‹ Œuvres de Descartes (volume 5)Chapitre 34 sur 63 · AUX SECONDES INSTANCES · texte numérisé non relu

AUX SECONDES INSTANCES

Que des parties de l'espace vide en absorbent d'autres , etc. Je le répète , si elles sont absorbées ; donc le milieu de l'espace est ôté et cesse d'être. Or ce l}ui cesse d'être ne pénètre point une autre « chose, donc il faut admettre l'impénétrabilité en tout espace.

Cet intermonde ou cette absence du monde auroit 1 sa durée, etc. Je crois qu'il implique contradiction de concevoir une durée entre la destruction du premier monde et la création du nouveau ; car si nous rapportons cette durée ou quelque chose de semblable à la succession des pensées divines , ce sera une erreur de l'intellect, non une véritable perception de quelque chose. J'ai déjà répondu à la suite , en observant que l'étendue qu'on attribue aux choses incorporelles convient seulement à la puissance et non à la substance, laquelle puissance étant seulement un mode dans la chose à

LETTRES. liSp

laquelle elle est appliquée, en ôtant cette chose étendue à laquelle elle correspondent , qn ne sauroit comprendre qu'elle soit étendue.

AUX PÉNULTIÈMES INSTANCES.

' Que Dieu est positivement et réellement infini 9 c'est-à-dire existant partout, etc. Je n'admets pas ce partout, car il paroît ici que vous ne faites consister l'infinité en Dieu qu'en ce qu'il existe partout , ce que je ne vous passe point ; croyant au contraire que Dieu est partout à raison de sa puissance , et qu'à raison de son essence il n'a absolument aucune relation au lieu . or comme on ne distingue point en Dieu le pouvoir et l'essence, je crois qu'il est mieux de raisonner en pareille matière sur notre âme ou les anges, comme choses plus proportionnées à notre manière de penser. Les difficultés suivantes me paroissent naître du préjugé, qui nous a fait croire que toutes substances, celles-là mêmes que nous reconnoissoiïs incorporelles, sont véritablement étendues, et de la mauvaise manière de philosopher sur les êtres de raison, en attribuant les propriétés de l'être ou de la chose au non-être ; mais n'oublions jamais que le non-être , ou ce qui n'existe pas , n'a aucun véritable attribut, et qu'on ne sauroit concevoir en lui en aucune façon la partie, le tout, le sujet , Cady7wif,etc., et c'est bien conclure, lorsque vous dites

2(\0 LETTBES.

que l'esprit se joue avecses propres ombres, lorsqu'il considère les êtres de raison.

Un nombre certain et fini de stades suffira , etc. . Mais il répugne à mes idées d'assigner des bornes au monde , et ma perception est la seule règle de ce que je dois affirmer ou nier. C'est pour cela que je dis que le monde est indéterminé ou indéfini, parceque je n'y connois aucunes bornes , mais je n'oserois dire qu'il est infini , parceque je conçois que Dieu est plus grand que le monde, non à raison de son étendue que je ne conçois point en Dieu , comme j'ai dit plusieurs fois, mais à raison de sa perfection.

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