‹ Œuvres de Descartes (volume 5)Chapitre 26 sur 63 · PREMIÈRE INSTANCE SUE LA REPONSE A LA SECONDE DIFFICULTÉ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE INSTANCE SUE LA REPONSE A LA SECONDE DIFFICULTÉ

1. «En sorte que l'imagination peut en trans- » férer l'une à la place de l'autre. »

C'est ce que mon imagination ne peut faire ni concevoir dans un tel transport, que les parties de l'espace vide n'absorbent les autres, qu'elles ne tombent les unes dans les autres, et qu'elles ne se pénètrent mutuellement.

2. « En quoi je n'ai pas fait difficulté de m'é- • loigner du sentiment de ces grands hommes, » Épicure , Démocrite , etc. »

. Je ne doute point que vous.n'ayez toutes les raisons du monde. d£ ;le faire ; car je vous regarde bien au-dessus, non seulement de tous ces philoso-

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phes, mais encore de tous ceux qui ont expliqué les secrets de la nature.

3. « On ne sauroit nier que tout espace ne ^oit » rempli de quelque substance. »

Je l'ai accordé pour le bien de la paix , mais je n'en ai pas une idée bien claire ; car si Dieu anéanti ss oit l'univers, et qu'il en créât un autre de rien long-temps après , cet inter-monde ou cette privation du monde auroit sa durée, dont la mesure seroit un certain nombre de jours, d'années, ou de siècles. Il y a donc la durée d'une chose qui n'existe point, laquelle durée* est une espèce d'extension; et par conséquent l'étendue du néant , c'est-à-dire du vide, peut être mesurée, par aunes ou par lieues, comme la durée de ce qui n'existe point peut être mesurée dans son inexistence par heures, par jours et par mois. Mais je vous passe , sans y être néanmoins forcé, qu'en tout espace il y a quelque substance; je ne la ferai pas néanmoins corporelle, puisque l'extension, ou la présence divine peut être le sujet de ce qui peut être mesuré : je dirai, par exemple, que la présence ou l'extension divine occupe une ou deux lieues dans un tel ou tel vide , sans qu'il s'ensuive que Dieu soit corporel , comme nous avons, dit ci-dessus dans l'instance cinquième. Mais tiom traiterons ailleurs cette question.

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4- « Je dis qu'il implique contradiction qu'une » telle étendue , etc. » *

Je demanderais ici volontiers s'il est nécessaire, ou qu'il y ait une étendue tçlle que vous la concevez dans , le corps , ou qu'il n'y en ait aucune. En second lieu , puisque vous convenez qu'il y a d'autres choses que le corps qui sont étendues à leur manière, cette étendue d'analogie ou de rapport, comme vous l'appelez, ne peut-elle pas tenir la place de l'étendue corporelle , san^ ,qjie cela implique contradiction , surtout ççtte, extension d'analogie ayant, tant cje rapport à la( véritable étendue, qu'elle est capable d'être jpqepurée, et qu'elle remplit un certain nombre de pieds Q14 d'aunes? . . ■ nu <',hn:,

5. « Que tout mouvement est en quelque, façon » circulaire. » ,

J'avoue que c'est une conséquence nécessaire de nécessité physique , en supposant seulement cjue tout est rempli de corps , et qu'aucune étendue n'excède l'étendue entière du monde, et je n'en doute point ; mais je vous avoue que. je n'ai pu encore comprendre comme il faut cette contradiction insurmontable dont vous parlez.

A LA RÉPOlfSE SUR LA TROISIÈME DIFFICULTÉ.

• Que Ton conçoit étendues et en même temps » indivisibles. »

Après l'explication que vous venez de donaçr, il n'y a plus de différents entre nous.

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