LES PASSIONS DE L*AHE
en sorte qœ, bien que Tagent et le patient soient souvent fort difiérents» Faction et la passion ne laissent pas d*être toujoars une même cbose qui a ces deux noms^ Il raison des deux divers siiyets auiq«i€l8 on la peut rapporter.
Art. t. Qm poar eonoaltre lei passioi» de rime il (kiitdistiiiguer ses fonetiQiisd'svee celles du corps.
Puis aussi je considère que nous ne remarquons point qu^fl y ait aucun siget qui agisse plus immédiatement contre notre ftme que le corps auquel elle est jointe, et que par conséquent nous devons penser que ce qui est en elle une passion est communément en lui une action ; en sorte qu'il n'y a point de meilleur chemin pour venir à la connaissance de nos passions que d'examiner la diflérence qui est entre Tâme et le corpSjjifin de connaître auquel des deux on doit attribuer cEacune des fonctions qui sont en nous. "" '
Art. 9. OnéUe règle on doit saisie pour cet effet
A quoi on ne trouvera pas grande difficulté si on prend garde que tout ce que nous expérimentons être en nous, et que nous voyons aussi pouvoir être en des corps tout à fait inanimés, ne doit être attribué qu'à notre corps ; et, au contraire, que tout ce qui est en ùous, et que nous ne concevons en aucune façon pouvoir appartenir à un corps, doit être attribué à notre âme.
Ait. 4. Que la chelearet le mouTemeot des membres procèdent dn oorpe; les pensées, de rame.
Ainsi, à cause que nous ne concevons point que le corps pense en aucune façon, nous avons raison de croire que toutes sortes de pensées qui sont en nous appartiennent à l'âme ; et à cause que nous ne doutons point qu'il n'y ait des corps inanimés qui se peuvent mouvoir en autant ou plus de diverses façons que les nôtres, et qui ont autant ou plus de chaleur (ce que l'expérience fait voir en la flamme, qui seule a beaucoup plus de char leur et de mouvement qu'aucun de nos membres), nous devons croire que toute la chaleur et tous les mouvements qui sont en nous, en tant qu'ils ne dépendent point de la pensée, n'appartiennent qu'au corps.