y a poijii d'idée de Dieu (or ofk ne prouve point qu'il y en ait), copime il semble qu'il o'y en a point, toute cette recherche est inutile. De plus, ri4ée de moi-mê^ne me yi^qt, si on regarde le corps, principalement de la vue; si l'âme, nous n'en avons aucune idée : Aiais la ;*aison nous /ait conclure qu'il y a quelque chose de renfermé dans le corps humain qui lui donne le mouvement Auioui, qui taU qu'il sent et se meut; et cela, quoi que ce soit, s^ns aucune idée, nous l'appelons âme,
BÉPONSE.
S'il y a une idée deBieu (comme il est manifeste qu'il y en aune), toute cette objection est renversée ; et lorsqu'on ajoute que nous n'avons point d'idée de Fàme, mais qu'elle se conçoit par la raison, c'est de même que si on disait qu'on n'en a point d'image dépeinte en la fantaisie, mais qu'on en a néanmoins cette notion que jusqu'ici j'ai appelée du nom d'idée.
OBJECTION HUITIÈMB.
Sur U troUième MédiUlion.
« Mais Tantre idée du soleil est prise des raisons de Fastro- « nomie, c'est-à-dire de certaines notions qui sont naturelle- « ment en moi. i»
Il semble qu'il ne puisse y avoir en même temps qu'une idëe du soleil, soit qu'il soit vu par les yeux, soit qu'il soit conçu par le raisonnement être plusieurs fois plus grand qu'il ne parait à la vue ; car cette dernière n'est pas Tidée du soleil, mais une conséquence de notre raisonnement, qui nous apprend que l'idée du soleil serait plusieurs fois plus grande s'il était regardé de beaucoup plus près. Il est vrai qu'en divers temps il peut y avoir diverses idées du soleil, comme si en un temps il est regardé seulement avec les yeux, et en un autre avec une lunette d'approche ; mais les raisons de l'astronomie ne rendent point ridée du soleil plus grande ou plus petite, seulement elles nous enseignent que l'idée sensible du soleil est trompeuse.
Je réponds derechef que ce qui est dit ici n'être point l'idéd du soleil, et qui néanmoins est décrit, c'est cela même que J'appelle du nom d'idée. Et pendant que ce philosophe ne veut pas convenir avec moi de la signification des mots, il ne me peut rien objecter qui ne soit frivole.
OBJECTION NEUYIÈXB»
1 ' Sur to troirièBM BédiUtiOD.
« Car, en elTet, les idées qui me représentent des substances « sont sans doute quelque chose de plus et ont pour ainsi dirQ « plus de réalité objective que celles qui me représentent seu- « lement des modes ou accidents. Comme aussi celle par lac quelle je conçois un Dieu souverain^ étemel, infini, tout-con* « naissant, tout-puissant, et créateur universel de toutes choses c qui sont hors de lui, a aussi sans doute en soi plus de réalité « objective que celles par qui les substances finies me sont « représentées.
ET RÉPONSES 20f(
J^ai ddjà plusieurs toi» remarqué ci-devant que nous n'avons aucune idée de Dieu ni de Tâme ; j'ajoute maintenant ni de la substance : car j'avoue bien que la substance, en tant qu'elle est une matière capable de recevoir divers accidents, et qui est sujette à leurs changements, est aperçue et prouvée par le raisonnement ; mais néanmoins elle n'est point conçue, ou nous n'en avons aucune idée. Si cela est vrai, comment peut-on dire que les idées qui nous représentent des substances sont quelque chose de plus et ont plus de réalité objective que celles qui nous représentent des accidents ? De plus, il semble que M. Descartes n'ait pas assez considéré ce qu'il veut dire pai* ces mots, ont plus de réalité. La réalité reçoit-elle le plus ou le moins ? Ou, s'il pense qu'une chose soit plus chose qu'une autre, qu'il considère comment il est possible que cela puisse être rendu clair à l'esprit, et expliqué avec toute la clarté et l'évidence qui est requise à une démonstration^ et avec laquelle il a plusieurs fois traité d'autres matières.
Tai plusieurs fois dit que j'appelais du nom dUdée cela même que la raison nous fait connaître, comme aussi toutes les autres choses que nous concevons, de quelque façon que nous les concevions. £t j'ai suffisamment expliqué comment la réalité reçoit le plus et le moins, en disant ijue la substance est quelque chose de plus que le mode et que, s'il y a des qualité:! réelles ou des substances incomplètes, elles sont aussi quelque chose de plus que les modes, mais quelque chose de moins que les substances complètes; et enfin que s'il y a une substance infinie et indépendante, cette substance a plas d'être ou plus de réalité que la substance finie et dépendante : ce qui est de soi si manifeste qu'il n'est pas besoin d'apporter une plus ample explication.
OBJECTION hlXltUt*
Bar la troisième MédiUUon.
« Partant il ne reste que la seule idée de Dieu, dans laquelle 4 il faut considérer s'il y a quelque chose qui n'ait pu venir de
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2d6 TROtSl^HES OBJECTIONS
« moi-mime. Par te nom de Dieu, j'eni^ndi nne #||))9taAce in- « ûni^, iadëpeadante, souverainement infelJigpsnte, souYerai- « œm^ot puiss^Ée, et par laquelle non-seul/Bmei^ moi, mais a toutes les autres choses qui sont (s'il y en a d'autres qui «( existent) ont éié créées : toutes lesquelles choses, k dire ^e a vrai, sont telles, que plus j'y pense, et moins me semblent- « elles pouvoir venir de moi seul, fit pi^* conséquent il faut « conclure de tout ce qui a été dit ci-devant, que Dieu existe « nécessairement, i»
Considérant les atiributf de Dieu, afin que de 1^ nous en ayons Tidée, et que nous voyions s'il y a quelque ^Dhpsie en elle qui n*ait pu venir de nous-mêmes, jetfouve^ si je ne m^ tix)mpe, que ni les choses que nous concevons par le nom 4e Dieu joie viennent point de nous, ni qu'il n'est pas nécessaire qu'elles viennent d'ailleurs que des objets extérieurs. Car, par le nom de Dieu, j'entends une substance : c'est-à-dire j'entends que Dieu existe non point par mie idée, mais par raisoQpeioaent; infinie : c'est-à-dire que je ne puis concevoir ni imaginer ses termes ou ses dernières parties, que je n'en puisse encore imaginer d'autres au delà, d'où il suit que le nom d'infini ne nous fournit pas d'idée de l'infinité divine , mais bien celle de mes propres termes et limites; indépendante : c'est-à-dire que je ne conçois point de cause de laquelle Dieu puisse venir, d^où il paraît que je n'ai point d'autre idée qui réponde à ce nom d'indépendant sinon la mémoire de mes propres idées , qui ont toutes leur commencement en divers temps , et qui par conséquent sont dépendantes.
Cest pourquoi , dire que Dieu est indépendant , ce n'est rien dire autre chose sinon que Dieu est du nombre des choses dont je ne puis imaginer l'origïne ; tout ainsi que dire que Dieu est infini^ c'est de même que si nous disions qu'il est du nombre des choses dont nous ne concevons point les limites. Et ainsi toute cette idée de Dieu est réfutée ; car queUe est cette idée qui est sans fin et sans origine ?
« Souverainement inteUigente. » Je demande aussi par quelle idée M. Descartes conçoit l'inijeUection de l^ieu
« Souverainement puissante. » Je demande aussi par quelle idée sa puissance , qui regarde les choses futures , c'est-à-dire non existantes , est entendue. Certes , pour moi , je conçois la puissance pai* l'image ou la mémoh*e des choses passées , ea
nkonaant de cette sorte : 11 a fait ainsi, donc il a pu fttire ainsi ; donc, tant qu^il sera , il pourra encore faire ainsi , c'est-à-dire il en a la puissance. Or toutes ces choses sont des idées qui peuvent Tenir des objets extérieurs.
a Créateur de toutes les choses qui sont au monde. » Je puis ibrlner quelque itnâge de la création par le moyen des choses que j'ai vues, par exemple de ce que j'ai yu un homme naissant, et qui est parvenu, d'une petitesse presque inconcevable, à la forxne et & la grandeur qu'il a maintenant ; et personne k mon avis n'a d^autre idée à ce nom de créateur ; mais il ne suffît pas, pour prouver la création du monde , que nous puissions imaginer le monde créé. C'est pourquoi, encore qu'on eût démontré qu'un être infini^ indépendani f tout-puissant , eic.^ existe , il ne s'ensuit pas néanmoins qu'un créateur existe , si ce n'est que quelqu'un pense qu'on infère fort bien de ce qu'un certain être existe , lequd nous croyons avoir créé toutes les . autres choses , que pour cela le monde a autrefois été créé pai* lui.
De plus, oii M. Descartes dit que l'idée de Dieu et de notre âme est née et résidante en nous, je voudrais bien savoir si les âmes de ceux-là pensent qui dorment profondément et sans aucune rêverie. Si elles ne pensent point , elles n'ont alors aucunes idées ; et partant il n'y a point d'idée qui soit née et résidante en nous, caf ce qui est né et i-ésidant eh nous est toujours présent à notre pensée.
BÉPOI^SE.
Aucune chose de celles que nous attribuons à Dieu ne peut venir des objets extérieurs comme d'une cause exemplaire : car il n'} a rien en Dieu de semblable aux choses extérieures, c'està-dire aux choses corporelles. Or il est manifeste que tout ce que nous concevons être en Dieu de dissemblable aux choses ettérieares ne peut venir en notre pensée par l'entremise de - CCS mêmes choses , mais seulement par celle de la cause de cette diversité, c'est-à-dire de Dieu.
Et je demande ici de quelle façon ce philosophe tire l'intel- Icction de Dieu des choses extérieures ; car pour moi j'explique aisément quelle est l'idée que j'en ai, en disant que par le mot d'idée j'entends la fornic de toute perception : cai^ qui est celui
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qui conçoit quelque chose qui ne s'en aperçoive, et partant qui n'ait cotte Toi-nie ou cette idée de rintcUection ; laquelle venant à étendre à riiifini , il forme Tidée de Tintellection divine ? Et ce que je dis de cette perfection se doit entendre de mêoie de toutes les autres.
Mais, d'autant que je me suis servi de Tidéc de Dieu qui est en nous pour démontrer son existence , et que dans cette idée une puissance si immense est contenue que nous concevons qu'il répugne, s*l1 est vrai que Dieu existe , que quelque autre chose que lui existe si elle n'a été créée par lui , il suit clairement de ce que son existence a été démontrée qu*il a été aussi démontré que tout ce monde, c'est-à-dire toutes les autres choses diiïorentes de Dieu qui existent, ont été créées par lui.
Enfin, lorsque je dis que quelque idée est née avec nous, ou qu'elle est naturellement empreinte en nos âmes, je n^entends pas qu'elle se présente toujours à notre pensée , car ainsi il n'y en aurait aucune ; mais j'entends seulement que nous avons en nous-mêmes la faculté de la produire.