‹ Œuvres de Descartes (volume 5)Chapitre 25 sur 63 · INSTANCE A LA RÉPONSE SUE LA PEEMIEEE DIFFICULTÉ · texte numérisé non relu

INSTANCE A LA RÉPONSE SUE LA PEEMIEEE DIFFICULTÉ

i. « Vous ne la définissez que par le rapport » qu'elle a avec nos sens , etc. »

On pourroit répliquer, comme la racine et l'essence des choses sont cachées et ensevelies dans des ténèbres éternelles , il faut de nécessité définir chaque chose par le rapport qu'elle peut avoir à d'autres. Ce rapport se peut appeler propriété dans lés substances, puisqu'il n'est pas lui-même substance, quoique je reconnoisse d'ailleurs qu'il y a des propriétés que l'on conçoit les unes avant les autres; j'ai voulu dire seulement qu'il valoit mieux définir une chose par une propriété qui la comprît entièrement , que par ce qu'on appelle la forme , qui est plus étendue que le défini. De plus, quand vous définissez îe corps une chose étendue, je remarque que cette même étendue consiste dans un rapport des parties les unes aux autres , en tant que les unes ont été produites des

autres; rapport qui ne convient pas absolument à la chose*

2. «Quand il n'y auroit point d'hommes. » Quand tous les hommes fermeroient les yeux,

le soleil n'en perdroit pas pour cela la faculté d'être vu aussitôt qu'il plairoit aux hommes de les ouvrir ; comme une cognée ne perdroit pas la faculté de couper du bois, ou autre chose semblable, lorsqu'on l'y appliqueroit.

3. « Si elle est divisée en parties beaucoup plus * petites que celles de nos nerfs. »

Je crois cependant que Dieu est un assez excel* lent ouvrier pour proportionner des nerfs à ces petites parties de matière , et que dans une telle proportion la matière deviendroit sensible: or ces petites parties peuvent cesser de se mouvoir et se réunir, et de cette manière devenir derechef sensibles à nos nerfs ; ce qui ne sauroit convenir en aucune façon à la substance incorporelle.

4- « Bien que les sens n'y aperçoivent ni mol- » lesse , etc. *

Il est certain, ou que le corps sera dur ou mou, etc., à nos nerfs, tels qu'ils sont aujourd'hui, ou du moins à ceux que Dieu pourrait lui proportionner, comme nous avons dit ci-dessus; ce qui

suffit, quand même Dieu n'en feroit jamais de pa*

reils ; comme les parties qui sont au centre de la * terre sont visibles par elles-mêmes, quoiqu'elles ne doivent jamais paraître à la lumière de soleil, et que jamais personne n'y descende avec un flambeau.

5. « Est seulement comme la faculté de rire dans » l'homme , le proprium quarto modo de logique. • .

Si la raison convenoit aussi aux autres animaux, ' il serait mieux de définir l'homme un animal risible qu'un animal raisonnable; mais personne n'a encore démontré que la faculté d'être touché, ou l'impénétrabilité, soient des propriétés qui conviennent à la substance étendue , quoique tous les philosophes avouent avèc raison quelles sont les propriétés du corps. Je puis bien à la vérité concevoir une substance étëndue, qui ne soit en aucune façon tactile ou impénétrable ; donc la faculté d'être touché , ou l'impénétrabilité , ne suivent pas immédiatement la substance étendue en tant qu elle est étendue.

6. « Mais je nie qu'en Dieu il y ait une véritable i étendue, etc. »

Par véritable étendue , vous entendez celle qui est accompagnée de la faculté d'être touché et de l'impénétrabilité. Je conviens avec vous qu'elle ne se trouve pas en Dieu , dans un ange , et dans l'âme , qui sont dépouillés de matière; mais je soutiens qu'il se trouve dans les anges et dans les âmes une

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étendue aussi véritable , quoique moins connue du vulgaire de l'école; que cette étendue a ses termes comme sa figure sujette à varier suivant la volonté de Fange ou de l'âme , et que nos âmes et les anges peuvent se resserre^ ou s'étendre en conservant toujours néanmoins leur même substance.

7. « Que toute idée de pure intellection vient » des images sensibles , etc. »

Je me sens quelque penchant pour cet axiome d'Aristote, il n'y a rien dans l'intellect qui n'ait passé par les sens; mais là-dessus que chacun consulte les forces de son esprit.

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