X. D'autant que les difficultés qui restent à examiner me
AUX SlXlfijUPi; ÇIMECTIOJSS. 41 1
sont plutôt proposées comme 4es 4wN <me oomn^ des ol^e<H (ions, je ne prësufp^ pfts Ui^t 4p W^ <{M^ J'o^Q i»e pronoettre d'expliquer assez sumsaipn)ei)^ 4es choses q^ j^ yo|s jitre encore aujourd'hui le sujet dps dQut^s 4^ (f^Rt de s^Yauts hommes* Néanmoins, pour f^ir^ pn cela lvi^\ pe que J0 puis, e| ne pus Bdanauer à ma propre pftuse, Je (lirai ing^pu^ent 4e (jueUe façon il est arrivé que j^ me sois ^oi-p[i^{ne eiUièrefnei^t 4éliv|^ de ces doutes. Car, eu se f^isai^t, pi p$tr hasard il 2^rrive qne ç^ puisse servir à ouçlque^-ups* j'^ur^^ sujet de ip'en féjpifir; et s'il ue peut seryir ^ p^sûuneT m. V¥^\Vfi f^HW-J^ \9^ s^UsfiMstioil qu'on ne me ppurra p^s ^u^r 4^ |^^qiQpiipri Q^ 4^ témâriUS. ipor^ue j'eus H preini^ Ms <^<^IDi apsfnite 4e raisans qui sout contenues ds^qs mes llé4itatiopSi que l'esprit humain est réellement distingué 4h corps, et qu'Û est mÂme plus aisé à connaître que Ipi, et plusieurs autres étioles dpqt U est ta tmté, je pie sentais à ta vérité phligé d'y acquiescer, ppur ee que je ne remarquais rien eu elles qui ne fi^t hiep suivi, et qui ne fût tiré de principes très-évidents suivit les règles 4e la logique; toutefois, je confesse que je ne fus pas pour ee)a pleinement persuadé, et qu'il m'arriva presque 1^ même chose qu'aux astronomes, qui, après avoir été convaincus par 4e puissantes raisons c|ue le soleil est plusieurs (bis plus grand que toute la terre, ne sauraient pourtant s'empêcher de juger qu'il est plus petit lorsqu'ils viennent à Je r^arde^. Mc^js, après que j'eus passé plus avant , et qu'appuyé sur )es m^es principes j'eus porté ma considération sur les choses physiques ou naturelles, exami? nant premièrement les nptions ou Jles idées que je trouvais en moi de chaque chose, ppis les distinguant soigneusement les unes des autres, pour faire que mes jugemeiits eussent un en* tier rapport avec elles, je reconnus qu'il n'y avait rien qui ap-r partint à la nature ou à l'essence du corps, sinon qu'il est une substance étendue en longueur, largeur et profondeur, capable de plusiems ôgures et 4^ divers mouYements, et que ces figures et ces mouvements n'étatent autre chose que des modes, qui ne peuvent jamais être sans lui ; ma)s que les couleurs, les odeurs, les saveurs^ et autres choses semblables, n'étaient rien que des sentiments qui n'ont aucune exislence ho|[s de ma pen* sée, et qui ne fkqpt pas o^oins différents 4e4 corps que Ifi douleur diffère de IfL figure ou du mouvement de la flèche qui la cause ; et enfin que la pesa^pteur, la dureté, la vertu d'échauffer,
d'attirer, de purger, et toutes les autres qualités que dous remarquons daiis les corps, consistent seulement dans le mouvement ou dans sa privation, et dans la configuration et arrangement des parties ; toutes lesquelles opinions étant fort différentes de celles que j'avais eues auparavant touchant les mêmes choses, je commençai, après cela, à considérer pourquoi f en avais eu d'autres par ci-devant, et je trouvai que la principale raison était que dès ma jeunesse , j'avais fait plusieurs jugements touchant les choses naturelles, comme celles qui devaient beaucoup contribuer à la conservation de ma vie, en laquelle je ne faisais que d'entrer, et que j'avais toujours retenu les mêmes opinions que j'en avais eues autrefois. Et d'autant que mon esprit ne se servait pas bien en ce bas Age des organes du corps, et qu'y étant trop attaché il ne pensait rien sans eux, aussi n'apercevait-il que confusément toutes choses. Et bien qu'il eût connaissance de sa propre nature, et qu'il n'eût pas moins en soi l'idée de la pensée que celle de l'étendue, néanmoins, pour ce qu'il ne concevait rien de purement intellectuel, qu'il n'imaginât aussi en même temps quelque chose de corporel, il prenait l'un et l'autre pour une même chose, et rapportait au corps toutes les notions qu'il avait des choses intellectuelles. Et d'autant que je ne m'étais jamais depuis délivré de ces préjugés, il n'y avait rien que je connusse assez distinctement, et que je ne supposasse être corporel, quoique néanmoins je formasse souvent de telles idées de ces choses mêmes que je supposais être corporelles, et que j'en eusse de telles notions qu'elles repnv sentaient plutôt des esprits que des corps. Par exemple, lorsque je concevais la pesanteur comme une qualité réelle, inhi^ rente et attachée aux corps massifs et grossiers, encore que je la nomasse une qualité en tant que ie la rapportais aux corps dans lesquels elle résidait ; néanmoins, parce que j'ajoutais ce mot de réelle, je pensais en effet que c'était une substance, de même qu'un habit considéré en soi est une substance, quoique étant rapporté à un homme habillé il puisse être dit une qualité ; et ainsi, bien que l'esprit soit une substance, il peut néanmoins être dit une qualité, eu égard au corps auquel il est uni. Et bien que je conçusse que la pesanteur est répandue par tout le corps qui est pesant, je ne lui attribuais pas néanmoins la même sorte d'étendue qui constitue la nature du corps, car cette étendue est telle qu'elle exclut toute pénétrabilité des par-
ties; et je pensais qu'il y avait autant de pesanteur dans une masse d'or, ou de quelque autre métal delà longueur d'un pied, qu'il y en avait dans une pièce de bois longue de dix pieds ; voire même j'estimais que toute cette pesanteur pouvait être contenue sous un point mathématique. Et même , lorsque cette pesanteur était ainsi également étendue par tout le corps, je voyais qu'elle pouvait exercer toute sa force en chacune de ses parties, parce que, de quelque façon que ce corps fût suspendu à une corde, il la tirait de toute sa pesanteur, comme si toute cette pesanteur eût été renfeimée dans la partie qui touchait la corde. Et, certes, je ne conçois point encore aujourd'hui que l'esprit soit autrement étendu dans le corps, lorsque je le conçois être tout entier dans le tout et tout entier dans chaque partie. Mais ce qui fait mieux paraître que cette idée de la pesanteur avait été tirée en partie de celle que j'avais de mon esprit, est que je pensais que la pesanteur portait les corps vers le centre de la terre, comme si elle eût en soi quelque connaissance de ce centre : car certainement il n'est pas possible, ce semble, que cela se fasse sans connaissance, et partout où il y a connaissance il faut qu'il y ait de l'esprit. Toutefois, j'attribuais encore d'autres choses à cette pesanteur, qui ne peuvent pas en même façon être entendues de l'esprit :par exemple, qu'elle était divisible, mesurable, etc. Mais, après que j'eus considéré toutes ces choses, et que j'eus soigneusement distingué l'idée de l'espiit humain des idées du corps et du mouvement corporel, et que je me fus aperçu que toutes les autres idées que j'avais eues auparavant, soit des qualités réelles, soit des formes substantielles, en avaient été par moi composées, ou forgées, par mon esprit , je n'eus pas beaucoup de peine à me défaiic de tous les doutes qui sont ici proposés.
Car, premièrement, je ne doutai plus que je n^eusse une claû*e idée de mon propre esprit, duquel je ne pouvais pas nier que je n'eusse connaissance, puisqu'il m'était si présent et si conjoint. Je ne mis plus aussi en doute que cette idée ne fût entièrement différente de celles de toutes les autres choses, et qu'elle n'eût rien en soi de ce qui appartient au corps : pour ce que, ayant recherché trè»4oigneusement les vraies idées des autres choses, et pensant même les connaître toutes en général, je ne trouvais rien en elles qui ne fût en tout différent de l'idôe de mon esprit. Et je voyais qu'il y avait une bien plus grande
diffërence entrç ces choses c[ui, bien qu'elles fassent tout à la fois en ma pensée, me paraissaient néanmoins distinctes et différentes, comme sont l'esprit et le corps, qu'entre celles dont nous pouvons à la vérité avoir des pensées séparées, nous arrêtant à Tune sans penser à l'autre, mais qui ne sont jamais ensemble en notre esprit que nous ne voyions, bien qu'elles ne peuvent pas subsister séparément : comme, par exemple, l'immensité de Dieu peut bien être conçue sans que nous pensions à sa justice ; mais on ne peut pas les avoir toutes deux présentes à son esprit, et croire que Dieu puisse être immense sans être juste. Et l'on peut aussi fort bien connaître l'existence de Dieu sans que l'on sache rien des personnes de la très-sainte Trinité, qu'aucun esprit ne saurait bien entendre s'il n'est éclairé des lumières de la foi ; mais, lorsquelles sont une fois bien entendues, je nie qu'on puisse concevoir entre elles aucune distinction réelle à raison de l'essence divine, quoique cela se puisse à raison des relations. Et, enfin, je n'appréhendai plus de m'étre peut-être laissé surprendre et prévenir par mon analyse lorsque, voyant qu'il y a des corps qui ne pensent point, ou plutôt concevant très-clairement que certains corps peuvent être sans la pensée, j'ai mieux aimé dire que la pensée n'appartient point à la nature du corps que die conclure qu'elle en est un mode pour ce que j'en voyais d'autres, à savoir, ceux des hommes qui pensent ; car, à vrai dire, je n'ai jamais vu ni compris que les corps humains eussent des pensées, mais bien que ce sont les mômes hommes qui pensent et qui ont des corps. Et j'ai reconnu que cela se fait par la composition et l'assemblage de la substance qui pense avec la corporelle, pour ce que, considérant séparément la nature de la substance qui pense, je n'ai- rien remarqué en elle qui pût appartenir au corps, et que je n'ai licn trouvé dans la nature du corps, considérée toute seule, qui pût appartenir à la pensée. Mais, au contraire, examinant tous les modes tant du corps que de l'esprit, je n'en ai rcmai-qué pas un dont le concept ne dépendît entièrement du concept môme de la chose dont il est le mode. Aussi, de ce que nous voyons souvent deux choses jointes ensemble, on ne peut pas pour cela inférer qu'elles ne sont qu'une même chose; mais de ce que nous voyons quelquefois l'une de ces choses sans l'autre, on peut fort bien conclui-e qu'elles sont diverses. Et il ne faut pas que la puissance de Dieu nous empcche de tirer cette conséquence ; car il n'y a pas moins
derépugnancç ^penser ^edescbo^es que ^01laçûnce▼aD8 claires ment et distinctement copao^Q dçux choses divers soient Deiites une même chose en ^seACf^ et $a(\s ai^cu^e çoo^i^ition, ^U§ de penser qu'on puisse sépfir^ ce <^ui x^'est fl^ol^)«owi (M^iiucl. Et part£^nt, si Diei^ a mis en çertaws corps la (iâc^lté de pepser^ comme en effet p Ta mise dan^ ceux des l^ommeSi il peut quand il voudra Fen séparer, çt ^asi^ elle ne laisse pasi d'être réellement distincte <jle ces corps. EU, j^ i^e m'étooi^ piis d'aToir autrefois fort bien cû0\piis, av^t fnèiue qu^ j^ i^e Tusse délivré des préj^gés de mes sens, que n ^^ et trois Joints eosemble font tt le noo^e de cinq, » et qiie, « lorsque d« choses égales on « ôte choses égales, les r^tes sontégau](; )> ai plusieurs choses semblables, bien que jje ne songeasse pas alors que Tàme de Thomme fût distincte de son corps ; car je vois très-bien que ce qui a fait que je u'ai point en mon enlànce donné d« foux jugement touchant ces propositions, qui sont reçues généralement de tout le monde, a été parce qu'elles ne m'étaient pas encore pour lors en usage» et que les enfants n'apprennent point à assembler dem^ avec trois qu'ils ne soient capables de juger s'ils font le nombre de cinq, etc. Tout ^u contraire, dès ma plus tendre jeunesse j'ai conçu l'esprit et le corps dont je voyais confusément que j'étais composé comme une seule et mâme chose; et c'est le vice presque ordinaire de toutes les connaissances imparfaites d'asseiilbler en un phi^urs choses, et le^ prendi^e toutes pour une même ; c'est pourquoi U iàut par après avoir la, peine de lea séparer, et pA^ un eiamen pÂttS «Lad les distinguer les unes d^ autres.
Ha,\& je m'étonne grandement que ^es personoes très-doietcs et accoutumées depuis trente années aux spéculations métaphysiques, après avoir lu mes Méditations plus de sept fob, se persuadent que « si je le^ relisais avec le môme esprit que je « les examinerais si eU^ lu'avaient été proposée^ par une per- « sonneenneipie, jene ferais pas tant de cas et n'aurais pas une « opinion si avantageuse dos raisons qu'elles contiennent que « de croire que chacun se devrait rendi-c à la force et au poids « de leurs vérités et liaisons, » vu cependant qu'ils ne font voir cux-mômes aucune faute dans tous mes raisonnements. Et certes ils m'attribuent beaucoup plus qu'ils ne doivent, et qu'on ne doit pas môme penser d'aucun homnae, sMls croient que je mo serve d'une telle analyse que je puisso par son moyen rcn-
Terser les démonstrations Téritables, ou donner une tcUe couleur aux fausses que personne n*en puisse jamais découTrir la fausseté ; tu qu*au contraire je professe hautement que je n^eu ai jamais recherché d'autre que celle au moyen de laquelle oo pût s'assurer de la certitude des raisons véritables, et décourrir le vice des fausses et captieuses. (Test pourquoi je ne suis pas tant étonné de voir des personnes très-doctes n'acquiescer pas encore à mes conclusions, que je suis joyeux de voir qu'après une si sérieuse et fréquente lecture de mes raisons, ils ne me blâment point d'avoir rien avancé mal à propos, ou d^avoir tiré aucune conclusion autrement que dans les formes. Car la difficulté qu'ils ont à recevoir mes conclusions peut aisément être attribuée à la coutume invétérée qu'ils ont de juger autrement de ce qu^elles contiennent, comme il a déjà été remarqué des astronomes, qui ne peuvent s'imaginer que le soleil soit plus grand que la terre, bien qu'ils aient des raisons très-certaines qui le démontrent; mais je ne vois pas qu*il puisse y avoir d'autre raison pourquoi ni ces messieurs, ni personne que je sache, n'ont pu jusqu'ici rien reprendre dans mes raisonnements, sinon parce qu'ils sont entièrement vrais et indubitables; vu principalement que les principes sur quoi ils sont appuyés ne sont point obscurs ni inconnus, ayant tous été tirés des plus certaines et des plus évidentes notions qui se présentent à un esprit qu'un doute général de toutes choses a déjà délivré de toutes sortes de pi^éjiigés ; car il suit de là nécessairement qu'il ne peut y avoir d'erreurs que tout homme d'esprit un peu médiocre n'eût pu facilement remarquer. Et ainsi je pense que je n'aurai pas mauvaise raison de conclure que Jes choses que j'ai écrites ne sont pas tant affaiblies par l'autorité de ces savants hommes qui, après les avoir lues attentivement plusieurs fois, ne se peuvent pas encore laisser persuader par elles, qu'elles sont fortifiées par leur autorité même, de ce qu'après un examen si exact et des revues si générales , ils n ont pourtant remarqué aucunes erreurs ou paralogismes dans mes démonstrations.
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