DEUXIÈME PARTIE. ' l/jg
Fâme n’est immédiatement avertie des choses qui nuisent au corps que par le sentiment qu’elle a de la douleur, lequel produit en elle premièrement la passion de la tristesse, puis ensuite la haine de ce qui cause cette douleur, et en troisième lieu le désir de s’en délivrer ; comme aussi l’àme n’est immédiatement avertie des choses utiles au
corps que# par quelque sorte de chatouillement, qui excite en elle de la joie,' fait ensuite naître l’aftiour de ce qu’on croit en être la cause , et enfin le désir d’acquérir ce qui peut faire qu’on continue en cette joie , ou bien qu’on jouisse encore après d’une semblable. Ce qui fait voir qu’elles sont toutes cinq très utiles au regard du corps, et même que la tristesse est en quelque façon première et plus . nécessaire que la joie, et la haine que l’amour, à cause qu’il importe davantage de repousser les choses qui nuisent et peuvent détruire , que d’acquérir celles qui ajoutent quelque perfection sans laquelle on peut subsister. ,