‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 142 sur 293 · DEUXIÈME PARTIE. 1 5q · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 1 5q

nous en devions estimer le succès entièrement fatal et immuable, afin que notre désir ne s’y occupe point , nous ne devons pas laisser de considérer les raisons qui le font plus ou moins espérer, afin qu’elles servent à régler nos actions: car, par exemple , si nous avons affaire en quelque lieu où nous puissions aller par deux divers chemins, l’un desquels ait coutume d’ètre beaucoup plus sur que l’autre , bien que peut-être le décret de la Providence soit tel , que si nous allons par le chemin qu’on estime le plus sûr nous ne manquerons pas d’y être volés, et qu’au contraire nous pourrons passer par l’autre sans aucun danger , nous ne devons pas pour cela être indifférents à choisir l’un ou l’autre, ni nous reposer sur la fatalité imrtmable de ce décret ; mais la raison veut que nous choisissions le chemin qui a coutume d’ètre le plus sûr, et notre désir doit être accompli touchant cela lorsque nous l’avons suivi , quelque mal qui nous en soit arrivé , -à cause que ce mal ayant été à notre égard inévitable, nous n’avons eu aucun sujet de souhaiter d’en être exempts , mais seulement de faire tout le mieux que notre entendement a pu connoître, ainsi que je suppose que nous avons fait. Et il est certain que lorsqu’on s’exerce à distinguer ainsi la fatalité de la fortune , on s’accoutume aisément à régler ses désirs en telle sorte que , d’autant que leur accomplissement ne dépend que de

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nous, ils peuvent toujours nous donner une entière satisfaction.

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